Discours du 25 mars 2026
Catherine Vautrin · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°179
Exactement !
Très juste !
Eh oui !
Je voudrais revenir sur certains des points que vous avez évoqués.Le premier, c’est le respect des accords que nous avons signés avec les Émirats arabes unis, le Qatar et le Koweït. Très concrètement, il s’agit d’accompagner ces pays lorsqu’ils sont attaqués afin qu’ils puissent se défendre. Notre mission y est strictement défensive, j’y insiste : c’est une mission d’accompagnement. C’est une clause d’assistance mutuelle que nous avons signée. Nombre d’entre vous l’ont dit : quand la France signe des accords, elle y est fidèle et, le jour où elle doit les appliquer, elle les applique.
J’en profite pour revenir sur l’engagement de nos militaires, un sujet que vous avez tous évoqué. J’étais à leurs côtés hier et avant-hier et je peux témoigner de l’engagement, aussi bien des pilotes des Rafale que de celui des marins, qu’ils soient en Méditerranée orientale au sein du groupe aéronaval, sur le Charles de Gaulle, ou en mer Rouge, dans le cadre de l’opération Aspides – où nous avons désormais non plus une, mais deux frégates, ce qui montre que la France joue son rôle en accomplissant une mission strictement défensive, d’accompagnement, en mer Rouge.Je veux aussi avoir un mot pour l’armée de terre. Vous avez insisté à juste titre sur la nécessité de protéger nos emprises. Le président de la République l’a dit dès le 4 mars : nous avons comme objectif la protection de nos 400 000 ressortissants, mais aussi la protection de nos emprises. Or ce sont les militaires du génie du 5e régiment de cuirassiers qui, très rapidement, ont été en mesure de venir renforcer le Camp de la paix aux Émirats arabes unis, comme la base aérienne, de façon à protéger nos soldats. Vous le voyez : l’ensemble de nos armées sont mobilisées dans des missions qui consistent à défendre, non seulement nos alliés, mais aussi nos propres forces.J’en viens au deuxième point, que vous avez tous évoqué : la nécessaire actualisation de la loi de programmation militaire, à laquelle avait travaillé mon prédécesseur, notre premier ministre. Il vous a lui-même présenté le calendrier : dès que le projet de loi aura été présenté en conseil des ministres, le 8 avril, nous pourrons commencer à y travailler avec la commission de la défense nationale. Ce texte, vous le savez, aborde tous les sujets. Vous nous avez interpellés au sujet des câbles, c’est-à-dire des fonds sous-marins, et j’ose dire que nous devrons effectivement aller des fonds marins jusque dans l’espace, où les satellites, qui permettent la communication et l’information, sont tout aussi stratégiques.Vous avez beaucoup insisté sur les munitions. Sur ce sujet, nous devons faire plus vite, plus fort. Nous devons bien sûr produire plus et travailler sur notre industrie de défense – c’est le sens d’une réunion que nous aurons demain avec le premier ministre. Il nous faut également tirer les leçons, non seulement de la guerre en Ukraine, mais aussi de ce qui se passe au Proche et au Moyen-Orient. Il importe d’adapter notre matériel, de développer la lutte antidrone, de produire des effecteurs et de prendre en compte le coût des missiles.Tout cela montre qu’il est essentiel d’investir dans la recherche et le développement. Nous avons des start-up très engagées et nous allons continuer à travailler sur ces sujets. Nous aurons aussi à travailler sur nos avions de chasse car, même si leur efficacité est souvent soulignée, il est nécessaire de continuer de les faire évoluer – je pense par exemple au standard F5 du Rafale.En aucun cas nous n’oublions l’Ukraine. Le président Zelensky était à Paris il y a une quinzaine de jours et la France, vis-à-vis de l’Ukraine, accomplit aussi une mission d’accompagnement et de partenariat. La fiabilité de l’engagement français est réelle là encore et celui-ci se décline sur plusieurs plans : fourniture de munitions, formation et concrétisation de la coalition des volontaires – grâce à l’action du président de la République.Monsieur Thiériot, vous avez évoqué les acquisitions de munitions dites sur étagère – la fameuse liste des besoins priorisés de l’Ukraine (Purl). Vous avez raison : c’est une préoccupation majeure, quand on voit la consommation de munitions que font actuellement les Américains.J’imagine que mon collègue Jean-Noël Barrot reviendra sur la question du détroit d’Ormuz. Là encore, la mission qui nous est fixée par le président de la République est claire : la diplomatie doit jouer son rôle et nous devons proposer un accompagnement qui ne relève que de la vigilance ; il n’est pas question pour la France de s’engager dans une démarche militaire. Bien évidemment, il convient de privilégier la diplomatie avant, dans un deuxième temps – peut-être, un jour –, d’envisager une escorte de navires de commerce. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR et Dem.)
La France agit sur les piliers de la recherche de la paix : la diplomatie d’un côté et la politique de défense de l’autre. La défense est une compétence souveraine des États membres. La stratégie européenne de défense se traduit donc par des accords de coopération – par exemple sur l’acquisition de matériel, avec la réserve de la compétence propre des États. Elle dépend également de la capacité des différents pays à travailler entre eux. L’opération Aspides, fruit d’une volonté commune de sécuriser la mer Rouge afin d’y garantir la liberté de navigation, en est un exemple. Il s’agit d’un enjeu majeur et c’est tout le sens de l’engagement du président de la République. Nous cherchons à rétablir la liberté de navigation également dans le détroit d’Ormuz, car celle-ci est la condition sine qua non du commerce international.À l’échelle européenne, de nombreuses initiatives ont été prises. Je salue le travail mené par la ministre déléguée Alice Rufo lorsqu’elle dirigeait la direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS). Je pense à ce que nous avons fait en matière d’équipement avec les programmes Elsa – approche européenne de frappe à longue portée – et Edip – programme européen pour l’industrie de la défense –, qui sont des exemples de coopération européenne.Sur la situation au Proche et Moyen-Orient, les ministres des cinq plus grands pays européens en population – Pologne, Allemagne, Royaume-Uni, Italie et France – se sont réunis. Les pays riverains de la Méditerranée n’ont pas toujours la même lecture de la situation que ceux situés plus à l’est. Nous poursuivons ce travail par des réunions avec différents partenaires. C’est l’engagement du président de la République.
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).