Aller au contenu
vie-politique.fr

Discours du 4 mai 2026

Catherine Vautrin · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°218

Au moment où nous commençons cette discussion, je veux revenir sur l’hommage que notre nation a rendu, à Suippes, au sergent Anicet Girardin, et à Montauban, à l’adjudant Florian Montorio. Ils sont morts pour la France dans l’accomplissement de leur mission, lors d’une attaque du Hezbollah contre la Finul, la Force intérimaire des Nations unies au Liban. Un mois auparavant, le 12 mars 2026, le major Frion tombait en Irak. Leur engagement nous oblige.Marc Bloch, qui entrera au Panthéon le 23 juin, écrivait : « L’ignorance du passé ne se borne pas à nuire à la connaissance du présent, elle compromet, dans le présent, l’action même. » Cette phrase nous parle aujourd’hui, parce que toute l’histoire militaire nous enseigne ce que coûtent l’impréparation et les illusions stratégiques.Notre responsabilité est de tirer les conséquences d’hier et d’aujourd’hui pour préparer la France à ce qui vient. Le projet de loi qui vous est soumis, prévu par l’article 8 de la loi de programmation militaire 2024-2030, n’est pas une nouvelle LPM – nous ne touchons pas au format –, mais répond à la nécessité d’accélérer et de densifier notre effort de réarmement.Les objectifs sont clairs : accélérer le rehaussement des stocks de munitions ; accélérer les acquisitions d’équipements sur les segments prioritaires, notamment les drones et la lutte antidrones (LAD), la défense surface-air (DSA), l’espace, la préparation opérationnelle ; adapter nos capacités aux évolutions des conflits, en prenant en considération les retours d’expérience récents, provenant de l’Ukraine, du Proche et Moyen-Orient, mais aussi de la crise du covid, qui a rappelé combien résilience et résistance de la nation ne sont pas de vains mots.Les fondamentaux de l’ordre bâti après 1945 sont plus que jamais fragilisés, qu’il s’agisse de la primauté du droit, de l’intangibilité des frontières ou du respect du droit international. L’actualité révèle chaque jour de nouvelles ruptures dans les équilibres géopolitiques et une dynamique de réarmement mondial alors même que le désinvestissement progressif des États européens dans leur défense, basé sur les fameux dividendes de la paix, a aggravé les lacunes capacitaires.Ce constat, la France n’est pas seule à le faire : nos partenaires le partagent. L’enjeu pour notre pays est donc clair : être en mesure de faire face à toute situation, jusqu’à un engagement majeur, à un horizon de temps que nous ne maîtrisons pas. C’est tout le sens de cette actualisation qui densifie notre modèle sans remettre en cause notre format, qui nous fait gagner en agilité sans jamais oublier la masse, et qui donne la priorité aux capacités opérationnelles dont l’acquisition est la plus urgente, mais aussi à l’activité des forces, particulièrement leur entraînement.La boussole de la France n’a pas varié : l’indépendance stratégique reste la condition de notre liberté d’appréciation, de décision et d’action. Cette doctrine s’illustre dans la position singulière qu’occupe la France dans le conflit en cours au Proche et Moyen-Orient. Nos forces contribuent depuis le premier jour du conflit à assurer la sécurité de nos partenaires ciblés par l’Iran, démontrant ainsi la crédibilité de notre signature. La France ne vise qu’un seul objectif au Liban, celui de se tenir aux côtés de l’État et du peuple libanais pour œuvrer à la paix et à une stabilisation durable.Toutes les parties doivent respecter le cessez-le-feu et préserver la souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban. Je précise qu’il n’y a ni comparaison ni mise sur le même plan des acteurs. Le Hezbollah a commis la faute inacceptable d’avoir entraîné le Liban dans cette guerre qu’il n’a pas choisie : il doit mettre fin à toute attaque contre Israël. De son côté, Israël doit cesser toute incursion dans le Sud du Liban et se retirer du territoire libanais. Le désarmement du Hezbollah doit être poursuivi par les Libanais, avec le soutien de la communauté internationale.La France est aussi engagée à un niveau élevé pour le maintien de la paix et de la sécurité internationales au sein des forces multilatérales, parfois jusqu’au sacrifice ultime. Elle poursuit ses efforts aux côtés de l’Ukraine, notamment au sein de la coalition des volontaires.Je n’oublie pas les territoires ultramarins pour la protection desquels nous devons renforcer notre agilité, nos moyens d’information et de communication.Depuis 2017, le président de la République, chef des armées, a fait le choix du réarmement, de la cohérence et de la durée, ce qui a conduit à un effort inédit, permettant de doubler le budget de nos armées entre 2017 et 2027.Avec Florence Parly, nous avions engagé une première loi de programmation militaire dite de réparation, de près de 300 milliards d’euros, entre 2019 et 2025. Avec Sébastien Lecornu, la loi de programmation militaire 2024-2030, dotée de 400 milliards d’euros de crédits budgétaires, a marqué un changement d’échelle, celui de la modernisation de notre modèle d’armées.Ce que nous vous proposons aujourd’hui, c’est d’accélérer ce mouvement, de densifier ce modèle, qui se traduit par une trajectoire de ressources rehaussée de 36 milliards d’euros de crédits budgétaires sur 2026-2030, avec plus de 10 milliards dès les deux premières années, dont plus de 3,5 milliards dès 2026 – l’urgence est là.La France dépassera alors les 2,5 % du PIB d’effort de défense dès 2030.Cette actualisation a fait l’objet de nombreux débats en commission. Vous avez enrichi le texte puisque, sur les 550 déposés, 108 amendements venant de tous les bancs ont été adoptés. Et je suis convaincue que le débat parlementaire qui s’ouvre permettra de compléter et de parfaire le projet.Notre défense repose sur deux piliers : la dissuasion et des forces conventionnelles suffisamment robustes pour l’épauler, afin d’éviter le contournement par le bas.D’abord, en matière de dissuasion, dans la continuité du discours de l’île Longue prononcé par le président de la République le 2 mars dernier, le financement des capacités des composantes océanique et aéroportée est conforté, notre arsenal est rehaussé,…

