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Discours du 20 mai 2026

Dominique Voynet · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°239

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Hier, plusieurs collègues ont passé une demi-heure à s’insurger contre un anglicisme pourtant connu de tous – l’approche One Health. Et là, on voit apparaître une formule qui ne présente pas une solidité législative très convaincante : les projets « agritech », c’est-à-dire les innovations technologiques au service de l’agriculture.Elles sont certes indispensables, mais elles bénéficient déjà d’un important soutien politique, institutionnel et financier. Pour la période 2018-2023, la Cour des comptes estime qu’environ 6,7 milliards d’euros ont été engagés par l’État pour soutenir l’innovation en agriculture, dont une part très importante est allée directement à ces technologies.Je m’interroge donc sur la nécessité de prévoir le financement des technologies agritech au titre des projets d’avenir agricole. Nous avons évoqué tout à l’heure le Posei : il représente 338 millions par an de fonds européens. Ce n’est pas du tout le même ordre de grandeur ici. De même, nous avons intégré parmi les projets d’avenir agricole les abattoirs, qui sont des équipements très capitalistiques. Dès lors, je me pose plusieurs questions. Avec quel argent allons-nous financer tout cela ? Est-il bien nécessaire d’arroser là où c’est déjà mouillé ?Sans rejeter l’innovation technologique en agriculture, l’idée est plutôt de réaffirmer que l’avenir de notre modèle agricole passe par notre capacité à maintenir des sols vivants, une biodiversité riche et des fermes nombreuses de polyculture-élevage.

Ce que je dis, c’est que ces projets sont déjà financés !

Ces projets sont déjà financés !

J’interviens en soutien à l’amendement de M. Taupiac. Je ne voudrais pas qu’on laisse se répandre l’idée qu’il y aurait ici des gens qui considèrent que l’usage de nouvelles technologies en matière d’agriculture est un point préoccupant ou négatif. Ce n’est pas le cas.Ma question taraudante et persistante, à laquelle il me semble que nous n’avons pas encore obtenu de réponse satisfaisante, est celle des arbitrages financiers au moment de la mise en place de ces nouveaux outils.Je constate que la plupart des régions sont en difficulté financière pour assumer leurs responsabilités. J’ai l’impression qu’on leur transfère de nouvelles tâches sans les moyens financiers correspondants, ce qui présage des arbitrages douloureux et difficiles. J’aimerais que ce point ne soit pas éludé au cours de la discussion.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).