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Discours du 25 juin 2025

Bruno Fuchs · Session ordinaire 2024-2025 · séance n°256

Permettez-moi, en préambule, d’avoir une pensée pour le peuple iranien, de lui adresser tout notre soutien, toute notre solidarité. Après avoir perçu une lueur d’espoir, la population iranienne est à nouveau livrée à elle-même, première victime, depuis quarante-cinq ans, de la dictature des mollahs.Je voudrais aussi m’adresser à nos compatriotes Cécile Kohler et Jacques Paris, emprisonnés depuis trois ans dans les pires conditions, pour leur dire que nous sommes tous les jours avec eux. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC ainsi que sur quelques bancs du groupe Dem.) Je verrai d’ailleurs Mireille Kohler, la maman de Cécile, vendredi.Comme l’a très bien expliqué le premier ministre, le 7 Octobre a marqué le début d’une reconfiguration des équilibres au Proche et au Moyen-Orient. Après qu’il s’est attaché méthodiquement à dévitaliser le Hamas à Gaza, le Hezbollah au Liban, après la chute opportune de Bachar al-Assad en Syrie, il paraissait assez logique pour Israël que l’on puisse s’attaquer à la source même du mal, à l’Iran. Je le dis ici : nous ne devons avoir aucune complaisance pour le régime des mollahs. Le 12 juin dernier, le Conseil des gouverneurs de l’AIEA a adopté une résolution déclarant que l’Iran ne respectait pas ses engagements, ses obligations, en matière de non-prolifération nucléaire. Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, convention de Vienne sur les relations consulaires, Pacte international relatif aux droits civils et politiques ; multiples violations de résolutions de l’ONU, diplomatie des otages, détention de navires étrangers, attentats, tortures, exécutions illégales, les violations du droit international par l’Iran sont si nombreuses qu’on ne peut les énumérer dans le temps imparti. La question qui se pose à nous, qui s’est posée toute la soirée, est celle de savoir s’il faut répondre à ce non-respect iranien du droit par la force.Cette guerre éclair, jusqu’à l’intervention américaine, a été militairement bien préparée et bien exécutée ; en revanche, ses conséquences à moyen et long termes sur les équilibres régionaux ont bien sûr été insuffisamment pensées – elles ont été évoquées ce soir. Si la question du droit se pose toujours, l’opération militaire israélo-américaine s’impose à nous. Elle a existé, elle est là ; il faut désormais voir en avant, dans le futur, dans les prochaines heures et semaines, ce qu’il convient de faire. À présent, nous devons agir – c’est le rôle de la France, tel qu’expliqué par le premier ministre et d’autres intervenants – avec toute notre détermination, nos partenaires européens, en vue de la relance d’un processus diplomatique fécond, notamment autour de l’accord sur le nucléaire iranien, le plan d’action global commun ou JCPOA. Bien qu’imparfait, celui-ci demeure à ce jour l’un des rares instruments concrets de non-prolifération dans la région, et l’abandon de ce cadre a précipité l’instabilité actuelle.Fidèle à sa tradition diplomatique, à son attachement à l’équilibre des puissances, la France doit agir sans ambiguïté en médiatrice engagée, en puissance de dialogue, en défenseure du multilatéralisme. Ce n’est qu’à travers la coopération internationale, l’action concertée au sein des Nations unies, que nous pourrons espérer une sortie de crise. Notre époque est marquée par la brutalité des rapports de force : ce n’est pas la vision du monde que nous avons, pas le monde auquel nous croyons, pas le monde, surtout, que nous voulons pour nos enfants. Multilatéralisme, coopération, diplomatie, respect du droit international ne sont pas des options mais un devoir, notre boussole, la condition de notre sécurité collective. Monsieur le premier ministre, monsieur le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, nous comptons sur vous. (Mme Ayda Hadizadeh ainsi que MM. Emmanuel Mandon et Nicolas Turquois applaudissent.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).