…tout comme les capacités conventionnelles d’épaulement, notamment sur l’alerte avancée et la défense surface-air.S’agissant du volet conventionnel, l’une des inflexions fondamentales concerne les frappes dans la profondeur. Cette actualisation prévoit de nous doter d’une capacité balistique permettant de frapper dans la grande profondeur, au-delà de 2 500 kilomètres. Plus de 1 milliard d’euros sont prévus pour développer cette capacité majeure.Nous avons retravaillé la trame aviation de combat dans le cadre d’une approche globale intégrant les missiles à longue portée, air-air et air-sol, les drones d’accompagnement, les capteurs et la connectivité. Ces choix permettront à nos composantes aérienne et aéronavale de conduire l’ensemble de leurs missions, de conserver la maîtrise du ciel, de préserver l’attractivité du Rafale à l’export, via son standard F5, plus puissant et doté d’armements renouvelés.C’est d’ailleurs ce que vous avez souhaité préciser en commission sur le développement et l’intégration d’une motorisation nationale à poussée augmentée de type T-REX. Pas moins de 3,4 milliards d’euros supplémentaires sont prévus pour atteindre ces objectifs.Nous avons aussi intégré dans la programmation une capacité de char intermédiaire comme première brique préfiguratrice du MGCS – système principal de combat terrestre –, avec l’objectif d’en faire non pas seulement le successeur du char Leclerc, mais bien le premier élément d’un système de combat de nouvelle génération, donnant corps à l’intuition stratégique qui a présidé à la création de KNDS.J’ajoute que sur proposition des rapporteurs, nous avons ajouté la garantie que, quelles que soient les incertitudes sur les coopérations prévues, la France devra acquérir des capacités aériennes de nouvelle génération.Un autre volet crucial concerne les munitions. L’effort financier est considérable : 8,5 milliards d’euros supplémentaires sur 2026-2030, soit une augmentation de 53 % par rapport à la loi de programmation militaire. Il concerne toute la gamme : obus, missiles de croisière, missiles Aster, missiles mer-mer, missiles Mica – d’interception, de combat et d’autodéfense – et Mistral, missiles antichars, torpilles. Il s’agit d’augmenter nos stocks et de consolider l’outil de production sur les segments les plus déficitaires.L’objectif n’est pas juste de stocker : il faut augmenter les flux et permettre à nos soldats de s’entraîner, d’être capables de remonter rapidement en puissance en cas de consommation importante de munitions, comme c’est le cas aujourd’hui chez les belligérants au Proche et Moyen-Orient. (Mme Christine Arrighi s’exclame.) En économie de guerre, la première arme, c’est l’usine.Cette ambition, nous la partageons. Vous avez d’ailleurs adopté un rapport destiné à en contrôler le suivi. Nous avons également travaillé pour étendre notre palette de réponses dans le domaine de la lutte antidrones, afin d’intercepter plus en dépensant moins.Un principe nous guide : adapter la munition utilisée à la cible visée, y compris pour ce qui est du coût. C’est simplement le bon usage des ressources que la nation consacre à son armée. Dans cette logique, nous renforçons nos capacités de défense surface-air et de lutte antidrones, en augmentant l’effort de 1,6 milliard d’euros sur 2026-2030, soit 32 % de plus par rapport à ce qui était prévu dans la loi de programmation militaire.Concernant les drones, nous accentuons la dronisation des unités opérationnelles des trois armées. Le nano, micro ou mini-drone est devenu un équipement essentiel pour le combattant, particulièrement dans l’armée de terre. La DGA – direction générale de l’armement – et les armées travaillent avec de nombreuses start-up pour tester et qualifier de nouveaux produits. Au total, 2 milliards seront consacrés aux drones grâce à cette actualisation. C’est d’ailleurs dans cet esprit que vous avez adopté un amendement qui vise à affirmer clairement une logique de complémentarité entre hélicoptères et drones. C’est précisément ce que nous avons observé jeudi dernier dans les camps de Champagne avec la députée Lise Magnier, à l’occasion de la clôture de l’exercice Orion, en présence du président de la République.Cette coopération renforcée est une condition essentielle pour accroître l’efficacité opérationnelle de l’aviation légère de l’armée de terre (Alat), élargir son spectre d’action et renforcer sa résilience face aux menaces contemporaines.L’espace est une autre priorité de cette actualisation…

