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Discours du 9 avril 2026

Eddy Casterman · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°198

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Exactement !

Pas plus tard que vendredi soir, dans ma circonscription, dans l’Aisne, en plein cœur de la Thiérache, des gendarmes sont intervenus à hauteur de la départementale 1029, entre Mont-d’Origny et Macquigny, où des raveurs s’apprêtaient à investir plusieurs parcelles agricoles. C’est grâce à la réactivité de la gendarmerie que cette rave-party n’a pas eu lieu. Je veux saluer ici le travail de nos forces de l’ordre, ces hommes et ces femmes qui tiennent, la nuit, sur une route de campagne, ce que l’État peine à tenir dans ses propres textes de loi. (M. Emeric Salmon applaudit.)Mais dans combien d’autres endroits personne n’est intervenu, ou n’a reçu l’ordre de le faire ? Dans combien d’autres départements, des agriculteurs ont découvert le lundi matin leurs champs ravagés, leurs clôtures arrachées, leurs sols compactés ? Combien de jeunes femmes droguées à leur insu dans l’obscurité d’un champ transformé en terrain de non-droit ? Voilà la réalité qui se cache derrière ce pourquoi nous légiférons aujourd’hui : non pas la fête et la liberté, mais bien une dérive incontrôlable.Le mensonge sentimental a trop longtemps prévalu. Une rave-party illicite n’est pas une fête qui déborde ; c’est une entreprise de délinquants, avec ses logisticiens, ses financiers, ses réseaux de communication cryptés, ses flux d’argent liquide. Derrière l’image du rassemblement festif se cachent des professionnels du délit qui, parfois, s’enrichissent en exposant la jeunesse française aux drogues dures, à la soumission chimique et aux violences sexuelles.Les honnêtes citoyens, eux, comme toujours, ne sont bons qu’à payer. Chaque rave illicite d’ampleur mobilise pendant quarante-huit à soixante-douze heures des dizaines de gendarmes et de policiers, des pompiers, des équipes du Samu, sans parler des dégradations, dont le coût est réel, et même considérable. Ce coût est supporté par ceux qui se lèvent tôt – les agriculteurs, les artisans, les ouvriers –, pour financer le désordre de ceux qui ne respectent ni leur sommeil, ni leurs terres, ni leurs lois.Alors oui, cette proposition de loi était nécessaire, mais permettez-moi d’être direct avec vous, chers collègues du groupe Horizons : ce texte est insuffisant, et son insuffisance est révélatrice. Six mois de prison et 5 000 euros d’amende : c’est ce que vous jugez suffisant pour sanctionner l’organisateur d’un rassemblement illicite de plusieurs centaines de personnes. Je cite l’exposé des motifs qui accompagne votre proposition de loi : « ces événements facilitent le blanchiment d’argent, l’usage de la soumission chimique, causent des nuisances aux riverains et incitent à la consommation de drogue notamment. D’innombrables viols, blessés et morts sont à déplorer. » Et pour répondre à cela, vous proposez six mois d’emprisonnement et 5 000 euros. Les organisateurs doivent déjà trembler !Croyez-vous vous-mêmes à vos peines ? Est-ce qu’un organisateur qui peut être amené à brasser des dizaines de milliers d’euros en une nuit va renoncer à son prochain rassemblement parce qu’il risque 5 000 euros d’amende ? Vous êtes davantage dans la communication politique que dans une volonté législative sérieuse – cela au détriment de toutes les victimes de ces événements.Il faut aussi nommer ce qui a produit ce vide : des décennies de laxisme d’État, pendant lesquelles une gauche et une extrême gauche idéologiquement complices de ces désordres ont paralysé toute réponse ferme, ont excusé, et, comme d’habitude, banalisé.

Nos adversaires de gauche voient effectivement dans ces rassemblements une expression culturelle à protéger. Je les comprends ! Quand on a renoncé à défendre la famille, la nation et notre civilisation, il faut bien se raccrocher à quelque chose ! Quand cette gauche explique que les raveurs ne sont pas des délinquants, quand des tribunes militantes appellent à ne pas criminaliser la fête, quand tout ce petit monde bourgeois bohème défend ces rassemblements comme un étendard culturel,…

