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Discours du 13 novembre 2025

Bruno Fuchs · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°49

Trois minutes pour évoquer une enveloppe financière de 28,8 milliards, c’est effectivement très court, mais vingt interventions de trois minutes, cela fait un débat assez long. Le sujet mérite amplement ce débat, car il a une importance budgétaire, politique et citoyenne : les politiques européennes ont des conséquences sur la vie quotidienne de nos concitoyens.Notre pays, membre fondateur de l’Union européenne, en est le deuxième contributeur, après l’Allemagne et devant l’Italie. Le prélèvement sur recettes au profit de l’Union reflète la majeure partie de notre effort national pour le budget communautaire.Tendanciellement, cette contribution française est en progression depuis vingt ans et sa part s’accroît dans les recettes fiscales de l’État. Son montant net a été multiplié par deux en quarante ans, pour atteindre 8,3 % dans le PLF pour 2026. Nous devons y voir une ambition constante et pérenne de notre pays en faveur de la construction européenne et de la consolidation des acquis de l’Union.Ne nous y trompons pas : contrairement à ce que voudraient faire croire certains discours faciles, qui relèvent d’un populisme un peu simple, la France a beaucoup plus à gagner avec l’UE qu’elle n’a à dépenser pour son financement.

C’est un investissement particulièrement rentable, qui a de très nombreuses retombées, lesquelles ne sont malheureusement pas mesurables, pour une grande partie d’entre elles.

Je le répète donc : les politiques européennes ont des conséquences importantes sur la vie quotidienne de nos concitoyens.La hausse attendue de la contribution française s’explique par le remboursement du plan de relance européen, l’extinction des rabais consentis auparavant à certains États membres, qui augmente la part contributive de la France, ainsi que l’augmentation structurelle du budget européen et l’évolution du revenu national brut français.Certains collègues ont déposé des amendements visant à diminuer substantiellement ce prélèvement sur recettes au profit de l’UE. Leur démarche, sous couvert d’interrogations légitimes sur l’efficacité des sommes engagées pour la vie quotidienne des Français, se heurte à des réalités juridiques et diplomatiques – le rapporteur général du budget l’a rappelé.Être européen n’empêche pas d’être lucide sur les imperfections de l’Union européenne. Toutefois, de nombreux pays souhaitent rejoindre l’Europe – je pense à l’Ukraine ou au Kosovo, dont j’ai rencontré le premier ministre, il y a une quinzaine de jours : cela confirme bien l’attractivité de l’Europe.La commission des affaires étrangères a donné un avis favorable à l’adoption de l’article 45 du PLF, sans modification du montant inscrit pour le PSR-UE, le prélèvement sur recettes au profit de l’Union européenne. J’invite donc notre assemblée à voter en cohérence avec cette position. Il importe d’être vigilant et d’apporter la contribution nécessaire pour rendre cette Europe plus proche et plus puissante. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.)

Il faut arrêter de dire que l’Union européenne ne sert à rien et de vouloir diminuer ses recettes ! Même si l’action de l’UE doit être plus efficace, j’invite tous ceux qui, malgré la démonstration apportée depuis des heures, n’ont pas encore compris les bénéfices qu’elle apporte à notre pays à faire un petit tour au Royaume-Uni. (M. Alexandre Sabatou proteste.) Le bilan du Brexit, c’est 3 000 euros de PIB par habitant en moins, 210 livres en plus en deux ans sur la facture alimentaire des ménages, une hausse du coût de la vie une fois et demie plus élevée pour les 10 % les plus pauvres que pour les plus riches, 36 milliards de baisse des recettes fiscales, une rétractation de l’économie de 140 milliards de livres et 1,8 million d’emplois non créés. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

Si vous n’avez pas compris l’aspect positif de l’UE, allez au Royaume-Uni voir les effets du Brexit, de la souveraineté et de l’incapacité à maintenir des relations multilatérales avec le reste de l’Europe ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).