Discours du 13 janvier 2026
Christophe Proença · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°111
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Le texte que nous examinons aujourd’hui ne vise pas à approuver ou à rejeter les Jeux olympiques et paralympiques (JOP) d’hiver de 2030, mais à fixer les conditions nécessaires à leur bon déroulement sur les plans sportif, éthique, social et environnemental, en tenant compte des spécificités des territoires de montagne. Il prévoit des dispositions pour la formation des bénévoles, le renforcement de la lutte antidopage et la mise en valeur d’un modèle de développement sobre et équilibré. J’ai tenu en tant que rapporteur, tout au long de ce travail parlementaire, à ce que la transparence soit au cœur de ce projet de loi, afin de dissiper les éventuels doutes et d’éviter les polémiques que nous avons connues lors de l’examen du projet de loi sur les Jeux olympiques et paralympiques de 2024. L’exigence de clarté et de responsabilité doit être le fil conducteur de l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2030.Le choix d’organiser les Jeux d’hiver au cœur des Alpes françaises ne doit rien au hasard : près de 90 % des infrastructures nécessaires sont déjà existantes. Héritées notamment des Jeux d’Albertville de 1992, ces installations démontrent qu’un grand événement sportif peut laisser un héritage durable lorsqu’il s’appuie sur des équipements utiles à long terme. Les Jeux de 2030 s’inscrivent pleinement dans cette dynamique : ils reposeront, par exemple, sur la réutilisation d’équipements existants et emblématiques tels que la piste de bobsleigh de La Plagne, la piste de descente de Val-d’Isère ou encore le tremplin de saut de Courchevel. Ils seront également l’occasion d’accueillir de nouvelles disciplines, telles que le gravel ou le trail, qui incarneront une vision renouvelée d’une montagne plus durable, plus accessible et tournée vers l’avenir. Plusieurs équipements laisseront, eux aussi, un héritage concret : les ascenseurs valléens reliant Aime à La Plagne et Bozel à Courchevel, par exemple, faciliteront l’accès aux stations tout en réduisant la circulation automobile. D’autres projets structurants répondront à des besoins durables et largement partagés, bien au-delà des Jeux olympiques et paralympiques : je pense en particulier à la modernisation de la ligne ferroviaire Briançon-Marseille et à la création de logements pour les saisonniers, des projets longtemps attendus tant par les élus locaux que par les usagers.L’Assemblée nationale a elle aussi joué pleinement son rôle dans la définition de l’équilibre financier de ces jeux. Je me réjouis que notre hémicycle ait adopté un amendement permettant aux deux régions candidates et retenues, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes, de participer pleinement à l’effort collectif pour leur organisation. Ainsi, l’État contribuera à hauteur de 362 millions d’euros, les régions hôtes à hauteur de 184 millions d’euros, et près de 1,5 milliard d’euros proviendront du Comité international olympique (CIO), des sponsors et de la billetterie, illustrant ainsi un partage équilibré des obligations entre acteurs publics et privés.Sur le volet environnemental, l’Assemblée nationale a obtenu, grâce à l’action de notre groupe, la suppression de l’article 18 bis introduit au Sénat et qui prévoyait une exonération de l’objectif ZAN – zéro artificialisation nette. Le Cojop, Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques, devra fournir une estimation précise de l’impact environnemental des Jeux et organiser au moins une réunion publique dans chaque commune et bassin de vie concernés pour informer et sensibiliser les habitants. La concertation locale reste au cœur du dispositif : plusieurs réunions, comme celle qui s’est tenue à Saint-Jean-de-Sixt le 7 novembre dernier, ont déjà permis un dialogue ouvert avec les habitants.L’article 35, relatif à la vidéosurveillance algorithmique, soulève des enjeux importants pour nos libertés publiques. Mon groupe et moi-même réclamons un encadrement strict, limitant son usage dans le temps et l’espace. Même si cette technologie peut protéger les personnes, notamment par la détection d’objets abandonnés, elle comporte des risques de discrimination difficiles à maîtriser. Sécuriser les JO, oui ; mais sans renoncer à l’État de droit.Cependant, nous avons obtenu de nombreuses avancées, notamment à l’article 27 bis, qui limite la publicité sur les monuments labellisés « architecture contemporaine remarquable » aux seuls territoires accueillant une épreuve, ce qui concerne à ce jour les départements de la Haute-Savoie, de la Savoie, des Hautes-Alpes et des Alpes-Maritimes. C’est une mesure de cohérence et de respect du patrimoine que nous saluons.Mais ce n’est pas tout : pour assurer une transparence durable, plusieurs amendements déposés par mon groupe ont permis notamment qu’à la fin des Jeux, le gouvernement remette au Parlement un rapport sur l’éventuel excédent d’exploitation, et qu’un député et un sénateur siègent dans le comité d’éthique et le comité des rémunérations du Cojop pour en suivre le fonctionnement ; par ailleurs, le Cojop remettra chaque année un rapport détaillé sur les vingt rémunérations les plus élevées parmi ses dirigeants.Enfin, il convient de souligner un progrès majeur : l’insertion d’un nouvel article dans le code du sport qui garantit que les sportifs français, membres d’un club français et convoqués pour participer aux Jeux olympiques et paralympiques, d’hiver ou d’été, puissent représenter leur pays librement. Ce droit fondamental permettra à nos athlètes de porter fièrement les couleurs de la France, un honneur auquel aucun club ne doit pouvoir s’opposer.Trente-huit ans après Albertville et six ans après le succès des JO de Paris 2024, l’accueil des JO de 2030 va représenter pour la France une formidable chance à saisir.C’est dans cet esprit de responsabilité, de clarté et d’exigence que mon groupe votera pour ce projet de loi. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur plusieurs bancs du groupe DR. – Mme Géraldine Bannier applaudit également.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).