Discours du 21 mai 2026
Cyrielle Chatelain · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°241
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Redisons-le très clairement : les écologistes se sont toujours opposés aux traités de libre-échange, que ce soit au niveau européen ou national – pas la peine de mentir, cher collègue. Je sais que vous êtes à court d’arguments, mais le mensonge, c’est extrêmement bas. (Mme Lisa Belluco applaudit.)
Madame la ministre, en vous prononçant sur l’amendement précédent, vous avez expliqué qu’il fallait savoir écouter la sagesse des Français et vous avez cité un sondage. Les débats qui se fondent sur des sondages ont leurs limites, mais si vous voulez tenir compte de l’avis des Français, il faut en tenir compte sur tous les sujets. Nous débattons de la question de l’eau et de ses usages, qui est justement au cœur d’un sondage publié au mois de mai. Les résultats de cette enquête menée par Ipsos, un institut de sondage reconnu et légitime, sont intéressants : sans surprise, « garantir l’eau potable pour la population » est une priorité pour 93 % des Français, et c’est même la première des priorités pour 61 % d’entre eux. Pour 84 % des Français, « maintenir un niveau suffisant des cours d’eau pour garantir le renouvellement de la ressource et protéger la vie aquatique et la biodiversité » figure également au rang des priorités – c’est la principale pour 25 % des sondés.Vous avez donné un avis défavorable à tous les amendements que nous avons présentés depuis ce matin et qui correspondent pourtant à ces objectifs – préserver la ressource et la biodiversité.Il est aussi intéressant de regarder ce qui ne constitue pas une priorité aux yeux des Français. Ainsi, seuls 18 % des sondés considèrent que « garantir de l’eau pour l’irrigation des cultures destinées à l’exportation » est une priorité – ce n’est la principale que pour 3 % d’entre eux. (Mme Dominique Voynet applaudit.)Or vous avez rejeté l’ensemble des amendements qui tendaient à déclarer prioritaires les cultures alimentaires et vivrières. Alors que, depuis ce matin, les Écologistes se battent pour que les usages prioritaires de l’eau servent la biodiversité et les cultures vivrières, vous faites précisément l’inverse. Madame la ministre, la sagesse des Français vaut sur tous les sujets. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS. – M. Olivier Faure applaudit également.)
Essayons l’écologie !
Madame la ministre, vous n’avez pas approfondi mon propos,…
…vous l’avez recadré. Je vous faisais remarquer que vous aviez tendance à être très sélective quand vous vous en remettiez à la sagesse des Français : vous sélectionnez les chiffres que vous mettez en avant – vous ne m’avez d’ailleurs pas répondu sur ce point. Si les Français doivent être écoutés car ils sont sages, il faut prendre en considération les choix qu’ils considèrent comme prioritaires. Il est normal que nous ayons par ailleurs un débat pour savoir dans quelle zone telle ou telle solution est pertinente, mais vous ne pouvez pas balayer l’avis des Français d’un revers de la main quand il ne vous convient pas.Il faut particulièrement tenir compte de leur avis s’agissant des priorités en matière de préservation de l’eau et de la biodiversité. Ils ont en effet conscience que cette ressource devient rare car ils subissent les restrictions sur leur territoire. Quand ils habitent dans une zone rurale, en particulier agricole, ils voient aussi leurs voisins subir le manque d’eau. Ils ont donc conscience que préserver cette ressource est la priorité. Je le répète : s’il faut écouter les Français, il faut les écouter sur tous les sujets. Nous aurons le même débat sur la question des pesticides, car plus de 60 % des Français sont pour la protection des zones de captage.
Nous avons présenté par deux fois une proposition de loi en ce sens ; par deux fois, vous vous y êtes opposés. Vous êtes donc très sélective.Par ailleurs, s’agissant de la question économique et de la préservation de l’eau, je vous ferai remarquer – je pense que l’on vous fait les mêmes retours – que la canicule affecte la production de lait et que les gelées tardives consécutives à un redoux dérèglent tout. Ainsi, cette année, il a fait très chaud en janvier et en février, et il a neigé en mai. La question climatique affecte l’économie, même si vous préférez ne pas le voir. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).