Discours du 2 juin 2025
David Guiraud · Session ordinaire 2024-2025 · séance n°222
Le débat est intéressant. Le statut de microentrepreneur fonctionne tellement bien que je vais vous donner leur salaire moyen : 560 euros par mois en 2019 et 590 euros par mois en 2023. Si pour vous, le dispositif fonctionne bien, je comprends que vous ne vous rendiez pas compte que vous avez mis la société française de travers. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)Plusieurs collègues, notamment M. Jean-René Cazeneuve, nous ont accusés d’être dans une contradiction en défendant les microentrepreneurs tout en dénonçant les effets précarisants de leur statut. Je comprends que pour eux, c’est un sacrilège que de défendre des Français qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts.Pire, on vient de nous reprocher d’oser dénoncer un statut précarisant, alors que certains députés LFI ont, dans une autre vie, été microentrepreneurs. Dois-je vous apprendre, monsieur Cazeneuve, qu’on vit dans une société avec toute sa complexité et toutes ses contradictions, nous y compris. Et vous, quand vous détruisez la sécurité sociale, cela ne vous empêche pas de vous rendre chez le médecin en affichant un sourire Colgate triple XL car votre carte Vitale permet de vous faire rembourser les soins. (« Eh oui ! » sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)Notre critique de fond, c’est qu’à travers ce dispositif des microentrepreneurs, vous vous inscrivez dans la droite ligne de ce que fait Emmanuel Macron depuis qu’il est élu président de la République : utiliser la TVA pour ponctionner, pour vampiriser toujours plus les Français, notamment ceux qui bossent, afin d’alimenter les caisses du grand patronat et de compenser les exonérations de charges sociales et les suppressions d’impôts, à hauteur de plus de 100 milliards d’euros. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Et dans le droit fil de cette stratégie, la TVA sociale est en train d’arriver… Vous l’avez déjà fait une fois sous Macron et vous voulez recommencer à hauteur de plus de 200 milliards d’euros, volés ainsi aux Français pour pouvoir enrichir les grands groupes. C’est bien pourquoi nous sommes contre cette proposition de loi. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).