C’est un domaine de conflictualité à part entière. L’actualisation permet d’accélérer le déploiement de nouvelles capacités spatiales pour surveiller et agir, avec des satellites patrouilleurs-guetteurs, des moyens d’action sol-espace, des moyens de brouillage électromagnétique puis de tir laser. Renforcer les moyens du renseignement spatial est incontestablement un enjeu de souveraineté. Nous le ferons par l’acquisition de satellites et l’achat de services, en nous appuyant sur les opportunités de notre industrie.

La préparation opérationnelle à la haute intensité permettra à l’entraînement de bénéficier de moyens supplémentaires pour se rapprocher au plus près des conditions de l’engagement. La préparation représente 1,6 milliard d’euros, soit plus de 300 millions d’euros supplémentaires par an. Cette montée en puissance permettra de conduire des exercices majeurs, interarmées ou avec nos alliés, à l’instar d’Orion 2026.

Un amendement a été adopté en commission pour que cette loi tire les conséquences du retour d’expérience de l’exercice Orion 2026.Les territoires d’outre-mer bénéficieront également de cette actualisation. Les effets de la loi de programmation militaire, qui prévoit un effort de 13 milliards d’euros et le renforcement d’environ 1 100 militaires supplémentaires, seront accentués.D’ores et déjà, 44 % du renfort en effectifs a été réalisé en seulement deux ans. Trois patrouilleurs outre-mer sur les six que prévoit la loi de programmation militaire sont déjà en poste, un quatrième est en transit vers Nouméa. Il en est de même pour deux hélicoptères de manœuvre Caracal sur les quatre prévus en remplacement des Puma en Guyane. Le déploiement des Falcon 2000 Albatros en remplacement des Falcon 200 Guardian est accéléré.La capacité de réaction est également renforcée par la montée en puissance de la flotte A400M, portée à quarante et un appareils, ce qui permet d’améliorer significativement la projection vers et depuis les territoires d’outre-mer, notamment aux Émirats arabes unis où la présence permanente d’un A400M est déjà effective et avant 2030 en Nouvelle-Calédonie.La souveraineté et la réduction de nos dépendances constituent bien un enjeu majeur de cette actualisation. C’est aussi le sens du remplacement progressif des C130H américains par des A400M européens, des Awacs – systèmes de détection et de commandement aéroportés – américains pour la surveillance par des GlobalEye européens, l’acquisition de bouées acoustiques françaises là où nous nous fournissions hier aux États-Unis.La défense est une compétence souveraine de chaque nation. Plus de souveraineté nationale n’interdit pas plus d’Europe : elle l’exige lorsque l’Europe nous permet de partager la recherche et développement, de réduire nos dépendances, de bâtir des standards communs, de renforcer notre base industrielle. C’est l’équilibre que nous assumons : décider souverainement, et coopérer quand cela nous rend plus forts.Au-delà de l’enjeu militaire, cet effort est aussi un choix économique. Grâce à cette actualisation, nos entreprises bénéficient d’une visibilité pluriannuelle, voire décennale. Je pense ainsi au porte-avions France libre, dont la mise en service est prévue en 2038. Les commandes lancées par la direction générale de l’armement, hors dissuasion, représentent 14 milliards d’euros en 2024, 20 milliards en 2025 et 31 milliards en 2026.

