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Discours du 16 février 2026

Carlos Martens Bilongo · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°150

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Voilà un fait rare : nous débattons enfin dans l’hémicycle d’une proposition de résolution visant à renforcer le pilotage et la cohérence de la politique nationale du sport. Le sport a été évoqué en commission des finances et en commission des affaires culturelles durant les débats sur le projet de loi de finances (PLF) et je tiens à remercier M. le rapporteur pour son amendement de rétablissement du pass’sport dès 6 ans. Malheureusement, le recours au 49.3 nous a privés de discussions approfondies sur le sport et ses bienfaits pour nos concitoyens.Je veux remercier celles et ceux qui font vivre le sport français au quotidien, ces femmes et ces hommes, ces petits et ces grands qui, du lundi au dimanche, s’investissent dans les associations sportives et dans la vie des équipements sportifs des collectivités, en intérieur comme en extérieur. Je rends hommage aux éducatrices et aux éducateurs sportifs, à celles et à ceux qui ne comptent par leurs heures pour encadrer nos enfants, mais aussi nos aînés. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)En tant que titulaire d’un certificat de qualification professionnelle (CQP) d’animateur de loisir sportif, je sais l’importance du sport dans notre société. Mon engagement bénévole au sein des associations sportives a été le fruit de mon expérience en tant que jeune licencié de clubs de football et de boxe thaïe. Je remercie mes premiers coachs : Christophe, Romain, Manu, Lahoucine, Arnaud, Linda et Augustin pour le football, Christian, Jean et Wilfrid pour la boxe thaïe. Ils n’ont pas fait de moi un sportif professionnel, mais un amoureux du sport, puis un éducateur sportif. C’est là que réside toute l’importance du soutien à la pratique sportive du quotidien.Le poids du sport dans la société est loin d’être négligeable. Voici quelques chiffres tirés d’une étude menée par le groupe BPCE en décembre 2025, qui montre que les secteurs marchand et non marchand du sport sont particulièrement développés en France. Le secteur marchand comptait 147 000 entreprises en 2024, soit une augmentation de 31 % par rapport à 2019. Le secteur non marchand mobilise des montants importants, au total plus de 24 milliards en 2024. L’État et les collectivités territoriales sont les principaux financeurs publics du sport : ils y ont consacré 15 milliards en 2022 afin de financer diverses activités. D’après les estimations, le secteur public du sport emploie 102 000 personnes, pour l’essentiel des professeurs d’éducation physique et sportive (EPS) et 60 000 professionnels dans la fonction publique sportive territoriale. Au total, l’économie du sport représente 78 milliards d’euros, soit 2,7 % du PIB, sans compter les effets bénéfiques d’une pratique sportive en matière de santé publique, de cohésion sociale et de dynamisme territorial.Si j’ai souhaité rendre hommage aux personnes qui s’investissent au quotidien dans le sport, c’est que l’État se désinvestit massivement du secteur. J’en veux à la Macronie d’avoir relégué le sport à la dernière place dans l’ordre d’importance des investissements. Le budget alloué au programme 219 Sport ne cesse de diminuer : dans la version initiale du PLF pour 2026, le montant des crédits dont il bénéficiait s’élevait à 554,41 millions, soit une baisse de 6,53 % en crédits de paiement, après une année 2025 marquée par une baisse déjà drastique des crédits au lendemain de l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. Lors de chaque compétition, les sportifs français sont contraints de faire appel à des cagnottes solidaires via des plateformes comme Instagram ou Leetchi. Comment des athlètes olympiques qui ont défendu les couleurs de la France aux JOP peuvent-ils en arriver là ? Ce n’est pas acceptable ! C’est une honte pour notre nation qui demande toujours plus de médailles aux sportifs sans leur donner les moyens de les obtenir ! J’en veux pour preuve les tribunes fréquentes cosignées par des médaillés et des champions du monde qui se plaignent du manque d’investissement de l’État.Je veux aussi dénoncer les inégalités de genre qui subsistent dans notre pays. Près de 45 % des adolescentes renoncent à la pratique sportive. Parmi les raisons évoquées, on trouve des freins structurels liés au manque d’investissement. Ainsi, 33 % des jeunes femmes interrogées affirment n’avoir aucun club féminin à proximité de chez elles.Aux inégalités de genre s’ajoutent des inégalités sociales et territoriales – on compte ainsi onze licences annuelles pour cent habitants en Guyane contre trente-trois en Lozère, tandis qu’on constate que la pratique sportive fédérale est particulièrement peu développée dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville.Ces inégalités reflètent l’absence de stratégie visant à donner au sport la place qu’il devrait tenir dans notre société, notamment comme facteur de cohésion.Sans être opposé à cette proposition de résolution, le groupe LFI-NFP fera part de sa position au moment des explications de vote. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).