Discours du 20 mai 2026
Édouard Geffray · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°238
Je ne reviendrai pas sur les chiffres démographiques. Vous les connaissez, et je les ai rappelés à de nombreuses reprises. J’ai d’ailleurs été le premier à fournir des projections à dix ans, que mes successeurs pourront utiliser. Dans les dix prochaines années, notre système éducatif perdra environ 1,7 million d’élèves. En Meurthe-et-Moselle, depuis 2017, ce sont 9 200 élèves en moins, et vous en perdrez 1 740 à la prochaine rentrée.Vous parlez d’une belle occasion, quand il s’agit plutôt d’une triste occasion, mais une occasion quand même. Nous avons déjà agi et décidé de ne pas subir les évolutions démographiques. En Meurthe-et-Moselle, en sept ans, le nombre moyen d’élèves par classe est passé de 23,9 à 21,5, et de 22,4 à 16,8 pour les classes prioritaires. Le taux d’encadrement a connu une amélioration sensible.Cela étant, deux possibilités s’offrent à nous. Soit on continue, année après année, à observer les évolutions démographiques et à tirer des conséquences budgétaires à partir de règles de trois. Soit on inverse la logique : on part du terrain et on façonne une carte scolaire pour cinq ans à partir d’observations, dans une logique d’aménagement du territoire et d’amélioration de l’offre scolaire. Cela permettrait de nourrir la discussion du projet de loi de finances à partir des besoins effectivement constatés.C’est ce que j’ai commencé à faire dans dix-huit départements, dont la Meurthe-et-Moselle. Personne ne s’en rend compte, mais il s’agit d’un bouleversement, à la fois de la méthode et de la culture administrative. J’ai bon espoir qu’on parvienne, grâce à cette nouvelle approche, à sortir d’une logique strictement annuelle et qu’on reprenne en main la politique territoriale et le destin de l’école.
En ce qui concerne l’abandon de la ruralité, je considère vous avoir répondu. S’agissant de la carte du réseau d’éducation prioritaire, j’ai déjà répondu à plusieurs reprises, mais peut-être n’étiez-vous pas présent. Elle ne sera pas refondue avant la prochaine élection présidentielle, parce que les délais sont trop courts.
Cela ne m’empêche pas de travailler sur les critères, qui devront prendre en considération l’indice d’éloignement, pensé pour la ruralité.
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).