Ces dépenses produisent des effets concrets dans le pays : 80 % des commandes irriguent notre base industrielle et technologique de défense (BITD), qui représente 240 000 emplois directs et indirects dans les petites et moyennes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire (PME et ETI) de nos territoires. Ces investissements sont créateurs de valeur économique pour la nation. En 2026, 2,7 milliards d’euros de commandes sont programmés pour les infrastructures de la défense. Nous travaillons avec un tissu de 500 grandes entreprises du bâtiment et des travaux publics mais aussi avec 1 000 PME et ETI, qui contribuent à plus de 10 000 emplois, notamment près de nos bases et de nos régiments.Enfin, le commissariat aux armées exécute en moyenne 2,5 milliards d’euros de paiements chaque année, dont 84 % au profit d’entreprises françaises, de l’alimentation aux équipements ou fournitures diverses. Le budget de la défense n’est donc pas uniquement un sujet militaire, c’est aussi une question de souveraineté économique qui irrigue les territoires, dans l’Hexagone comme dans nos territoires d’outre-mer.Cette dynamique d’investissement entretient directement nos capacités d’exportation. Les commandes françaises, associées à l’exigence de nos armées, garantissent la crédibilité des produits de la BITD et notre compétitivité internationale dans une filière de plus en plus concurrentielle. Pour 2025, nous devrions, comme en 2024, enregistrer plus de 20 milliards d’euros de prises de commandes à l’export.Les armées, ce sont d’abord les femmes et les hommes qui ont fait le choix de les servir. Le réarmement ne pourra avoir lieu sans eux. Pour rattraper le retard pris au début de la LPM 2024-2030 sans augmenter les cibles d’effectifs qui y figurent, nous accroissons nos schémas d’emploi dans une proportion ambitieuse mais réaliste, et nous poursuivons l’effort entrepris dans le cadre de la dynamique Fidélisation 360. Nous agissons aussi sur le logement et pour les familles de militaires. Pour votre part, vous avez adopté un amendement précisant que l’accélération de l’effort de défense s’accompagnerait d’une politique d’attractivité et de fidélisation des métiers en tension de la BITD.Je veux évoquer la réforme des emplois de reconnaissance nationale, qui constitue l’une des traductions concrètes du plan Blessés 2023-2027, en particulier sur l’enjeu décisif de l’employabilité. Les travaux conduits ont mis en évidence les limites du dispositif actuel des emplois réservés : alors qu’entre 2020 et 2024, 434 militaires blessés se sont inscrits sur les listes, seuls 117 ont été recrutés en cinq ans. Ces chiffres parlent d’eux-mêmes… Nous proposons de simplifier le dispositif et de lui redonner de l’attractivité afin de faciliter le retour à l’emploi des militaires et anciens militaires blessés. Tout en maintenant le principe d’un recrutement hors concours, cette réforme autorisera à postuler sur l’ensemble des postes vacants, sans que les employeurs aient à engager une procédure spécifique. Nous proposons de renommer ce dispositif « emplois de reconnaissance nationale » afin d’en réaffirmer le sens.J’évoquerai aussi la mesure de reconnaissance des personnels servant à bord des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) : à leur engagement, qui est sans équivalent, répond celui, bien connu, du président de la commission de la défense en leur faveur. Il est tout aussi indispensable de reconnaître la spécificité de leurs missions, marquées par des contraintes exceptionnelles, que de tenir compte des enjeux d’attractivité et de fidélisation.

