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Discours du 8 avril 2026

Chantal Jourdan · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°196

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Feux de forêt, pluies diluviennes, glissements de terrain, inondations, érosion côtière, les facteurs sont nombreux, mais l’issue reste la même : l’habitabilité de plusieurs territoires est fortement menacée face à l’intensification du changement climatique. En cinquante ans, les coûts liés à ces catastrophes climatiques ont été multipliés par six. Dans une récente étude, l’association UFC-Que choisir nous a alertés sur l’augmentation du prix des assurances habitation face aux événements climatiques de plus en plus violents et fréquents. L’année dernière, ces derniers auraient coûté plus de 5 milliards d’euros aux assureurs français. En 2050, nous avoisinerons le double, soit 10 milliards d’euros de dommages.Pour ceux qui doutent encore, le changement climatique a aujourd’hui des impacts visibles sur nos vies, notamment sur nos logements. Pour cause, un demi-million de foyers disparaîtront d’ici 2100 en raison du recul du trait de côte, et 48 % du territoire métropolitain est exposé au phénomène du retrait-gonflement des argiles, responsable de fortes dégradations.Face aux risques grandissants de détérioration des biens immeubles, il est impossible d’avancer sans les assureurs. Pour ce faire, il nous faut aussi adapter les pratiques assurantielles. Notre action climatique ne peut plus reposer uniquement sur l’atténuation des effets du dérèglement climatique. Nous devons sortir du paradigme actuel et tendre vers une nouvelle ère : celle de l’adaptation. En effet, si l’atténuation vise à traiter les sources, l’adaptation, dont il est question ici, permet de s’attaquer aux conséquences concrètes de ce dérèglement. Cela passe par l’adaptation de nos politiques publiques.Avec cette proposition de loi, nous pourrions permettre deux choses. D’une part, comme il est préconisé dans le rapport d’information de nos collègues Philippe Fait et Fabrice Barusseau, ce texte donnerait une valeur législative à la Tracc. Outre l’aspect symbolique, la prise en compte des évolutions climatiques deviendrait obligatoire dans les documents stratégiques locaux. D’autre part, ce texte viendrait mettre fin au principe de reconstruction à l’identique en cas de sinistre, pour privilégier une meilleure résistance aux catastrophes naturelles futures. En optant pour une reconstruction résiliente, le système assurantiel réparerait aujourd’hui, mais construirait aussi demain.En adoptant cette loi, nous pourrions aussi nous orienter vers un accès équitable à l’assurance pour tous et éviter les déserts assurantiels qui pourraient se développer dans plusieurs zones vulnérables. Tant pour les particuliers que pour les collectivités, l’assurance ne rimera plus seulement avec réparation, mais aussi avec adaptation.Je le rappelle, cette proposition de loi est une première en matière d’adaptation au changement climatique. J’espère qu’elle sera la première d’une longue lignée à l’Assemblée nationale. Au nom du groupe Socialistes et apparentés, je tiens à saluer le travail de notre collègue Fabrice Barusseau, rapporteur de ce texte. Nous soutenons évidemment cette proposition de loi essentielle pour assurer une meilleure adaptation au changement climatique sur le territoire français, et nous vous invitons, chers collègues, à voter en faveur de ce texte. (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et GDR.)

Je soutiens la proposition du rapporteur, qui a travaillé longuement à un ajustement du dispositif qui le rende acceptable. Face aux enjeux climatiques, il me semble important de faire fonctionner la solidarité.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).