…ils choisissent le désordre contre les victimes, ils prennent la défense des profiteurs et des délinquants face à la France du respect et du travail. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)Cette gauche complètement déconnectée, qui a abandonné le peuple, se retrouve à l’ignorer et le mépriser. Quant au macronisme, au pouvoir pendant sept ans, il a produit des circulaires, des comités interministériels, des rapports sur l’insécurité ; pendant ce temps, à Feyzin, près de Lyon, une rave illicite de 300 personnes blessait trente CRS. En Lozère, un seul rassemblement illégal générait 1 400 infractions constatées. Dans l’Aude, lors de la rave de Fontjoncouse, des participants circulaient avec des armes à feu, des agriculteurs étaient menacés, des terres ravagées. L’État a regardé, il a compté, mais il n’a pas agi.Certains gouvernements ont eu, eux, le courage de regarder la réalité en face. En Italie, Giorgia Meloni a mené une réforme sans ambiguïté : les organisateurs risquent trois à six ans d’emprisonnement, les participants un à quatre ans. Vous noterez l’ironie : le simple participant à une rave en Italie risque davantage, aux termes de votre texte, que celui qui en organiserait une en France.Mes chers collègues, quand on occupe illégalement le territoire d’un autre, quand on détruit les terres d’un agriculteur, quand on crée les conditions du viol et du trafic, on n’est plus dans la fête. La France qui se lève tôt n’a pas à payer pour celle qui se drogue toute la nuit en dégradant ses terres.Nous voterons pour ce texte. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Monsieur Kerbrat, en vous écoutant parler, je pense aux Français qui nous regardent. Vous devriez avoir honte. Vous osez nous expliquer qu’il faudrait atténuer les peines contre les organisateurs de rave-parties illicites, vous qui avez été exclu de notre assemblée pour avoir acheté de la drogue avec votre avance de frais de mandat – l’argent du contribuable – à un mineur de 14 ans ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RN, UDR, DR et HOR.) Vous avez l’aplomb de vous lever aujourd’hui pour défendre les réseaux qui empoisonnent notre jeunesse. Vous devriez avoir honte !Et vous, monsieur Boyard, vous avez confirmé être un dealer. Vous avez vendu de la drogue, vous en êtes fier,…

…vous le revendiquez, et c’est vous que La France insoumise envoie en séance pour défendre des amendements de suppression, pour affaiblir une loi contre les rave-parties illicites et contre le trafic de stupéfiants qui les accompagne ? Honte à vous !

Les Français qui nous regardent méritent mieux et nous les défendrons. Par vos amendements, vous défendez le narco-parti de Jean-Luc Mélenchon, La France insoumise ; quant à nous, nous défendons les Français. Nous lutterons contre vous et contre vos relais dans ces rave-parties. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN. – Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Chers collègues de gauche, il faut arrêter avec votre hypocrisie. Je vous invite aussi, madame Rousseau, à arrêter avec vos leçons de morale.Ce qui pose un problème, c’est évidemment l’ampleur des dérives, mais aussi le soutien politique et idéologique que vous apportez à tout cela. Vous êtes évidemment complices et, quand certains expliquent qu’il ne faut pas criminaliser les rave-parties, ils ne défendent pas une liberté, ils ne défendent pas la fête ; ils sapent délibérément l’autorité de la loi. Ils installent l’idée dangereuse selon laquelle chacun pourrait choisir les règles qu’il respecte ou non. Or ce discours n’est pas neutre ; il sert de caution, il banalise des comportements qui, dans les faits, sont parfaitement organisés, parfaitement assumés et parfaitement illégaux.Ils transforment les organisateurs de ces événements en soi-disant victimes, alors même que ces derniers contournent sciemment toutes les règles. Pendant ce temps-là, sur le terrain, la réalité est brutale : ce sont des élus locaux qui découvrent des terrains dévastés au petit matin ; ce sont des agriculteurs qui voient leur outil de travail saccagé ; ce sont des riverains qui subissent des nuisances, de l’insécurité, des intimidations ; ce sont des forces de l’ordre qui doivent intervenir dans des conditions parfois très tendues : ce sont des agressions, des violences, des viols et de la drogue.Mais tout cela, vous ne voulez pas le voir ! Certains continuent d’ailleurs à détourner le regard, à relativiser, à excuser. Ce n’est pas du déni, mais une forme de complicité intellectuelle. Et derrière la défense de la liberté, il y a en réalité un renoncement profond : renoncement à faire respecter les règles communes, à protéger nos concitoyens, à assurer l’autorité de l’État.Le Rassemblement national, avec ses alliés d’Identité Libertés, fait le choix inverse : celui de la fermeté, de la responsabilité, de l’ordre républicain. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Il est dû à Julien Rancoule et vise à aggraver les sanctions encourues par les organisateurs si les faits sont commis dans des conditions présentant un risque d’incendie avéré. Comme évoqué en commission des lois, nous demandons que le texte établisse une différence entre une rave-party en milieu urbain et une rave-party en milieu rural, surtout si elle est organisée au cœur d’un massif forestier, par temps de sécheresse ou de grand vent. Cet été, dans l’Aude – où se situe la circonscription de mon collègue Rancoule – ravagée par l’incendie du massif des Corbières, qui a coûté la vie à une personne, détruit exploitations et habitations, une rave-party s’est tenue plusieurs jours sur les lieux du sinistre, au milieu des braises et des cendres encore chaudes !Ces faits, déjà évoqués en commission des lois, ont d’ailleurs fait ricaner les représentants de La France insoumise, qui s’étaient illustrés en assimilant la consommation de vin lors de nos fêtes de village à la prise de drogue lors des rave-parties. Ben voyons ! Comparer des siècles de savoir-faire, nos territoires et notre patrimoine culturel à des pratiques illégales, aux conséquences sanitaires et sécuritaires bien réelles, relève du mépris de classe, doublé de la mauvaise foi absolue à laquelle ils nous ont habitués. Je leur laisse d’ailleurs la responsabilité de leurs ricanements face aux habitants de l’Aude, aux viticulteurs sinistrés et à la famille de la victime !Il est impensable de ne pas prévoir un dispositif juridique qui permette de sanctionner les organisateurs d’une rave-party en cas de risque d’incendie avéré. Cet amendement tend à renforcer le texte de nos collègues du groupe Horizons, en faisant en sorte qu’il atteigne mieux son objectif : l’organisation d’une fête illégale doit, bien entendu, être sanctionnée, mais la réponse pénale doit être plus sévère encore s’il existe un risque d’incendie. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)