Aussi le gouvernement accueille-t-il favorablement l’amendement, adopté en commission, permettant aux équipages de SNLE de bénéficier de la carte du combattant.Les armées investissent, tout en restant vigilantes sur la maîtrise de nos dépenses. Ainsi l’efficience de nos investissements est-elle au cœur du plan visant à transformer la DGA en DGA de combat, pour la rendre plus réactive, capable de simplifier ses processus, de raccourcir les cycles de décision et d’assumer une logique d’action guidée par le résultat. Nous voulons des armées qui innovent, qui s’adaptent en permanence, dans le cadre d’un dialogue plus direct entre la DGA, les forces et les industriels, tourné vers l’analyse de la valeur. Trois exigences doivent désormais guider notre effort de réarmement : le coût, le délai de livraison et la performance.Réarmer la France, c’est aussi faire évoluer les règles, les procédures et les outils juridiques pour qu’ils soient à la hauteur des menaces que nous devons affronter. Le premier levier consiste à accompagner le réarmement. Cela suppose d’étendre la possibilité d’imposer aux opérateurs économiques la constitution de stocks stratégiques et de donner la priorité aux commandes passées par les armées, de doter le ministère de leviers de gouvernance pour garantir que les entreprises de la base industrielle répondront dans la durée aux besoins des forces, et de simplifier les procédures pour supprimer les lourdeurs partout où c’est possible.En deuxième lieu, il convient de renforcer la résistance intérieure du pays. L’industrie, l’énergie, les données, les réseaux, la cohésion sociale sont à la fois des facteurs de puissance et des cibles prioritaires pour nos ennemis. La continuité de toute la société est une dimension centrale de notre défense.Le droit doit nous donner de nouveaux moyens d’action et de protection, notamment face aux menaces biotechnologiques. Grâce à des moyens juridiques renforcés de lutte antidrones, nos points d’importance vitale doivent être mieux protégés contre les menaces qui se développent dans les airs. Le nouvel état d’alerte et de sécurité nationale constitue également une mesure majeure : directement inspiré des conclusions des exercices du type d’Orion, il pourra être déclaré, par décret pris en conseil des ministres, sur tout ou partie du territoire national, en cas de menace grave et actuelle pesant sur notre sécurité nationale, sur la continuité des activités essentielles à la vie de la nation ou sur la protection de la population.Le troisième levier est la mobilisation des forces vives de la nation. Même parfaitement équipé et réarmé, le pays ne saurait faire efficacement face à un scénario d’engagement majeur si nous ne renforçons pas le lien entre l’armée et la nation et si nous n’investissons pas dans sa cohésion et sa force morale. À ce titre, le texte accompagne deux évolutions majeures : le renouvellement de la journée de mobilisation et l’instauration d’un nouveau service national, militaire, utile et volontaire dont le contenu a été enrichi en commission d’une sensibilisation aux menaces hybrides, à la manipulation de l’information et aux ingérences étrangères.Le lien entre l’armée et la nation repose aussi sur des relais concrets dans les territoires. À cet égard, je salue le rôle des correspondants défense, présents dans nos communes, qui font vivre cette culture de défense au plus près des citoyens ainsi que le travail du député Dive, dont les propositions doivent nous aider à mieux former, outiller et valoriser ces correspondants, pour qu’ils deviennent pleinement des acteurs de la mobilisation nationale.Cette actualisation défend une ligne : accélérer notre réarmement, densifier nos forces, renforcer notre industrie et préparer la nation.Elle répond à un monde dans lequel la force conteste le droit ; un monde où nos armées doivent être prêtes à faire face à des menaces qui se rapprochent.Elle assume un équilibre entre la souveraineté nationale, la coopération – quand elle nous rend plus forts – et l’exigence d’efficacité de chaque euro engagé.L’actualisation de la LPM promeut des armées totalement adaptées, une industrie capable de produire, une nation capable de tenir, une France libre, souveraine et respectée. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR, Dem, HOR et LIOT.)

Monsieur Lachaud, vous dites vouloir la souveraineté mais, en vous écoutant, on comprend que vous ne voulez pas la financer. (« Si ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Or le texte vise précisément à le faire. Quand vous parlez de points de PIB, je vous réponds capacités, qu’il s’agisse de la dissuasion nucléaire ou d’armements conventionnels. Vous parlez d’autonomie, mais la France est le seul pays européen dont l’aviation de chasse, ce qu’on appelle la « trame chasse », est indépendante.

De temps à autre, il faut regarder ce qui existe plutôt que de parler uniquement de demain. Les femmes et les hommes qui composent nos armées attendent de nous un esprit pratique et concret, et des réponses d’actualité car la menace est actuelle et non future.Vous avez parlé de la situation internationale. Or, au Proche et au Moyen-Orient, la France a mis en avant la diplomatie. Elle ne s’est pas engagée dans une démarche offensive, mais seulement défensive, aux côtés de pays avec lesquels nous avons des accords de défense.

Voilà la position française !Le projet de loi ne propose pas un changement de format des armées, mais il témoigne que nous avons conscience que le champ de bataille s’étend désormais des fonds sous-marins à l’espace. Il nous faut nous y adapter, d’autant que les retours d’expérience des fronts ukrainien et moyen-oriental attestent que le combat a changé et nécessite de nouvelles réponses. C’est ce à quoi nous travaillons.Il a été fait allusion à la Fonderie de Bretagne. Je réponds en parlant des Forges de Tarbes. (« Incroyable ! C’est le même groupe ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Oui, les deux appartiennent au même groupe, qu’il faut surveiller, mais, d’un côté, les choses ont fonctionné et, de l’autre, elles sont en devenir et nous devons apporter des réponses concrètes. Nous devons parler d’innovation et d’industrie de défense, comme des femmes et des hommes qui composent nos armées et s’y entraînent. Leur engagement nous oblige. C’est pourquoi l’actualisation prévue par le texte est indispensable et qu’il importe que la motion de rejet soit repoussée. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR et Dem.)

