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Discours du 7 janvier 2026

Clémentine Autain · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°104

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Face à la bascule du monde, la vassalisation ne peut pas être la voie choisie par la France et la loi du plus fort ne peut remplacer le droit international. Or vous êtes incapables d’opposer un refus clair à l’offensive de Trump, à l’ordre du monde qu’il veut imposer avec l’aide d’une internationale autoritaire et réactionnaire.La capture de Maduro, au mépris des règles internationales, s’inscrit dans un bouleversement plus global marqué par la dévalorisation des institutions onusiennes et par le retour des impérialismes. Que la France et l’Union européenne soient à ce point effacées et soumises à Trump est le signe d’une déroute profonde. C’est comme si nous pouvions tout avaler, de la hausse des droits de douane au bannissement du sol américain de l’ancien commissaire européen Thierry Breton, en passant par l’idée d’une « riviera » à Gaza ou par l’exclusion de l’Afrique du Sud de la première réunion du G20 sous présidence des États-Unis.De même, si nous nous réjouissons de la perspective d’un cessez-le-feu en Ukraine assorti de garanties de sécurité – mais lesquelles ? –, l’annonce par le chef de l’État français que des mécanismes de surveillance du cessez-le-feu seront placés « sous un leadership américain » a de quoi inquiéter sérieusement. Trump, pour garantir l’application d’un accord, du droit ? Comment un homme dont les seules obsessions sont de mettre la main sur les ressources naturelles des autres et de dominer le monde peut-il être digne de cette confiance ?Notre place, notre rôle, c’est d’être fermement alignés avec nos principes ; c’est de proposer une coalition diplomatique et de défense (Mme Christine Arrighi applaudit) pour porter une autre vision du monde, fondée sur la justice et la coopération, et à même de nous protéger. Nous n’avons pas à être fidèles à un camp mais à une vision de la mondialité qui repose sur le droit et sur la mise en commun. S’asseoir sur ce que nous avons à défendre revient à se déshonorer et à se mettre en danger. Quand Trump aura tenu sa parole en s’attaquant au Groenland – car il la tiendra –, que direz-vous, que ferez-vous ? Jusqu’où ira votre esprit de soumission ? (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).