Ces deux amendements procèdent d’un principe très simple : quand une rave-party illégale détruit des terres agricoles ou dégrade l’environnement, la sanction doit être aggravée.Mais notre débat met surtout en lumière une réalité dérangeante : une partie de cet hémicycle refuse de regarder en face les conséquences concrètes de ce qu’elle excuse. Il faut le dire clairement : derrière certaines de vos prises de position, il y a une méconnaissance totale voire un mépris de la ruralité.

Quand une rave s’installe dans une exploitation, ce n’est pas un moment festif : c’est une intrusion, une occupation illégale, ce sont des cultures détruites, des sols compactés, des équipements abîmés et, derrière, des agriculteurs qui paient la facture, tout seuls, encore une fois !Une exploitation, d’ailleurs, au sens de l’article L. 311-1 du code rural et de la pêche maritime, n’est pas un terrain vague, comme vous pouvez le prétendre, mais un outil de travail, une vie, un revenu pour nos agriculteurs. S’agissant de l’environnement, vous faites preuve du même aveuglement : on nous donne des leçons d’écologie du matin au soir,…

…mais quand, à la suite de ces rassemblements illégaux, on retrouve des tonnes de déchets, des sols pollués, des milieux naturels ravagés, des animaux menacés, soudain, il n’y a plus personne ! Et on peut en effet se demander où sont les agents de l’OFB, d’habitude si prompts au contrôle !Alors oui, il faut choisir : soit on défend réellement l’environnement et ceux qui vivent de la terre, soit on continue d’excuser des comportements qui les détruisent, mais on ne peut pas faire les deux. Quand on détruit, on assume et on est sanctionné en conséquence ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)

Cet amendement de mon collègue Bovet vise à supprimer la faculté laissée au juge de ne pas prononcer la confiscation de tout ou partie du matériel saisi. En effet, nous parlons ici d’une manifestation illicite à l’origine de troubles à l’ordre public, de dégradations de l’environnement ou de risques sanitaires et sécuritaires. Permettre au juge ne pas prononcer la confiscation du matériel revient à affaiblir la portée dissuasive de la sanction et à entretenir un sentiment d’impunité chez les participants à ces manifestations. Systématiser la confiscation constitue un levier essentiel pour dissuader les organisateurs de ces rassemblements. Rappelons d’ailleurs que l’Italie voisine prévoit, elle, la confiscation immédiate et sans condition du matériel saisi lors de ces rave-parties. Il s’agit de garantir une réponse cohérente et dissuasive. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).