Discours du 19 mai 2026
Christelle Minard · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°236
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Notre agriculture traverse une crise profonde : une crise économique, une crise de compétitivité, une crise de transmission et, au fond, une crise de cohérence publique.Depuis des années, nous imposons à nos agriculteurs toujours plus de normes, de contrôles, d’incertitudes, d’interdictions, tout en acceptant sur notre marché des produits qui ne respectent ni nos standards sanitaires, ni nos exigences environnementales, ni nos contraintes de production. (Applaudissement sur les bancs du groupe DR.)Cette contradiction n’est plus tenable. Notre balance agricole se dégrade un peu plus chaque année. Le groupe de la Droite républicaine refuse cette logique du déclassement.
Ce qui se joue aujourd’hui, c’est notre souveraineté alimentaire, notre capacité à nourrir les Français avec une production française.
Nous voterons pour ce texte parce qu’il contient des avancées utiles, qu’il simplifie certaines procédures, qu’il améliore le cadre applicable à l’élevage, qu’il cherche à mieux lutter contre certaines formes de concurrence déloyale.Toutefois, ce texte ne doit pas créer de nouvelles contraintes pour nos agriculteurs ni fragiliser des exploitations déjà au bord de la rupture. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.) Nous sommes ici pour améliorer les revenus des agriculteurs et leur donner les moyens de produire, pas pour organiser progressivement la décroissance et la disparition de notre agriculture.Prenons des cas concrets. Les volontés d’interdiction autour des captages concernent 80 % du territoire dans certains départements. Elles font naître une inquiétude immense. Imposer brutalement, contre l’avis des agriculteurs, le concept d’agriculture biologique sur plusieurs centaines de milliers d’hectares serait une aventure sans lendemain.
Les marchés ne peuvent absorber de tels bouleversements. Face à cet enjeu de santé publique, nous devons agir avec pragmatisme ; une approche idéologique du développement agricole ferait disparaître un grand nombre d’exploitations et des filières agricoles entières, sans pour autant apporter de réelles garanties sur la protection des captages. (M. Laurent Wauquiez applaudit.)Comment produit-on ? La réponse à cette question ne doit pas uniquement traduire une vision idéologique, elle recouvre aussi une réalité économique. Le principe de précaution ne doit pas être un principe de paralysie. Lorsque la précaution interdit sans proposer de solution réaliste, elle ne protège plus, elle condamne.Dans nombre de territoires, des éleveurs vivent déjà sous une pression économique extrême : hausse des charges, coût des mises aux normes, volatilité des marchés, sans parler de la prédation. Que répondre à l’éleveur qui subit des pertes économiques et souffre d’une profonde détresse psychologique ? Madame la ministre Barbut, votre volonté de revenir sur les avancées obtenues en commission pour ce qui concerne la gestion du loup est inacceptable pour nos éleveurs et nous nous y opposerons. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR. – M. Julien Dive, rapporteur, applaudit également.)Les partisans de la décroissance nous font croire que nos modèles agricoles seraient incompatibles avec la protection de l’environnement. Ils répètent à l’envi qu’il faut changer de système. Changer de système : tout un programme ! Pourtant, les pratiques de nos agriculteurs évoluent sans cesse, et notre agriculture est reconnue parmi les plus vertueuses au monde. Alors qu’elle subit déjà les normes de production les plus contraignantes, nous continuons à créer des règles supplémentaires que nos voisins n’appliquent pas.Le résultat de cette politique nous contraint à importer ce que nous avons empêché de produire chez nous. La vraie incohérence écologique, c’est cela ! (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)
Produire en France selon nos standards est objectivement plus vertueux qu’importer depuis des pays moins exigeants.
L’exigence environnementale est nécessaire, la santé est pour nous une priorité, mais la stigmatisation permanente du monde agricole est profondément injuste et doit cesser. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)Le groupe de la Droite républicaine combattra les surtranspositions, l’empilement normatif et les dispositifs qui, sous couvert de bonnes intentions, conduisent à l’asphyxie. Nous soutiendrons la simplification, la compétitivité, la souveraineté alimentaire et une écologie réaliste et pragmatique. Nous soutiendrons dans ce texte ce qui répond à son objectif initial : donner à nos agriculteurs les moyens de produire, de vivre de leur travail, de préparer l’avenir. Soyons, mes chers collègues, à la hauteur de ces enjeux. Merci, madame la ministre, chère amie, de ton engagement à nos côtés et à ceux de nos agriculteurs. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR. – M. le président de la commission des affaires économiques et M. Julien Dive, rapporteur, applaudissent également.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).