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Discours du 12 mars 2025

Chloé Ridel · Grave crise politique, humanitaire et des droits de l'homme au Soudan, en particulier violences sexuelles et viols d'enfants

Monsieur le Président, c'est l'histoire d'une mère qui s'interpose entre les miliciens qui ont forcé la porte de chez elle et ses deux filles de 10 et 17 ans: «Si quelqu'un doit être violée ici, que ce soit moi.» C'est l'histoire de huit garçons partis ramasser des fruits, pris en embuscade, menacés avec une arme et violés. L'un d'eux avait six ans. C'est l'histoire de 130 femmes qui, en octobre dernier, ont préféré se suicider collectivement, plutôt que de vivre brisées dans un pays anéanti où elles seraient fatalement violées. C'est la tragédie du Soudan: 60 000 morts, 14 millions de blessés, des violences sexuelles massives, des viols en réunion, des mariages forcés, des enlèvements et de l'esclavage sexuel. C'est la litanie des violences de genre commises au Soudan, aujourd'hui, qui visent clairement à l'anéantissement physique et moral d'une population entière.

Quand j'entends que dans cet hémicycle, une partie des députés refusent que nous parlions des droits sexuels et reproductifs des Soudanaises, de leur droit à la contraception et à l'avortement, j'en tremble de honte, parce qu'ils ne savent pas que les femmes qui, là-bas, tombent enceintes après être violées vont jusqu'à se tuer ou à être reniées par leur propre famille.

Il faut voir qu'au chevet des milices du Soudan, il se trouve des pays étrangers qui les fournissent en armes. Nous attendons de la Commission européenne qu'elle fasse enfin respecter l'embargo sur les armes, décrété depuis 2004 et qui n'est toujours pas accepté. Il faut tout faire pour mettre fin à la tragédie des Soudanaises et des Soudanais.

Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.