Discours du 19 mai 2026
Eddy Casterman · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°237
Le lecteur officiel de l'Assemblée peut afficher son propre bandeau de cookies à l'ouverture — c'est le portail de l'Assemblée qui l'affiche, pas ce site ; fermez-le pour voir la vidéo.
Il aura fallu attendre cette quatrième loi agricole pour réaliser une évidence. Si nous voulons réduire nos importations de poulet polonais ou de tomates marocaines et relancer la production laitière ou de viande ovine, nous devons bâtir une stratégie de reconquête agricole à partir des filières et des territoires et faire nôtre le maître mot qui fait horreur à nos collègues écologistes : produire, produire et encore produire !Non, monsieur Biteau, produire n’est pas un dogme ! C’est la condition première de notre souveraineté alimentaire et, partant, de notre capacité à innover en faveur d’une agriculture plus durable et plus résiliente.Oui, les projets d’avenir agricole vont dans le bon sens car ils permettent de flécher les financements, qu’ils soient nationaux ou européens, vers des projets stratégiques qui répondent vraiment aux besoins de nos filières.Malheureusement, plutôt que de saisir l’occasion pour engager une refonte complète de la stratégie de planification agricole et fusionner les dispositifs existants, vous ajoutez une strate supplémentaire aux projets alimentaires territoriaux (PAT), dont les objectifs sont pourtant analogues. Surtout, le choix de l’échelon de la superrégion n’offre aucune garantie en matière de proximité et de concertation avec les chambres d’agriculture départementales. Cela confirme au passage l’impérieuse nécessité d’une réforme territoriale qui permettrait de tenir compte des spécificités locales.Surtout, je ne comprends pas pourquoi cet article ne précise pas noir sur blanc que chaque projet d’avenir agricole doit systématiquement s’accompagner de mesures de suppression des entraves normatives identifiées par les filières. Ce qui tue notre agriculture, ce n’est pas simplement un mauvais fléchage des financements, mais d’abord le tsunami réglementaire qui retarde la construction de nouveaux abattoirs, de nouveaux poulaillers, de bâtiments d’élevage ou d’ouvrages d’aquaculture. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.) C’est cela qui tue notre souveraineté agricole. Aucune solution n’a été trouvée jusqu’ici malgré des centaines d’heures de débats parlementaires, des dizaines de manifestations et des milliers de larmes de crocodile déplorant chaque année la dégradation de notre balance commerciale. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).