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Discours du 8 juillet 2026

Christophe Marion · Première session extraordinaire 2026 · séance n°7

L’article 1er du projet de loi Ripost n’est pas une option, mais une absolue nécessité. Comment peut-on rester les bras croisés, alors que nos policiers et nos gendarmes sont pris pour cibles avec des mortiers d’artifice transformés en armes, alors que des lieux, publics et privés, sont vandalisés et que des vies sont brisées par des explosions ou par des manipulations hasardeuses ? Dans ma circonscription, voici quelques semaines, en marge d’une fête lycéenne, des individus ont tiré des chandelles romaines contre les forces de l’ordre, créant un véritable mouvement de panique et un confinement dans une crèche toute proche. Est-ce acceptable ?Ces produits pyrotechniques ne sont plus des accessoires de fête ; ils sont devenus des instruments de violence, des armes de destruction, et leur banalisation est un véritable danger pour notre société. C’est pourquoi, à l’instar du gouvernement, nous soutenons le rétablissement de cet article 1er. Parce que prévenir, c’est protéger, et parce que réguler, c’est, à terme, sauver des vies.Cet article, c’est le bon sens en action. Un commerce irresponsable ? Un commerce fermé ! Un risque avéré ? Un produit saisi !Ces mesures ne sont pas répressives, elles sont préventives. Elles ne visent pas à punir, mais à éviter le pire : des blessés, des dégâts, des drames. C’est pourquoi nous soutenons le rétablissement de cet article. ( M. Bertrand Sorre applaudit.)

Nous soutenons bien évidemment le rétablissement de l’article 2, parce qu’il délictualise enfin l’organisation de raves-parties illégales : il sanctionne les organisateurs de deux ans de prison et de 30 000 euros d’amende, assortis de la confiscation systématique du matériel utilisé pour commettre l’infraction, et les participants, de six mois de prison et de 7 500 euros d’amende.C’est indispensable parce que ces raves-parties sont non pas des fêtes, mais des bombes à retardement pour nos territoires ! Ce sont des bombes sonores, qui détruisent la tranquillité de nos villages et de nos villes : elles provoquent des nuisances insupportables pendant quarante-huit, voire soixante-douze heures, parfois plus.

Ce sont des bombes agricoles : les cultures sont piétinées, saccagées ;…

…les terres sont labourées par des centaines de participants, des milliers parfois,…

…qui traversent les champs pour échapper aux contrôles. Ce sont des bombes routières : des piétons ivres, parfois sous l’emprise de stupéfiants, traversent les routes dans le noir ; les conducteurs sont parfois dans le même état.

Enfin, ce sont des bombes financières : chaque événement mobilise plusieurs centaines de gendarmes, de pompiers, de médecins, alors que nos forces de l’ordre ont bien assez à faire avec la délinquance du quotidien. Non, ces rassemblements ne sont pas des manifestations culturelles ; ce sont des troubles à l’ordre public.Quelle est l’alternative à ce projet de loi Ripost ? Laisser faire et voir des campagnes devenir, dans certains endroits, des zones de non-droit ; laisser nos agriculteurs perdre leurs récoltes sans aucune indemnisation ; laisser agir nos forces de l’ordre, alors qu’elles sont épuisées par le travail qu’elles mènent au quotidien.

Attention, nous ne sommes pas contre les fêtes, comme je l’entends dire ! Des rave-parties légales existent ; des festivals, des fêtes de village sont organisées partout en France.

Dans ma circonscription, il y a des fêtes de village chaque semaine, et nous défendons la liberté de danser, y compris gratuitement – même si, personnellement, je ne danse pas.

Nous encourageons les organisateurs à proposer des événements légaux, qui garantissent à tous un minimum de sécurité. C’est pourquoi nous proposons une rédaction équilibrée, qui intègre les ajouts des sénateurs et les amendements adoptés en commission, comme l’abaissement de l’amende forfaitaire délictuelle à 500 euros… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’orateur. – Les députés du groupe EPR et quelques députés du groupe DR applaudissent ce dernier.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).