Aller au contenu
vie-politique.fr

Discours du 30 juin 2026

Eléonore Caroit · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°294

Je tiens d’abord à saluer votre engagement et celui de vos collègues représentant les Français de l’étranger en faveur de la défense de l’enseignement français à l’étranger, réseau unique au monde, qui permet à 400 000 élèves d’être scolarisés aux quatre coins de la planète.Comme vous le savez, l’AEFE nécessite d’être mieux pilotée. C’est la raison pour laquelle j’ai engagé une réforme structurelle et nommé un nouveau directeur général, en qui j’ai pleine confiance, pour permettre à un réseau dans lequel les particularismes sont la norme, qui s’est construit au fil du temps et inclut des établissements soumis à des législations nationales différentes et à plus de vingt-six taux de change, d’être mieux piloté et de répondre aux orientations décidées par le ministère afin de faire de cette politique publique d’influence de la France, avant tout au service des Français de l’étranger, le véritable levier qu’elle doit être.Concernant votre question sur le compte d’affectation spéciale, celui-ci doit être à l’équilibre ; c’est la garantie du paiement des pensions de tous les fonctionnaires de l’État. Face à la dégradation prévisionnelle du solde de l’État, ce dernier a relevé le taux de contribution employeur en 2025 – pas uniquement pour l’AEFE, mais de manière générale. Cela a également été le cas en 2026. Je le répète, cette décision s’applique à tous. Ce sont les mêmes taux et les mêmes règles pour tous les employeurs de l’État, y compris l’AEFE. Il ne s’agit pas d’une exception.Le conseil d’administration de l’AEFE du 17 décembre en a tiré les conséquences, et les établissements contribuent désormais au coût réel du détachement des personnels. Cependant, ma priorité est claire, et je sais que vous la partagez : protéger les familles des répercussions possibles sur les frais de scolarité. Cela passe par des choix de gestion responsables, par exemple, lorsque cela est possible, des frais de scolarité différenciés pour permettre aux familles françaises de supporter ces coûts dans la mesure de leurs moyens. S’agissant d’une politique publique soutenue par l’État, il faut également en maîtriser les coûts, ce qui passe, entre autres, par un juste dimensionnement des personnels détachés.J’ai pleine confiance dans la nouvelle direction de l’AEFE et dans les orientations qu’elle mettra en œuvre pour la sauvegarde de ce réseau auquel je suis, comme vous, très attachée. Une gestion pérenne qui ne soit pas remise en cause chaque année par de nouveaux choix budgétaires est indispensable pour garantir la prévisibilité que demandent les familles et les établissements concernés.

En effet, dans sa lettre du 12 juin 2025 au président de la République Emmanuel Macron, le président Abbas s’est clairement engagé à réformer le système de versements aux prisonniers palestiniens, à leurs familles et aux familles des Palestiniens tués par les forces de sécurité israéliennes, ce système n’excluant pas les auteurs de crimes terroristes. Cet engagement du président Abbas, tout comme celui de réformer le contenu des manuels scolaires, marque la volonté de l’Autorité palestinienne de lutter contre le terrorisme et les discours de haine, ce qui est essentiel pour construire une paix durable. Les versements non autorisés qui ont eu lieu en octobre 2025, après l’annonce de la réforme, ont entraîné le limogeage du ministre des finances de l’Autorité palestinienne ; celle-ci a reconnu que des erreurs avaient été commises, assurant les avoir rectifiées.Nous attendons les conclusions de l’audit de la réforme mené par un cabinet reconnu au plan international. Il devrait être rendu public dans les prochaines semaines. Tant que ces conclusions ne seront pas connues, nous resterons évidemment très prudents. D’après les premiers éléments dont nous disposons, communiqués par le Times of Israël, l’ancien système contesté aurait bien pris fin et les seuls versements restants relèveraient de mécanismes de protection sociale palestinienne exclusivement appliqués en fonction de critères de vulnérabilité. Nous restons évidemment mobilisés pour nous assurer que cette réforme essentielle sera bien mise en œuvre et que l’Autorité palestinienne tiendra ses engagements. Dans le cas contraire, il y aurait bien sûr des conséquences du point de vue de l’aide nationale et européenne versée.Je tiens à rappeler plus largement que la France soutient l’Autorité palestinienne, qui doit être renforcée et réformée, ce que nous soulignons auprès de nos interlocuteurs. Il est impératif que le blocus financier imposé à l’Autorité palestinienne soit levé, comme l’a rappelé le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. C’est dans l’intérêt des Palestiniens comme des Israéliens. Enfin, il faut impérativement que le droit international humanitaire soit respecté.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).