Madame Pic, vous avez abordé le plan « famille 2 ». La démarche commencée en mars 2024 se poursuit dans tous les domaines : ressources humaines, logement – une nouvelle politique du logement est prévue d’ici cet été –, école, emploi du conjoint. Cela vient s’ajouter à un effort sans précédent, à hauteur de 115 millions d’euros, sur les grilles de rémunération ainsi que sur les indemnités des militaires. Cette nouvelle politique de rémunération représente plus de 400 millions par an.Je connais l’attachement de Mme Blin au génie militaire. Nous partageons, au-delà, une même volonté de renouvellement des capacités du haut du spectre. L’actualisation prévoit plus de quarante-deux systèmes de bréchage d’ici à 2030, des commandes de trente-quatre robots lourds d’ouverture d’itinéraires ainsi que de drones spécialisés. Il faudra faire plus, mais c’est un début.MM. Girard et Favennec-Bécot ont abordé l’état d’alerte et de sécurité nationale prévu par l’article 21. Permettez-moi de rappeler que cet état d’alerte n’est pas tardif et qu’il répond à une menace grave et actuelle pour notre sécurité nationale. Il permet d’apporter à la situation une réponse efficace, sans banaliser un dispositif dont l’application reste exceptionnelle. Nous avons vu en commission comment il rend possible des simplifications procédurales permettant d’accélérer le réarmement et d’autres projets encore. On ne touche pas aux libertés individuelles. Des garanties fortes sont prévues, à commencer par le contrôle que pourra exercer le Parlement qui pourra autoriser, ou non, la prorogation de l’état d’alerte.Monsieur Girard, vous avez également évoqué l’article 18. La technique de l’algorithme fait partie de notre droit positif depuis 2015 et elle est strictement encadrée par de solides garanties reposant sur une surveillance étroite de la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement. Son application aux URL répond pleinement à la décision du Conseil constitutionnel, grâce à un ciblage des données concernées et à un contrôle renforcé de la CNCTR.J’insiste sur un point important déjà évoqué par la rapporteure pour avis de la commission des lois : ces garanties ont permis la validation du texte par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), la CNCTR et le Conseil d’État, dans le cadre de la procédure.Madame Darrieussecq, je reprendrai des exemples que vous avez développés. Vous avez beaucoup parlé d’innovation, avec raison : il n’est pas question d’être largués sur le cyber et sur le quantique. Pour parler concrètement, nous investissons 200 millions supplémentaires dans le quantique, dans Pendragon – le projet d’unité robotique de combat fonctionnant avec de l’intelligence artificielle – et les capacités opérationnelles initiales d’une meute de robots semi-autonomes, dans le cloud secret, dans les capacités de calcul IA, mais également dans l’innovation opérationnelle.À l’occasion de l’exercice Orion 26, évoqué par Lise Magnier, plus de cinquante innovations ont été testées ; elles permettront de réaliser des briques technologiques nouvelles. Je partage vos propos, madame Magnier, sur l’instauration du nouveau service national, un moyen concret de mieux répondre aux besoins de nos armées dans un objectif d’hybridité entre l’armée active et la réserve. Vous avez également souligné les évolutions de la journée de mobilisation ; mieux informer les jeunes qui y participent permet de mieux les protéger. J’entends enfin vos commentaires sur l’effort budgétaire et le « poids de forme ». Je partage avec mon prédécesseur, notre premier ministre, l’idée qu’il faut poursuivre l’effort.Yannick Favennec-Bécot a beaucoup parlé de l’outre-mer. Je rappellerai d’abord la cible RH : la LPM tend à apporter en deux ans 44 % du renfort prévu. Nous travaillons sur les points d’appui, avec des capacités logistiques accrues, mais également sur le déploiement de six patrouilleurs outre-mer (POM) jusqu’en 2027 – trois sont déployés et un quatrième est en transit. En Guyane, deux hélicoptères de manœuvre Caracal sont déployés sur les quatre prévus. Une deuxième vedette sera acheminée par la marine nationale à Mayotte. Je connais la question des radars à Mayotte – je me suis entretenue sur ce point avec la députée Estelle Youssouffa. Des hélicoptères Cougar doivent enfin être déployés à La Réunion.Monsieur Bloch, vous avez parlé de sincérité, mais tant le Conseil d’État que le Haut Conseil des finances publiques jugent le texte sincère. Nous ajoutons 36 milliards d’euros aux 413 milliards prévus en 2023, avec une augmentation de 10 milliards dès 2026-2027. Sans cela, on nous aurait reproché de laisser le poids de l’augmentation aux suivants. La défense s’inscrit dans le temps long : nous autorisons des crédits et les paiements s’étalent ensuite sur le temps de réalisation des programmes.Monsieur Jacobelli, je rappelle que les anciens combattants relèvent de la mission Anciens combattants et non de la LPM : la présente actualisation ne contient par conséquent aucun élément à leur sujet, à l’exception de la mesure de reconnaissance nationale pour les équipages des SNLE. Le rapport annexé insiste également sur l’importance du monde combattant.Je réponds également à votre commentaire sur les 10 milliards prévus pour 2026-2027 : il ne s’agit pas d’un manque de courage mais, au contraire, d’une volonté d’accélération initiale. Quant à la notion d’autonomie stratégique, nous pouvons nous retrouver sur ce point : nous avons incontestablement conservé le projet d’articuler la dissuasion et le conventionnel. Je le dis avec autant de force que vous : la défense est une compétence souveraine des États, qui n’exclut pas pour autant des coopérations industrielles.En matière industrielle, vous avez évidemment cité des programmes qui n’apportent pas les résultats escomptés dans le temps imparti, mais je préfère en citer d’autres : MBDA, Thales, KNDS, ArianeGroup et, bien sûr, Airbus. On ne peut pas dire que tous aient échoué ! Il y a là des résultats intéressants : Ariane, l’Airbus A400M, les missiles, comme Aster, dont tout le monde dit qu’il faudrait en produire davantage, la capacité motorisée (CaMo)… Je ne vous ferai pas un catalogue, mais il y a quand même des choses qui fonctionnent !Je remercie François Cormier-Bouligeon pour ses propos – il a notamment rappelé les priorités de l’actualisation. J’en ajouterai une, qui tient à cœur à l’élu de Bourges qu’il est : la capacité de char intermédiaire, qui ne doit subir aucune réduction. Nous sommes en effet tous conscients de la fin de l’excellent char Leclerc, et il est important de préparer le système de combat du futur. Un char intermédiaire permettra de maintenir nos savoir-faire dans le domaine des blindés – en particulier de la tourelle et de la canonnerie. Vous avez déposé un amendement en ce sens, sur lequel le gouvernement portera un regard particulièrement bienveillant.Je répondrai à M. Saintoul au sujet des Forges de Tarbes et de la Fonderie de Bretagne. Les deux situations sont très différentes – je n’aurai pas l’outrecuidance de vous le rappeler car vous connaissez le sujet par cœur. Vous dites qu’en Allemagne, Rheinmetall a multiplié sa production par quinze. Eh bien, les Forges de Tarbes ont multiplié la leur par dix !

