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Discours du 21 juillet 2026

Boris Vallaud · Première session extraordinaire 2026 · séance n°23

L’urgence agricole est là, dans la canicule qui s’abat sur les cultures et les élevages, dans l’effondrement des rendements, dans les pénuries d’eau. Chez moi, dans les Landes, des milliers d’hectares n’ont pas été remis en culture, jamais le revenu agricole n’a été si bas et les récoltes s’annoncent catastrophiques. Monsieur le premier ministre, vous passez à côté des urgences qui font que les agriculteurs nous parlent de revenus, de trésorerie, de charges, de fourrage. Pourquoi n’êtes-vous pas à Bruxelles pour réclamer des aides exceptionnelles ? Pourquoi n’avez-vous pas déjà engagé un plan fourrage ? Pourquoi n’avez-vous pas encore abondé le fonds d’allègement des charges alors que, partout en France, beaucoup de paysans se demandent s’ils passeront l’hiver. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur quelques bancs du groupe EcoS.)Vous passez à côté des urgences car la crise agricole est d’abord, et doublement, une crise environnementale, du fait du réchauffement climatique et de la perte de biodiversité. (Mêmes mouvements.) Voilà pourquoi, s’agissant de l’eau, notre position est claire : nous sommes favorables à son stockage dans une logique de partage de la ressource et de démocratie locale, pas d’accaparement et de mise sous tutelle. (Mêmes mouvements.) Respectez la démocratie locale de l’eau, qui fonctionne dans les Landes – c’est un exemple que vous devriez regarder.Voilà aussi pourquoi nous sommes clairement attachés à l’autorité de la science libérée de toute pression politique et nous n’avons jamais souhaité la réintroduction de molécules (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC. – Mme Dominique Voynet applaudit également) – tout le reste est mensonge. Nous avons cherché à écrire une loi de compromis utile aux agriculteurs, mais tous les équilibres ont été rompus, tous les compromis ont été trahis.Hier soir, vous avez commis une triple faute, en ne respectant pas votre parole publique…

…et en refusant d’écarter la question des pesticides ; en interdisant le débat parlementaire sur ce sujet, contrairement à vos propos du matin, et en semant le doute jusque dans vos propres rangs ; en mettant dos à dos l’agriculture et l’environnement, les agriculteurs et le reste de la société, et en prenant ainsi le risque d’ouvrir une guerre de l’eau et une guerre de la santé. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.) Comment entendez-vous éviter la faillite de l’agriculture française et sa coupure d’avec une société qui ne demande rien d’autre que d’être derrière elle ? (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et EcoS. – M. Stéphane Peu applaudit également.)

Sauf qu’on ne les a pas votés !

L’amendement n’a jamais été débattu !

C’est faux !

Oui : le dernier mot revient à l’Assemblée !

C’était votre proposition !

Ce n’est pas une réponse !

Vous avez raison !

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).