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Discours du 8 juillet 2026

Christophe Blanchet · Première session extraordinaire 2026 · séance n°7

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Il vise également à rétablir l’article, mais en y ajoutant la possibilité, pour les services de l’État, de fermer administrativement les lieux où sont vendus des produits de contrefaçon et de contrebande. Nous en avons discuté, monsieur le ministre : la contrefaçon, devenue un véritable fléau, représente près de 10 milliards d’euros de recettes fiscales non perçues – ce qui a un effet sur l’emploi et l’économie – et surtout des mafias organisées, structurées. J’ai eu la chance de consacrer deux rapports au sujet : des réseaux criminels se détournent des stupéfiants au profit de la contrefaçon, encore plus rentable et plus propice au blanchiment !Quant à la contrebande, il faut savoir que la moitié des paquets de cigarettes vendus en France depuis un mois l’ont été hors du réseau légal, celui des buralistes. Le tabac tue, c’est un fait acquis ; mais pour avoir, là encore, traité du sujet dans deux rapports, je peux vous affirmer que le tabac de contrebande tue encore plus,…

…puisque l’on y retrouve, contrairement à toute réglementation, des produits aussi nocifs que la mort-aux-rats, le ciment ou le cyanure ! En outre, ce trafic dénature nos paysages ruraux, où les bureaux de tabac font aussi office d’épicerie, de dépôt de pain ou autres commerces, et attaque notre modèle financier. Pour s’en tenir à son aspect sécuritaire, la contrebande de tabac représente, je le répète, la moitié des ventes. J’en ai fait la triste expérience il y a quelques mois : chez moi, en Normandie, je me suis rendu dans une épicerie de nuit…

…qui m’avait été dénoncée comme disposant de tabac.

Il était 23 heures ; j’ai demandé un paquet de cigarettes, on me l’a vendu. La fermeture administrative… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’orateur. – Quelques députés du groupe Dem applaudissent ce dernier.)

Depuis tout à l’heure, nous parlons du droit à la fête, qui est vital pour les jeunes et pour nous tous. Nous avons besoin de moments pour décompresser, mais il importe de pouvoir lâcher prise dans des lieux sécurisés, où nous ne sommes pas mis en danger. Les dispositions du texte qui seront, je l’espère, rétablies, prévoient précisément de sécuriser les jeunes qui se rassemblent dans les free parties. Il faut comprendre que ces événements font partie des nombreux modèles dans lesquels les jeunes peuvent se retrouver pour faire la fête, mais qu’il y en a bien d’autres – les clubs, les discothèques, les restaurants ou les bars à ambiance musicale. J’en parle d’autant mieux que je pense être le seul ici à avoir été patron d’une boîte de nuit pendant vingt-cinq ans. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.) J’ai eu la chance de côtoyer des jeunes pendant vingt-cinq ans, de pouvoir les accueillir en toute liberté et en toute sécurité. Je ne désire rien d’autre que cela : que les jeunes puissent s’amuser, mais en toute sécurité.D’autre part, vous avez dit que tous les DJ de la French touch s’étaient formés dans les rave-parties. C’est le cas de certains d’entre eux, comme Laurent Garnier, mais pas de tous : David Guetta a fait ses premières armes aux Bains douches, par exemple. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)

Les Daft Punk ont commencé par se produire en première partie de concerts londoniens et aux Trans Musicales de Rennes. Tout le monde ne vient pas des free parties ou des rave-parties, ne généralisons pas !Enfin, vous avez prétendu que les jeunes allaient dans les rave-parties parce que les autres soirées étaient trop chères.

C’est peut-être le cas chez vous, à Paris et en région parisienne, mais en province, beaucoup de lieux accueillent gratuitement les étudiants. C’est cela aussi, faire la fête. Arrêtons de stigmatiser la jeunesse et de la croire une et indivisible !

La parole est à M. Andy Kerbrat.

La parole est à M. Roger Vicot.

La parole est à M. Ian Boucard.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).