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Discours du 31 octobre 2025

Clémentine Autain · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°24

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De quoi allons-nous parler lors de nos débats sur l’article 3 du budget de l’État ? Et pourquoi est-il si fondamental ?Il s’agit de prendre la mesure de la structuration actuelle de la fortune des milliardaires et de tous les mécanismes qui font écran à leur contribution juste à l’impôt. Je pense en particulier au mécanisme des holdings, aux niches fiscales et à toutes ces façons de faire de l’optimisation fiscale qui permettent aux milliardaires de payer, en proportion de leurs revenus, deux fois moins d’impôts que leurs secrétaires ou leurs chauffeurs.

Nous voulons dénoncer le fait que la France est devenue un paradis fiscal, en particulier depuis qu’Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS.) C’est ce que nous devons impérativement changer !Je me réjouis de constater que, depuis que nous avons pris l’initiative, avec mon groupe et ma collègue Eva Sas, de soumettre la taxe Zucman au vote de cet hémicycle, un débat s’est imposé à l’échelle nationale. Les ultrariches ont fait sécession et, maintenant que nous regardons cela en face, nous devons impérativement faire en sorte d’y mettre fin. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)

L’article 3 permet de mettre fin à leur séparatisme fiscal et de les empêcher de structurer leur richesse tel qu’ils le font aujourd’hui.Madame la ministre, votre taxe sur les holdings n’est qu’une mesurette qui a tout d’une passoire, car elle ne permettra pas de déjouer les mécanismes d’optimisation. Nous voulons la taxe Zucman. Nous la voulons franchement et pas légèrement, nous la voulons en entier et pas à moitié, …

…et j’espère que l’hémicycle sera en phase avec les 86 % de Français qui sont favorables à cette taxation des ultrariches. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)

Elle le devient !

Non, elle paye en nature !

Avoir des trous n’est pas un défaut pour une passoire, mais quand il s’agit de s’attaquer à l’optimisation fiscale, l’effet passoire nous fait rater la cible. C’est continuer à croire au miracle du ruissellement, alors que tout le monde voit bien que vos cadeaux aux milliardaires et aux multinationales s’empilent, qu’ils sont un échec doublé d’une injustice.Il faut bel et bien s’attaquer aux holdings, qui sont le biais utilisé par les milliardaires pour échapper à l’impôt – ils s’enrichissent de 8 % à 10 % chaque année. Vous êtes contraints de proposer une taxe sur les holdings, parce qu’il existe une pression populaire. Il est en effet insupportable de faire porter l’effort sur les gens qui travaillent, dont certains dorment dans leur voiture, sur les étudiants, qui n’arrivent ni à se loger ni à se nourrir correctement, sur les retraités, sur les petites entreprises, qui font tenir l’économie locale et l’économie utile.Or votre proposition comporte une liste d’exonérations longue comme le bras. Je veux d’ailleurs saluer la créativité du gouvernement, mais seulement dans ce domaine. Là où il faudrait un plancher incompressible, comme le propose la taxe Zucman, vous faites l’inverse : vous créez un panier percé, qui fuit de toutes parts, jusqu’à devenir une véritable machine à optimisation. Vous vous revendiquez de la taxe américaine, mais je vous ferai remarquer qu’elle ne prévoit pas ce genre d’exonérations. Le résultat, c’est que votre rendement pour les comptes publics s’élèvera à 1 milliard, quand la taxe Zucman rapporterait environ 20 milliards.

Votre taxe sur les holdings ne fera passer l’imposition totale sur les ultrariches que de 25 % à 26 %, pendant que toutes les autres classes sociales, l’écrasante majorité des Français, continueront à payer en moyenne 50 % en proportion de leurs revenus.

Elle est là, l’injustice. Elle est là, la faille profonde de votre taxe ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).