Discours du 16 février 2026
Bruno Bilde · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°150
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Le texte part d’un constat largement partagé sur les bancs de l’Assemblée : la politique du sport en France souffre d’un manque de cohérence, de lisibilité et de continuité. Non, le sport ne peut plus être considéré comme périphérique. Oui, la santé publique, l’éducation, la jeunesse, l’aménagement du territoire, la cohésion nationale et le rayonnement international du pays en bénéficient. Or reconnaître un problème ne suffit pas ; encore faut-il assumer des choix politiques clairs, hiérarchiser les priorités et défendre une vision.Le diagnostic que pose cette proposition de résolution est, pour l’essentiel, juste. L’éclatement des dispositifs, l’instabilité des financements, la dépendance à des taxes affectées peu lisibles, les inégalités territoriales d’accès à la pratique sportive sont des réalités que nul ne peut sérieusement contester. Nous partageons également l’idée qu’il faut redonner de la visibilité budgétaire, sortir de l’opacité des financements et rendre à l’État un rôle stratégique. Ces constats rejoignent très largement les orientations défendues par le Rassemblement national.Cela étant, cette proposition de résolution demeure insuffisante sur le plan politique. Elle dresse un inventaire de principes, mais évite soigneusement les arbitrages ; elle organise la coordination, mais renonce à décider. Or le sport n’a pas besoin d’un consensus mou, il a besoin d’un cap.La question budgétaire illustre parfaitement cette ambiguïté. Alors que le sport est présenté comme une priorité nationale, les choix financiers récents racontent une tout autre histoire. Depuis la fin des JO 2024, les crédits consacrés au sport reculent année après année. Lors des Jeux, le président de la République évoquait l’ambition d’une nation sportive ; mais celle-ci ne se proclame pas le temps d’un événement mondial. Elle se construit dans la durée ; elle suppose de transformer l’élan olympique en héritage réel, d’investir durablement dans les clubs, les territoires, les équipements de proximité et la jeunesse. C’est cette ambition que nous voulons rendre concrète et permanente, et pas seulement circonstancielle.Nous nous posons aussi des questions sur le mode de gouvernance que propose le texte. La création d’un comité interministériel du sport peut séduire sur le papier, mais présente un risque bien connu : une technocratie diffuse, sans responsabilité politique clairement identifiable. Le sport n’a pas besoin d’une instance supplémentaire, il a besoin d’un État stratège, d’un ministre pleinement responsable et de services capables d’agir au plus près du terrain et des acteurs locaux.Cette absence de cap se retrouve dans le refus de hiérarchiser les priorités. Tout est mis sur le même plan, comme si les moyens étaient illimités et les choix indolores. Or, dans un contexte budgétaire contraint, l’État ne peut pas tout faire à la fois. Il doit choisir.Pour les députés du Rassemblement national, les priorités sont claires. D’abord, le sport pour tous, surtout la jeunesse. Ensuite, le sport scolaire et le sport associatif, qui constituent le socle de la pratique. Puis, l’égalité territoriale, afin que l’accès au sport ne dépende plus du lieu de naissance ou de résidence. Enfin, le sport de haut niveau, non comme une vitrine ou une activité déconnectée, mais comme le prolongement naturel d’un socle populaire solide.
Nous exprimons également de fortes réserves sur la promotion des partenariats public-privé pour financer les équipements sportifs. Le sport ne doit pas devenir un produit financier. Les collectivités ne doivent pas se retrouver enfermées dans des montages contractuels lourds, coûteux et rigides. Nous défendons une maîtrise publique des équipements, un investissement direct de l’État et des collectivités ainsi que des partenariats strictement encadrés, exceptionnels et jamais structurants.Enfin, permettez-moi d’aborder les valeurs, un point essentiel que ce texte élude largement. Le sport n’est pas neutre. Il transmet des règles et encourage la discipline, le respect, le mérite ainsi que l’esprit d’équipe. Il est un outil puissant de transmission républicaine, particulièrement pour notre jeunesse. Or les travaux récents d’une mission parlementaire ont mis en lumière la progression de comportements communautaristes et islamistes dans certains clubs et disciplines, favorisée par l’absence de règles simples, claires et uniformes. La neutralité et la laïcité ne sont pas des options, mais les conditions mêmes de l’égalité et de la cohésion dans le sport.En conclusion, nous considérons que cette proposition de résolution n’est pas à la hauteur. Le sport mérite mieux qu’une déclaration d’intention. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).