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Discours du 26 mars 2026

Delphine Lingemann · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°181

Face aux désordres du monde, la souveraineté n’est pas un slogan, elle est une exigence qui nous oblige à agir concrètement dans tous les domaines où notre responsabilité de législateur à décider et à protéger est en jeu. C’est le sens de la niche parlementaire du groupe Les Démocrates : proposer des textes utiles, qui renforcent notre résilience et notre capacité d’action, car la souveraineté ne se décrète pas, elle se construit, pas à pas, par des politiques publiques efficaces, au plus près des besoins de nos concitoyens.Parmi ces besoins, il en est un qui ne peut souffrir aucune approximation : nous devons être plus résilients face aux crises de toute nature qui surgissent et pouvoir compter, à tout moment, sur des services de secours opérationnels, organisés et reconnus. Tel est précisément l’objet de la proposition de loi que défend notre groupe par la voix de notre collègue Jean-Carles Grelier. Ce texte vise à doter enfin les personnels de santé des Sdis d’un cadre d’emploi clair, cohérent et attractif.Les chiffres sont sans appel : près de 86 % des interventions des sapeurs-pompiers relèvent du secours et des soins d’urgence aux personnes. Nous voyons tous dans nos circonscriptions que le cœur de leur activité est désormais médical. Pourtant, les professionnels de santé ne représentent qu’une part très minoritaire de leurs effectifs. En outre, alors que les besoins augmentent, les vocations se raréfient. Ce déséquilibre, qui n’est pas soutenable, s’explique en grande partie par un cadre juridique éclaté, peu lisible, qui nuit à la reconnaissance, au recrutement et à la fidélisation des médecins, infirmiers, pharmaciens, psychologues et vétérinaires – professionnels dont les missions essentielles sont insuffisamment structurées.Le texte apporte une réponse concrète à cette situation. Il clarifie les missions en distinguant mieux ce qui relève du secours d’urgence, de la prévention et de l’aptitude opérationnelle. Il renforce l’organisation en consacrant une coordination pluridisciplinaire et une véritable structuration du service de santé. Il sécurise les statuts en apportant un cadre plus cohérent à l’exercice des professionnels. Autrement dit, il donne enfin de la lisibilité à un système qui en manquait cruellement.L’enjeu est profondément politique puisqu’il s’agit de garantir la continuité et la qualité des soins dans l’ensemble du territoire, de soutenir en particulier les territoires ruraux et ultramarins dans lesquels l’accès aux soins est fragile et de renforcer notre souveraineté sanitaire et notre capacité de réponse face aux crises. Car il n’y a pas de souveraineté sans résilience, et donc sans sécurité civile forte. Il n’y a pas de sécurité civile efficace sans professionnels de santé reconnus, formés et engagés.En soutenant cette proposition de loi, nous faisons clairement le choix de la responsabilité, de l’efficacité et de la reconnaissance envers celles et ceux qui s’engagent chaque jour pour protéger et sauver des vies. Le groupe Les Démocrates espère donc que ce texte sera adopté à l’unanimité, comme lors de son examen en commission. (Applaudissements sur les bancs des groupes Dem et EPR ainsi que sur les bancs des commissions.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).