Discours du 11 mai 2026
Charlotte Parmentier-Lecocq · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°228
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La Géorgie traverse une crise démocratique majeure. Depuis les élections législatives contestées d’octobre 2024, le pouvoir issu du parti Rêve géorgien a engagé une rupture nette avec la trajectoire européenne jusque-là poursuivie par le pays, au mépris de son statut de candidat à l’Union européenne, obtenu en décembre 2023.Les observations internationales ont fait état d’irrégularités majeures : pressions sur les électeurs, usage abusif des ressources publiques, déséquilibre médiatique, absence de garanties suffisantes quant à la transparence du scrutin. Dans les mois qui ont suivi, la répression s’est intensifiée : arrestations arbitraires de manifestants pacifiques, poursuites contre les opposants, pressions sur les médias indépendants, gel des comptes d’organisations de la société civile – autant d’atteintes graves à l’État de droit et aux libertés fondamentales.Cette dérive autoritaire s’inscrit dans un contexte géopolitique particulièrement préoccupant, marqué par une influence croissante de Moscou sur la vie politique géorgienne. Le refus des autorités géorgiennes de s’aligner sur plusieurs sanctions européennes contre la Russie ainsi que le rôle central et controversé de Bidzina Ivanichvili nourrissent des inquiétudes légitimes quant à l’avenir démocratique et européen du pays.Face à cette situation, la proposition de résolution que nous examinons porte une voix claire, ferme et cohérente. Elle réaffirme d’abord l’attachement de la France aux valeurs fondamentales de l’Union européenne : démocratie, État de droit, indépendance de la justice, liberté d’expression et pluralisme politique. Elle exprime ensuite une pleine solidarité avec le peuple géorgien, en particulier avec sa jeunesse, sa société civile, les ONG et les médias indépendants qui continuent de défendre courageusement un avenir démocratique et européen pour leur pays.Le texte condamne explicitement les atteintes aux droits fondamentaux et appelle à soumettre toute reprise du processus d’adhésion au respect effectif des critères démocratiques et à la tenue d’élections libres et conformes aux standards internationaux. Il invite également la France et l’Union européenne à soutenir activement les acteurs démocratiques géorgiens et à envisager des sanctions ciblées contre les responsables de cette dérive autoritaire.Le groupe Horizons & indépendants souhaite le redire clairement : la perspective européenne de la Géorgie doit demeurer ouverte, mais l’adhésion à l’Union européenne ne peut être dissociée du respect des valeurs démocratiques et de l’État de droit. Soutenir le peuple géorgien aujourd’hui, c’est défendre une certaine idée de l’Europe – une Europe fondée sur les libertés, le pluralisme et la souveraineté démocratique – face aux ingérences autoritaires.Pour toutes ces raisons, le groupe Horizons & indépendants votera en faveur de cette proposition de résolution européenne. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem. – Mme la rapporteure applaudit également.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).