Discours du 26 novembre 2025
Christophe Gomart · L'état de droit et la situation des droits de l'homme en Tunisie, et notamment le cas de Sonia Dahmani
Monsieur le Président, chers collègues, il y a quelques jours, j'ai rencontré la sœur de Sonia Dahmani. Son témoignage m'a profondément touché. Sonia est avocate, elle défendait l'état de droit. Aujourd'hui, elle est derrière les barreaux pour avoir simplement exercé sa liberté de parole. Sa famille vit dans la peur. Comment rester indifférent?
Depuis 2021, Kaïs Saïed a méthodiquement concentré tous les pouvoirs: dissolutions d'institutions indépendantes, procès contre l'opposition, journalistes intimidés, décrets liberticides. La Tunisie, autrefois symbole d'espoir démocratique, glisse aujourd'hui vers l'autoritarisme. Les chiffres parlent d'eux-mêmes: plus de 70 opposants poursuivis arbitrairement, une presse muselée et un pays classé au 129ᵉ rang mondial pour la liberté des médias.
Pendant ce temps, l'Union européenne continue de verser des milliards d'euros d'aides. Nous ne pouvons pas continuer d'accueillir les ressortissants, de soutenir leur économie sans exiger en retour le respect des droits de l'homme qui figure dans nos accords. Il est temps d'arrêter de se laisser intimider, instrumentaliser par des régimes qui tournent le dos à la démocratie. Nous avons du poids, nous avons des principes. Servons-nous en, soyons plus fermes dans nos conditions. Pour la crédibilité de l'Europe, exigeons des actes pour Sonia Dahmani et pour les Tunisiens qui se battent pour leur liberté.
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.