Discours du 28 avril 2026
Christian Girard · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°211
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Je souhaite appeler l’attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées sur la situation extrêmement préoccupante du centre hospitalier de Digne-les-Bains, établissement pivot d’un territoire des Alpes-de-Haute-Provence déjà fortement fragilisé par la désertification médicale. Fin 2025, cet hôpital affichait un déficit de 40 millions d’euros, dont près de 22 millions de factures impayées. La chambre régionale des comptes a qualifié cette situation d’alarmante.Au-delà des chiffres, c’est le fonctionnement même de l’établissement qui se dégrade. Faute de médecins en nombre suffisant, des services sont réorganisés, des équipes sont sous tension et la continuité des soins est fragilisée. Dans ce contexte, un plan d’efficience conditionnant une aide de l’État à hauteur de 15 millions d’euros prévoit 7 millions d’économies, notamment par des suppressions de postes. Comment comprendre que l’on demande à un hôpital en sous-effectif de réduire encore ses moyens humains ?Par ailleurs, cette crise a des répercussions directes sur l’économie locale. De nombreuses très petites, petites et moyennes entreprises (TPE-PME) dépendantes de l’hôpital subissent des retards de paiement qui mettent en péril leur trésorerie et parfois leur survie. Dans un territoire rural comme le nôtre, l’hôpital est à la fois un acteur de santé et un acteur économique structurant.Ma question est simple : quelles mesures concrètes et immédiates le gouvernement entend-il prendre pour garantir la continuité des soins à Digne-les-Bains, sécuriser durablement la situation financière de l’établissement et protéger les entreprises locales qui subissent les conséquences directes de cette crise ?
Je vous remercie de votre réponse. Vous évoquez des dispositifs d’accompagnement, l’engagement de l’agence régionale de santé (ARS) et la mise en place d’un plan de redressement, mais, sur le terrain, la réalité est tout autre : les équipes sont déjà à bout, les services sont réorganisés dans l’urgence et les tensions sur l’offre de soins sont bien réelles.Vous parlez de transformation et d’efficience, mais comment parler d’efficience quand il manque des médecins ? Quand les soignants quittent l’établissement et quand la seule perspective proposée est encore de réduire l’effectif ?On demande à un hôpital en difficulté de se redresser en diminuant ses moyens : la contradiction est majeure ! Au sujet d’un territoire dont l’attractivité médicale est déjà extrêmement faible, vous indiquez rechercher des solutions. Or les entreprises locales n’ont pas le temps d’attendre !Quand les paiements arrivent à quatre-vingt-dix jours, ce sont des emplois qui sont menacés, ce sont des trésoreries qui s’effondrent. La question n’est donc pas seulement celle d’un plan de redressement, c’est aussi celle d’un soutien immédiat et adapté à un territoire rural en grande tension.
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).