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Discours du 26 novembre 2025

Christophe Gomart · La position de l'UE sur le plan proposé et son engagement en faveur d'une paix juste et durable pour l'Ukraine (débat)

Monsieur le Président, Madame von der Leyen, chers collègues, une fois encore, l'Europe n'a pas été à l'initiative. Pas d'équipe de négociation. Pas de proposition de médiation. L'Europe s'est rangée derrière la position ukrainienne. Si c'est justifiable moralement, ce n'est pas entendable, ni sur un plan politique, ni sur un plan diplomatique. Les Européens commentent ce que font les Américains. Une fois encore, nous sommes dans la réaction et les propos incantatoires plutôt que dans l'action. Une fois encore, nous donnons le sentiment d'être prêts à nous battre jusqu'au dernier Ukrainien.

Soyons lucides, on ne garantit la paix que lorsqu'on est capable de faire la guerre. Et qui, ici, est prêt à faire la guerre? Quel pays ici est prêt à faire mourir ses enfants pour l'Ukraine? Ne levez pas tous la main! Si on pense qu'imposer des sanctions qui sont contournées ou que donner des armements trop peu et trop tard suffira pour faire plier la Russie, on se trompe. La victoire repose sur trois piliers: la résistance des soldats sur le front, la résilience et le soutien de la population, et des armes en quantité suffisante.

Or le front ukrainien recule. La population ukrainienne doute, avec les scandales de corruption en chaîne qui touchent leur président, et nous ne fournissons clairement pas assez d'armes et de munitions – pas parce que nous ne voulons pas, mais parce que nous n'avons pas toujours la capacité de fournir plus. C'est ce dernier point qui fait défaut. Soyons cohérents et lucides. Notre dépendance aux Américains, sur le plan des moyens comme des structures de commandement, nous empêche d'être libres, de décider et d'agir.

Nous serons en effet en mesure de nous défendre par nous-mêmes et pour nous-mêmes quand, au-delà d'un réarmement sincère, nous aurons notre propre état-major européen en mesure de planifier et de conduire une guerre de manière autonome. Donnons-nous les moyens de créer le plus tôt possible cet état-major. Comme ancien chef militaire, je sais que, gagner une guerre, c'est aussi être capable d'avoir un temps d'avance et de surprendre. Alors agissons autrement pour créer notre propre architecture de sécurité.

Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.