On peut évidemment faire mieux, et zéro multiplié par dix…

C’est plus facile lorsqu’on part d’une base. Cependant, 100 personnes travaillent actuellement sur ce site, contre 21 en 2021. Il faut bien sûr être vigilant, mais on ne peut pas dire qu’il ne s’est rien passé !Je partage votre inquiétude sur la Fonderie de Bretagne. Le sous-traitant automobile était en cessation de paiements ; une reprise est désormais envisagée. Tout est à faire, mais il ne faut rien lâcher et poursuivre la transition. Le ministère des armées l’accompagne par le conseil technique, l’aide administrative et une extrême vigilance concernant son propriétaire Europlasma – une société cotée en Bourse et soumise au secret des affaires.Madame Errante, je vous remercie d’avoir évoqué l’évolution des formats en matière de sécurité. Notre responsabilité vis-à-vis de nos armées nous impose d’être prêts rapidement, c’est pourquoi nous avons donné la priorité aux capacités les plus indispensables à court terme : les drones, la lutte antidrones, les munitions, la défense surface-air et la préparation des forces. Vous avez cependant raison : Sentinelle représente incontestablement une nouvelle approche de la mobilisation de nos armées, comme nous l’avons constaté depuis les attentats, mais également lors des Jeux olympiques. À terme, les formats devront évoluer. Il s’agit d’un sujet majeur de la nouvelle LPM à venir, qui devra se pencher sur l’organisation de la sécurité intérieure et de la défense de la souveraineté de notre pays, ainsi que sur la complémentarité entre les missions de la gendarmerie – n’oublions pas que les gendarmes ont un statut militaire – et celles de l’ensemble de nos forces armées. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)

Depuis le début de nos échanges, en commission et cet après-midi, nous parlons de souveraineté et de la nécessité pour notre pays de maîtriser son destin, et nous démontrons que la France est le deuxième pays exportateur en matière de défense. C’est dire si nos capacités sont majeures – j’ai cité plus tôt les chiffres relatifs à notre BITD.En me fondant sur ce constat, j’aurais tendance à répondre en première approche que l’amendement est satisfait. Néanmoins, je reconnais que les choses se passent ainsi et qu’il existe bien une volonté, exprimée sur tous les bancs de cet hémicycle, de préserver les emplois dans notre territoire. C’est pourquoi je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée nationale.

Tout au long des prises de parole, les uns et les autres ont insisté sur la nécessité de fournir des réponses en matière de capacité. Pour ce faire, nous avons besoin de lisibilité. Elle est notamment indispensable pour nos industriels, car si nous leur demandons de produire davantage suivant une logique de souveraineté, cela implique qu’ils investissent dans des chaînes. La mesure que constitue un indicateur exprimé en pourcentage du PIB est donc utile – il n’indique d’ailleurs qu’un minimum, car rien n’empêche d’aller plus loin. C’est une question de clarté et d’engagement auprès de nos armées.Avis défavorable pour toutes ces raisons.

