Discours du 20 juillet 2026
Delphine Lingemann · Première session extraordinaire 2026 · séance n°21
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Pas moins de 5 milliards de téléspectateurs ont suivi les Jeux olympiques de Paris 2024 ; 32 millions, le Tour de France ; 20,2 millions, la bien triste demi-finale France-Espagne du Mondial de foot, il y a quelques jours. Ces chiffres vertigineux disent une chose simple : le sport rassemble. Le sport transcende les générations, dépasse les frontières et fédère autour d’un même espoir : voir triompher son équipe, son athlète, ses couleurs.Toutefois, derrière cette ferveur populaire se cache une réalité beaucoup moins enthousiasmante : le modèle économique du sport professionnel français est aujourd’hui fragilisé. Dans un univers où les flux financiers explosent, où les compétitions s’internationalisent et où la dépendance aux droits audiovisuels ne cesse de croître, l’équilibre des clubs devient de plus en plus précaire. Le constat est préoccupant : certains ne tiennent que grâce à l’apport de capitaux extérieurs ou à la vente régulière de leurs meilleurs joueurs. La crise récente des droits audiovisuels a brutalement rappelé cette vulnérabilité. Lorsque la principale source de financement vacille, c’est toute la stabilité financière des clubs qui est menacée. À cette fragilité économique s’ajoute une crise de gouvernance : conflits d’intérêts, manque de transparence, rémunérations parfois déconnectées des réalités, autant de dérives qui nourrissent la défiance et fragilisent durablement notre modèle.Face à ces défis, la proposition de loi apporte des réponses concrètes. Le groupe Les Démocrates souhaite remercier Mme la ministre d’avoir permis l’inscription de ce texte à l’ordre du jour de notre assemblée et d’avoir accepté qu’il soit enrichi par les travaux parlementaires. Cette proposition de loi repose sur une conviction simple : le sport professionnel doit être performant, mais il doit aussi être exemplaire – exemplaire dans sa gestion, exemplaire dans sa gouvernance, exemplaire vis-à-vis de ses supporters, exemplaire enfin envers le sport amateur, dont il demeure l’un des principaux soutiens. Les députés Démocrates considèrent que le sport professionnel doit être une véritable locomotive pour le sport amateur et la pratique sportive, mais aussi une source de revenu essentielle pour les fédérations.Le texte renforce la transparence, consolide les mécanismes de contrôle financier, encadre davantage les dirigeants et les agents sportifs, tout en apportant une réponse attendue au piratage des retransmissions, qui prive le sport de ressources essentielles. À cet égard, je tiens à saluer le travail de notre collègue Sophie Mette. (Mme Maud Petit applaudit.) Les avancées introduites en commission permettront aux ayants droit d’agir plus rapidement grâce à un dispositif automatisé, placé sous l’autorité de l’Arcom, permettant d’interrompre les diffusions illicites. C’est une avancée majeure pour protéger le financement de notre sport.Je veux également saluer les avancées obtenues en faveur de la féminisation du sport professionnel – combat que je soutiens et sur lequel nous reviendrons grâce à un texte défendu avec mes collègues de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes. En consacrant un principe de solidarité entre les secteurs masculin et féminin, notamment sur le plan financier, et en permettant à une même ligue professionnelle d’assurer le développement des deux compétitions, nous faisons le choix d’un modèle plus cohérent, plus équitable et plus ambitieux. Le sport féminin ne doit pas être une variable d’ajustement ou une simple vitrine ; il doit être aussi, et surtout, une composante à part entière de l’avenir du sport français.Je veux enfin souligner le renforcement de nos outils de régulation financière. Cela ne vous surprendra pas, je vais notamment vous parler du salary cap, que nous avons défendu. Celui-ci n’est aucunement un frein à l’ambition. C’est une garantie contre les excès ; le rugby français en apporte la démonstration au quotidien et lors de chaque championnat. En favorisant une concurrence plus équilibrée et une gestion plus saine, il a largement contribué à faire du Top 14 l’un des championnats les plus attractifs au monde.Au fond, cette proposition de loi nous invite à retrouver un équilibre entre ambition et responsabilité, entre attractivité internationale et équité, entre performance sportive et soutenabilité économique. Ce sont tous ces équilibres qui permettront à notre sport professionnel de rester compétitif sans renoncer à ses fondements.Le groupe Les Démocrates votera donc ce texte avec conviction. La grandeur d’un championnat ne se mesure pas seulement au nombre de ses trophées ; elle se mesure aussi à sa capacité à durer, à inspirer et à demeurer fidèle aux valeurs qui font du sport un bien commun. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem et sur les bancs des commissions.)
Je tiens tout d’abord à remercier mon collègue et voisin de circonscription, Jean-Pierre Vigier, qui a défendu ce texte si attendu dans nos territoires de montagne, en Auvergne comme ailleurs. Je me tourne également vers les députés de La France insoumise qui ont déposé cette énième motion de rejet préalable. Assumez-vous vraiment de signifier aux habitants de montagne, aux maires, aux agriculteurs, aux éleveurs, aux forestiers, aux professionnels du tourisme, aux soignants, que leurs difficultés ne méritent pas d’être soumises au vote de notre assemblée ? (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. le rapporteur applaudit.) Vous ne connaissez pas les territoires de montagne et vous ne les aimez pas ! (Vives exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Ils n’ont pas de couleur politique. Ils font simplement face à des défis immenses en matière d’accès aux soins, d’école, de logement, de mobilités, d’agriculture, de forêts, de tourisme, d’adaptation au changement climatique. Notre responsabilité ne consiste pas à empêcher le Parlement de voter, mais de relever ces défis.Vous êtes libres de voter contre ce texte – c’est votre droit le plus strict. Mais pourquoi refuser à la représentation nationale d’aller jusqu’au vote ? (Exclamations sur les bancs du groupe EcoS.) Quand on croit au débat démocratique et qu’on le respecte, on va jusqu’au vote et on respecte son verdict ! Le groupe Les Démocrates vous invite évidemment à rejeter cette motion de rejet préalable pour permettre à l’Assemblée nationale de se prononcer en faveur de nos territoires de montagne. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem. – M. le rapporteur applaudit également.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).