Discours du 26 novembre 2025
Elie Califer · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°71
Je remercie le groupe Écologiste et social d’avoir choisi ce thème et salue nos invités.Je viens en élu intéressé. Dans un territoire plus que rural – je parle de la Guadeloupe, où j’ai été maire –, l’Agence régionale de santé (ARS) nous encourage fortement à pallier le manque de médecins en construisant un centre de santé. Après une campagne d’information et de motivation, nous le construisons, ce qui nous coûte 3 millions, le soutien de l’ARS s’élevant à 100 000 euros – notez que c’est beaucoup ! Or le médecin qui a monté le projet médical et animait la société interprofessionnelle de soins ambulatoires (Sisa) doit, à la suite de fortunes personnelles, abandonner le territoire guadeloupéen et retrouver la Corse, son pays natal, et sa famille. Nous nous retrouvons sans médecin pour prendre sa suite. Nous buttons là sur le véritable problème : la démographie médicale. Les centres de santé offrent peut-être une réponse au problème de la désertification, mais celui de la démographie demeure.Mes questions sont donc les suivantes : comment faire pour attirer les médecins dans les zones rurales, en particulier dans les territoires où la situation est la pire, comme les territoires ultramarins, où il n’y a pas de médecins ? Quelles incitations pourraient pousser les professionnels de santé à s’installer dans ces zones-là ? Jusqu’où peut-on aller ? Quelle organisation trouver avec les hôpitaux ? Enfin, comment faire entendre tout cela aux ARS ? Vous le savez, beaucoup dépend de la philosophie des ARS et des positions qu’elles prennent.Je vous remercie de m’aider à trouver des solutions pour ce centre de santé, qui nous regarde du haut de ces 3 millions et qui attend désespérément un médecin !
Vous nous expliquez que la régulation est inefficace et que les centres de santé ne constituent pas la solution unique.Dans les territoires ultramarins – que vous connaissez –, en l’absence de médecins, comment faire fonctionner les centres de santé ?Aux difficultés rencontrées partout en France s’ajoutent celles liées aux Padhue affectés en outre-mer. Certains ne parviennent pas à obtenir de visa et se retrouvent loin de leurs proches parce que leur demande de regroupement familial a été rejetée. En outre, comment les garder étant donné que les épreuves de vérification des connaissances ne sont presque jamais programmées ?Comment comptez-vous assurer l’égalité républicaine, l’accès universel aux soins et surtout la permanence des soins dans nos territoires ? Les rares médecins que nous pourrions accueillir formulent des demandes, en matière de renforcement de l’attractivité, auxquelles nous ne pouvons pas faire face. Quelle est la solution ?Comment envisagez-vous la situation des territoires ultramarins, avec leurs spécificités ? Ils méritent une réponse en matière d’accès aux soins, car ils font partie du territoire national. Vous avez fixé comme objectif un rendez-vous médical dans les quarante-huit heures, à moins de trente minutes du domicile du patient. Or, dans nos territoires, il faut attendre jusqu’à quatre mois pour obtenir un rendez-vous. Il convient donc de réfléchir, hors de toute idéologie, à cette situation de blocage et y mettre fin pour que tous les usagers de la santé bénéficient d’une prise en charge.
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).