Je le répète – et je l’assume –, nous devons atteindre un poids de forme, qui se situe autour de 100 milliards d’euros. Mais accélérer l’effort et fixer l’objectif à 3 % en 2030 reviendrait, comme vous l’avez dit sur le précédent amendement, à faire peser cet effort sur nos successeurs. Ne me reprochez donc pas de limiter ce que nous faisons peser sur eux.

Avis défavorable.

Je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée.

Dans les années 1960, lorsque les grandes bases de la défense française ont été établies, la part du PIB consacrée à la défense s’élevait à environ 5 %. Il est donc important de pouvoir afficher un objectif de long terme à 3,5 %.Comme le rapporteur, je souhaite que le débat ait lieu lors des prochaines échéances électorales car il est essentiel que nos concitoyens puissent exprimer leur vision de la souveraineté et de l’effort de défense.Je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée.

Ah, je vous vois venir ! (Sourires.)

J’ai indiqué m’en remettre à la sagesse de l’Assemblée.

Je partage l’idée selon laquelle les armées contribuent à la protection de la population sur le territoire, notamment en appui des autorités civiles. Même si, jusqu’à présent, elles ont eu tendance à répondre plutôt qu’à anticiper, elles évoluent néanmoins, comme l’ensemble des services de l’État, vers des matériels et des pratiques visant à limiter le réchauffement climatique.Certes, cela ne recouvre pas totalement votre amendement mais nous allons continuer d’améliorer les capacités de réaction de nos armées face aux événements, en évitant que cela contribue au réchauffement climatique. Pour autant, il me paraît extrêmement difficile d’aller jusqu’à élargir la définition de la sécurité nationale en y incluant les dépenses liées aux services publics essentiels. C’est la raison pour laquelle j’émets un avis défavorable.

Au hasard ! (Sourires.)

Je comprends votre préoccupation, monsieur le député, tout en comprenant également l’analyse de vos rapporteurs. Tout un pan de la résilience des infrastructures du pays relève de la compétence de Matignon, et je me demande dans quelle mesure la rédaction de votre amendement n’implique pas d’inclure dans cette résilience l’entretien de toutes ces infrastructures, ce qui ne saurait relever de la LPM. J’émets en conséquence un avis défavorable.

Il s’est trompé d’amendement !

Vous avez raison. Comme le dit un vieil adage agricole, ce qui est rentré ne craint plus l’eau. Cependant, nous parlons de sujets qui se traitent à l’échelle interministérielle et qui figurent déjà dans la revue nationale stratégique. Ils n’ont donc pas vocation à figurer dans le rapport annexé.Je tiens par ailleurs à préciser à Mme Hervieu que les avis ont été les mêmes sur l’amendement de M. Girard et celui de M. Gosselin.

Sauf erreur de ma part, la France doit déjà recevoir, dans le cadre de ReArm Europe, 45 milliards d’euros au titre des fonds Safe, Agir pour la sécurité en Europe, destinés à financer trente-six projets français, qui sont des projets capacitaires et non des projets d’infrastructures.

Non, c’est ainsi que cela fonctionne, monsieur le député. Si je comprends parfaitement l’importance de la ligne ferroviaire Paris-Normandie, il s’agit d’un sujet de caractère dual, tout aussi civil que militaire, pour lequel je vous renvoie vers le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN). Avis défavorable.

Je partage en tout point les propos du rapporteur. La France propose une liste de trente-six projets qui peuvent faire l’objet de prêts nous permettant de les réaliser. C’est un mécanisme intéressant, qui respecte la souveraineté de notre pays. Je suis donc défavorable à ces amendements.

Vous avez livré l’esprit de votre amendement et dit vous-même que l’avis ne pouvait être que défavorable.La LPM 2024-2030 a tout de même eu le grand mérite de fixer un format, de dégager des crédits de 400 milliards d’euros – ce qui n’est pas rien dans le contexte que vous savez, et c’est elle qui permet les évolutions actuelles. Nous venons l’actualiser avec 36 milliards supplémentaires afin d’accélérer les choses et de tirer les leçons d’un contexte international difficile, parce que – comme cela a été dit – nous avons notamment besoin d’armements et de munitions. Cependant, ces éléments ne seraient rien s’il n’y avait pas eu le format de la LPM 2024-2030.

J’entends l’argument fondé du rapporteur, mais je vais répondre précisément à votre question. Le tableau qui se trouve dans le rapport annexé fait apparaître les 250 millions d’euros auxquels vous faites allusion au moment du bouclage de la loi de finances pour l’exercice 2026. Il montre un format de 1,45 milliard d’euros cette année pour les opérations extérieures, puis de 1,2 milliard les années suivantes. Le montant de cette année correspond donc à 1,2 milliard plus 250 millions d’euros. J’ai un courrier écrit du premier ministre sur ce sujet. Avis défavorable.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).