Aller au contenu
vie-politique.fr

Discours du 1 juillet 2026

Catherine Pégard · Première session extraordinaire 2026 · séance n°1

Les plans de transformation annoncés ces dernières semaines au sein des groupes Centre France ou Ebra sont le symptôme des difficultés du secteur de la presse. Je pense d’abord aux salariés de ces entreprises qui vont être touchés par ces mesures. Ces difficultés sont liées à la captation croissante de la valeur par les plateformes, qui bénéficient du trafic créé par les contenus de presse sans pour autant contribuer suffisamment au financement de l’information. Elles sont aussi liées à l’évolution des usages, notamment chez les jeunes. Dans ce contexte, le développement de l’IA peut fournir de nouveaux outils, mais son développement suscite, à juste raison, beaucoup d’inquiétude, notamment chez les journalistes, vous l’avez dit.Dans ce domaine, l’IA ne vaut que si elle est maîtrisée. C’est pourquoi le gouvernement s’emploie d’abord à conforter le modèle économique de la presse. Aussi a-t-il soutenu la proposition de loi de M. Erwan Balanant visant à renforcer l’effectivité des droits voisins des éditeurs de presse, adoptée à l’unanimité par le Parlement après engagement de la procédure accélérée par le premier ministre. Cette proposition de loi a d’ailleurs été notifiée à la Commission européenne, en vue de son adoption définitive à l’automne.D’autres pistes sont envisagées pour faciliter la transformation du secteur et accélérer sa numérisation. Il est par exemple impératif que le marché publicitaire bénéficie davantage à la presse.Les outils de soutien à la presse ne doivent évidemment pas bénéficier à des publications qui seraient exclusivement produites par l’IA. La commission paritaire des publications et des agences de presse a récemment rendu une décision en ce sens. Le respect du droit d’auteur et des droits voisins doit demeurer un principe intangible et le socle de notre modèle. Protéger ces droits, c’est aussi sécuriser l’innovation.Dans la presse, des accords en la matière existent déjà. J’invite à nouveau les développeurs d’IA à rencontrer les titulaires de droits, notamment ceux de la presse, pour trouver avec eux des solutions concrètes afin que création et innovation puissent grandir ensemble.

À la suite du rapport de la Cour des comptes, nous devons en effet mettre en place le nouveau mode de gestion du Mont-Saint-Michel. Il reposera sur trois piliers : l’unicité de gestion par le seul établissement public du Mont-Saint-Michel, la réalisation du contrat d’objectif pluriannuel avec l’État dont l’établissement aura la charge, la valorisation de l’expertise du Centre des monuments nationaux en matière de maîtrise d’ouvrage et de restauration patrimoniale.Notre objectif est de permettre au site de s’autofinancer, tout en garantissant au CMN une contribution égale aux recettes nettes qu’il perçoit aujourd’hui. Cette préservation de la péréquation nationale lui permettra de continuer de faire vivre une centaine de monuments nationaux. Elle est fondamentale car ces sites tissent le maillage culturel de notre territoire. Les collectivités locales qui, à juste titre, souhaitent participer pleinement aux décisions devront s’engager sans réserve aux côtés de l’État, notamment sur le plan financier – je rappelle que toutes bénéficient de l’attractivité exceptionnelle du Mont-Saint-Michel.Cette évolution institutionnelle s’accompagnera de fortes garanties pour les agents. Il n’y aura pas de suppressions de postes ni de mobilité géographique imposée. Les missions seront maintenues, tout comme les rémunérations.Le Mont-Saint-Michel restera bien entendu une propriété de l’État. Cette année verra s’ouvrir une nouvelle période de sa longue histoire. Depuis 1874, quand l’abbaye a été classée monument historique, l’État n’a jamais cessé de valoriser le site. Avec une gouvernance plus lisible et plus cohérente, le Mont-Saint-Michel s’imposera demain, mieux encore je crois, comme l’un des plus précieux emblèmes de notre territoire. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).