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Discours du 8 avril 2026

Céline Hervieu · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°195

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Ma question s’adresse au ministre du travail. Combien d’accidents, combien de morts faudra-t-il pour que votre gouvernement agisse ? Le modèle de la livraison de repas sur les plateformes a causé la mort au travail de vingt-trois personnes depuis 2019. Soixante pour cent des livreurs ont déjà eu un accident. Ces entreprises exploitent en toute impunité des travailleurs omniprésents et pourtant invisibles (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC), des personnes précaires essentiellement étrangères, majoritairement sans-papiers, parfois victimes de discriminations et d’agressions racistes.Oui, il faut responsabiliser les clients, mais surtout les entreprises qui font fortune sur la misère des travailleurs. (Mêmes mouvements.) Médecins du monde a publié un rapport, fin mars, qui documente une réalité alarmante : 60 heures de travail hebdomadaires pour un salaire de misère – moins de 1 000 euros net en moyenne par mois –, un livreur sur deux en détresse psychologique, des journées à trimer, la peur au ventre, sans pouvoir parfois manger – paradoxe indigne pour des livreurs de repas –, des douleurs au dos, aux épaules, aux poignets, de l’épuisement. Voilà la réalité d’un modèle de galère, d’une ubérisation qui contourne le droit du travail et organise la mise en concurrence des plus fragiles, sans parler des loueurs de comptes qui aggravent ce système.Pour le Parti socialiste, il n’y a pas de travail sans droits des travailleurs, sans protection, sans dignité. (Mêmes mouvements.) Les plateformes détournent le statut d’autoentrepreneur à la vue de tous et vous laissez faire. L’Europe a pris ses responsabilités : vingt-trois pays sur vingt-sept ont soutenu la directive sur la présomption de salariat. La France s’est déshonorée par son opposition à cette directive pendant deux ans, puis en votant contre et par l’absence de transposition à ce jour. Il est temps d’agir : transposez cette directive pour mettre fin à cette situation d’esclavage moderne. (Les députés du groupe SOC se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur quelques bancs des groupes LFI-NFP, EcoS et GDR.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).