Discours du 2 avril 2025
Céline Imart · Une menace à la liberté d’expression en Algérie: la condamnation à cinq ans de prison de l’écrivain français Boualem Sansal (débat)
Monsieur le Président, Madame la Commissaire, chers collègues, cent trente-huit jours, c’est la durée depuis laquelle Boualem Sansal, écrivain franco-algérien, est incarcéré dans les geôles algériennes. Depuis plus de quatre mois, l’Algérie se déshonore en enfermant un homme parce qu’il a exercé son droit le plus élémentaire: dire et écrire ce qu’il pense. Boualem Sansal, c’est une voix libre, profondément européenne, un auteur majeur, lauréat de prestigieux prix littéraires, et qui a offert à l’Europe des œuvres très éclairantes sur les dangers du totalitarisme et de l’extrémisme religieux. Son engagement en faveur de la liberté d’expression et de la liberté de conscience incarne ce que l’Europe défend, ce qu’elle est, ce que nous sommes. Je le cite: «L’histoire n’est pas l’histoire quand les criminels fabriquent son encre et se passent la plume. Elle est la chronique de leurs alibis. Et ceux qui la lisent sans se brûler le cœur sont de faux témoins.»
Boualem Sansal est aujourd’hui un citoyen européen âgé, malade, prisonnier politique, qui se défend seul face à un régime qui a récusé son avocat simplement parce que cet avocat était juif. Après l’adoption quasi unanime d’une résolution par notre Parlement en janvier dernier, j’appelle encore les institutions européennes à agir pour sa libération. Quasi unanime, parce que les groupes politiques de la Gauche et des Verts ont l’indignation sélective. Ils préfèrent soutenir un régime tyrannique plutôt que de prendre la défense d’un citoyen européen. Abjecte et anecdotique trahison, tant leurs combinaisons politiques et leurs calculs sont insignifiants face à la force de Sansal et de son combat.
Boualem Sansal aurait pu être un pont entre deux rives, et il est au contraire traité comme l’ennemi d’un système qui a décidé de le briser pour l’exemple. Fermer les yeux sur son sort, ce serait envoyer un signal glaçant à tous ceux qui osent encore penser et écrire librement. Ce serait trahir un homme, un œuvre et un combat exemplaires. C’est sa liberté qui est en jeu, mais c’est aussi la nôtre. Agissons!
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.