Discours du 20 juillet 2026
Camille Galliard-Minier · Première session extraordinaire 2026 · séance n°21
Permettez-moi tout d’abord d’excuser Mme Stéphanie Rist, ministre de la santé, qui m’a chargée de la représenter.Trop souvent, nous pensons la santé uniquement par le soin. Cette proposition de loi nous invite à inverser le regard, pour agir avant la survenue de la maladie et pour placer la prévention au cœur de nos politiques de santé publique.Le gouvernement est pleinement engagé sur le chemin de la prévention. Cette thématique est au centre de mon portefeuille de ministre chargée de l’autonomie et des personnes en situation de handicap. Prévenir les maladies, c’est préserver demain l’autonomie de nos concitoyens. Je me suis saisie de cet enjeu et j’ai fait de la prévention un axe central de la mobilisation France Autonomie. Une intervention plus précoce sur les facteurs de risque des maladies cardio-neuro-vasculaires permet de vieillir en bonne santé. C’est un enjeu que la ministre de la santé a également fait sien, notamment en déployant partout en France le dispositif Mon Bilan prévention. Ces rendez-vous gratuits, pris en charge à 100 % par l’assurance maladie, sont proposés aux quatre âges clés de la vie.La prévention des maladies cardiovasculaires, qui touchent aussi bien les femmes que les hommes, est un enjeu de société. Elles représentent en effet la deuxième cause de mortalité dans notre pays, après les cancers. Les transitions épidémiologique et démographique, avec l’explosion des pathologies chroniques et le vieillissement de la population, rendront l’enjeu de plus en plus pressant dans les prochaines années.Il est donc de notre devoir de toujours mieux prévenir. Les études prouvent que la prévention est un levier majeur et puissant. M. le rapporteur l’a indiqué, une étude française publiée l’an dernier dans le New England Journal of Medicine a établi que la maîtrise des cinq principaux facteurs de risque – le tabac, la tension, le cholestérol, le diabète et le surpoids – pouvait faire gagner jusqu’à quatorze années supplémentaires d’espérance de vie en bonne santé. Là est toute la force de la prévention : connaître à l’avance les risques, c’est se donner les moyens d’éviter la survenue des maladies. Ce qui est repéré tôt peut être empêché.Un tel objectif doit être inscrit dans la loi, assorti d’outils et accompagné. C’est exactement ce que prévoit cette proposition de loi, et ses auteurs ont raison de mettre l’accent sur les maladies cardiovasculaires. Le texte prévoit des mesures très concrètes : création d’une stratégie spécifique, intégration des risques neuro-cardio-vasculaires dans Mon Bilan prévention, autorisation d’un plus grand nombre de professionnels à mesurer la pression artérielle, renforcement de la prévention de ces risques en entreprise.Je tiens à saluer le remarquable travail parlementaire réalisé, au premier chef par M. le rapporteur Yannick Neuder. Vous êtes vous-même cardiologue et connaissez donc ce sujet de l’intérieur. Je salue aussi le travail des sénateurs, notamment celui de M. Khalifé Khalifé, rapporteur du texte au Sénat.La ministre de la santé est d’ores et déjà mobilisée. En complément des stratégies actuellement mises en œuvre sur les différents déterminants de santé, une feuille de route spécifique sera publiée par le ministère d’ici à la fin du mois de septembre. Elle portera précisément sur la prise en charge par la prévention et le dépistage des facteurs de risque cardiovasculaire.Adopter cette proposition de loi, c’est faire œuvre utile pour une meilleure prévention et un meilleur repérage des risques cardio-neuro-vasculaires. Le gouvernement la soutient pleinement. (Applaudissements sur les bancs des commissions. – Mme Maud Petit applaudit également.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).