Discours du 15 décembre 2021
Damien Carême · Proposition de décision du Conseil relative à des mesures provisoires d'urgence concernant la frontière extérieure avec la Biélorussie, sur la base de l'article 78, paragraphe 3, du traité FUE (suite du débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Vice-président, pendant qu’à la frontière des innocents meurent, vous déclenchez un mécanisme d’urgence, mais pas pour organiser la solidarité, non! Un mécanisme d’urgence pour légaliser, quoi que vous en disiez, la violation des droits humains et du droit d’asile. C’est une honte!
«Détention arbitraire et prolongée», «procédures accélérées», «retour»: ces mots n’ont aucun sens. À quoi sert de condamner l’instrumentalisation de ces chercheurs de refuge par Loukachenko, quand vous la pratiquez de manière éhontée?
Oui, il y a urgence. Une urgence humanitaire. 4 000 enfants, femmes et hommes agonisent et se terrent dans la forêt et le froid à cause de votre manque d’humanité qui entache toute l’Europe. 4 000. Une goutte d’eau dans l’océan des 450 millions d’Européens et en aucun cas une menace. Il y a urgence à sortir par le haut de cette situation en accueillant ces êtres humains. Ce n’est pas céder au chantage de Loukachenko que de faire cela. Au contraire, c’est se prémunir contre de futurs chantages de ce type en démontrant que l’arrivée de quelques milliers de migrants ne peut déstabiliser un continent.
Construire un mur, par contre, revient bien à céder. C’est l’aveu de faiblesse que la Biélorussie espérait obtenir. L’urgence est enfin de rester sans trembler sur nos valeurs européennes, sur l’immuabilité des droits humains et des conventions internationales.
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.