Discours du 3 février 2026
Bruno Fuchs · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°139
La surenchère autour du Groenland et du Danemark révèle un des défis existentiels de l’Europe. Dans un contexte international profondément instable, cette résolution européenne est au cœur des enjeux majeurs auxquels l’Europe se trouve confrontée, alors que notre continent doit affirmer sa présence et sa souveraineté face aux pressions extérieures et aux rivalités croissantes dans l’Arctique et l’Atlantique Nord.Cette proposition de résolution, adoptée de manière consensuelle par la commission des affaires étrangères le 4 juin 2025, est sur le devant de la scène en raison de l’actualité internationale. La commission que je préside suit ce dossier avec attention et, demain, nous tiendrons une table ronde avec des membres éminents du parlement danois. Si le Groenland peut paraître éloigné géographiquement, son avenir conditionne directement notre propre sécurité collective et notre destin d’Européens.Le texte que nous soumettons à l’approbation de notre assemblée affirme notre soutien au Danemark et au Groenland face aux pressions impérialistes. Elle donne aussi une nouvelle ambition à la coopération européenne en matière de défense collective en traduisant une prise de conscience essentielle et profonde : si les menaces contemporaines ne respectent pas les frontières traditionnelles, seule une Europe unie et résolue pourra assurer la sécurité de ses populations et la stabilité de notre voisinage immédiat.Dans un contexte géopolitique marqué par la résurgence des logiques de puissance et par des stratégies visant à diviser et à affaiblir l’unité européenne, cette résolution envoie un signal clair. À travers elle, nous affirmons de manière transpartisane notre volonté d’une Europe forte, capable d’agir de manière autonome et de se faire respecter. Mais cette résolution n’a pas qu’une importance symbolique : elle vient appuyer et légitimer les initiatives très fortes prises par l’exécutif français au cours des dernières semaines.Je me réjouis que, sur l’impulsion de la France, le dialogue stratégique bilatéral et multilatéral avec le Danemark, le Groenland et d’autres États européens se soit intensifié. Le 28 janvier, en recevant les premiers ministres danois et groenlandais, le président de la République a ainsi évoqué un véritable « réveil stratégique » de l’Europe, qui consiste à affirmer notre souveraineté et à contribuer à la sécurité de l’Arctique. Au plus fort des tensions agitées autour de la souveraineté danoise sur le Groenland, la France a agi avec détermination. Avec sept autres pays européens, elle a déployé un contingent symbolique dans le cadre de l’exercice Endurance arctique, et a réaffirmé sa disponibilité pour contribuer pleinement à la sécurisation de la zone. Dans ce cadre, d’autres déploiements militaires sont d’ores et déjà prévus. Enfin, la diplomatie française a pu s’appuyer sur le consensus républicain concernant le Groenland pour promouvoir une position européenne unifiée dans de nombreux forums internationaux. Ce faisant, l’Europe se positionne comme un acteur crédible dans les discussions sur la sécurité globale.Cette proposition de résolution européenne envoie donc un signal fort. L’Europe assume pleinement son rôle, protège ses marges, soutient ses États membres et se prépare collectivement aux défis de demain. Pour toutes ces raisons, il est essentiel que son adoption par notre assemblée soit la plus large possible. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).