Discours du 10 février 2026
Christophe Gomart · Bâtir une défense européenne plus solide dans un contexte international de plus en plus incertain (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, chers collègues, trop d'entre nous prétendent encore que pour réarmer vite, l'Europe doit acheter à l'étranger. C'est absolument faux et c'est dangereux.
Comment bâtir une défense de l'Europe crédible en niant nos propres capacités industrielles? Comment réduire notre dépendance stratégique aux États-Unis en achetant toujours plus américain? La réalité est la suivante: l'Europe peut répondre à ses besoins. Elle dispose de 6 000 entreprises de défense. Appuyons-nous aussi sur l'Agence européenne de défense, sous-utilisée, dont la mission est justement de savoir qui fait quoi. Agir vite, c'est s'appuyer sur l'existant.
Nous ne sommes pas plus lents que nos concurrents. Ils subissent les mêmes contraintes industrielles. Nos chaînes robotisées attendent les commandes. Non, les États-Unis ne livrent pas plus vite. Ils livrent même moins vite, parfois pas du tout, car leur priorité, c'est leurs propres intérêts. Les F-35 roumains commandés en 2024 ne seront pas livrés avant 2030, quand ses concurrents européens sont livrés en trois ans. La dépendance américaine, c'est aussi ne rien avoir au final, l'épisode des sous-marins australiens nous le démontre crûment.
Ne nous laissons pas intoxiquer, achetons européen et créons enfin le seul véritable outil qui nous manque pour conduire un conflit de haute intensité: un état-major de défense européen.
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.