Discours du 8 juillet 2026
Élisa Martin · Première session extraordinaire 2026 · séance n°7
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C’est à cause du PSG, ça !
Rien !
D’ailleurs, ce n’est pas fait pour ça !
Il vise à supprimer l’alinéa 5 des amendements tendant à rétablir l’article, pour plusieurs raisons. D’abord, la décision administrative de fermer un établissement commercial a forcément un impact économique très important, dont le commerçant concerné ne pourra pas se défendre. De surcroît, il est question dans cet alinéa d’une fermeture immédiate en cas de circonstances exceptionnelles. Vous comprenez bien qu’on ne peut pas sérieusement voter un amendement dans lequel figure une expression aussi vague. Que peuvent bien être des circonstances exceptionnelles ?En outre – et cette observation traversera tous nos débats sur ce projet de loi Ripost –, la mesure que vous proposez repose sur une méconnaissance des phénomènes qu’elle est supposée endiguer : les pétards dont il est question sont la plupart du temps commandés sur internet, ce qui rend a priori difficile de fermer les boutiques où on se les procure, d’autant plus qu’elles sont parfois basées à l’étranger.Quand on nous présente un projet de loi abusif, pour ne pas dire injuste, qui ne repose pas sur une connaissance objective des phénomènes concernés, on peut penser qu’il s’agit d’un texte d’affichage, ce qui ne veut pas dire qu’il ne fera pas de dégâts – vous êtes des spécialistes en la matière. Vous faisiez allusion il y a quelque temps à la situation des élus locaux, qui sont bien souvent seuls en première ligne devant les habitants face auxquels ils doivent se justifier du traitement de certains phénomènes. Vous leur faites des propositions qui ne tiennent pas la route… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’oratrice.)
Comme d’habitude, vous glissez dans le texte des mots qui en changent la portée : l’alinéa 13 prévoit que le détenteur des produits faisant l’objet d’une procédure de dessaisissement est en mesure de présenter ses observations, « sauf urgence ». Nous proposons, avec ce sous-amendement, de supprimer cette mention, qui signifie que, dans certaines situations, dont la nature n’est pas définie, sans doute laissées à la seule appréciation du préfet, la personne n’aura pas la possibilité de s’expliquer avant la saisie de sa marchandise. Il y a là un véritable problème concernant le respect du contradictoire.Comme ministre de l’intérieur, vous êtes hors sujet ! Bien d’autres questions mériteraient d’être traitées, comme la formation des policiers ou la communication du ministère en matière de recrutement. Le fait de renvoyer l’image d’une police d’intervention très viriliste ne donne pas du tout envie aux jeunes gens de rejoindre la police. Comment se fait-il qu’ils ne souhaitent plus devenir enquêteurs ? (M. Antoine Léaument applaudit.) Généralement, les enfants qui veulent être policiers se voient enquêteurs plutôt que CRS, pour poursuivre les voleurs, conduire des enquêtes et défendre les innocents. Aujourd’hui, ils ne veulent plus du tout faire cela. Ce rêve a complètement déserté leur univers mental. La raison réside forcément dans la politique que vous menez !
Il vise à supprimer l’alinéa 30 des amendements identiques, lequel prévoit la possibilité de frapper ceux qui auraient vendu des mortiers d’artifice d’une peine complémentaire de cinq années d’interdiction de commercer. Je suis fort surprise que des libéraux comme vous s’attaquent aussi frontalement à la liberté d’entreprendre !La mesure serait disproportionnée : elle reviendrait à priver quelqu’un, cinq ans durant, du moyen de gagner sa vie – le président de la République a eu beau affirmer qu’il n’y avait qu’à traverser la rue pour trouver du travail, il est vraisemblable que les choses ne fonctionnent pas tout à fait comme ça. De surcroît, en admettant que la disposition soit à la fois pertinente et juste, nous vous indiquions tout à l’heure – après l’avoir fait remarquer en commission, où, soit dit en passant, nous siégeons sérieusement, non pour planter le décor ou pour faire joli – que beaucoup de ces mortiers sont achetés en ligne. Vous disiez avoir en tête un dispositif destiné à y remédier : ce serait le moment de nous en parler !
Il s’agit d’élever le seuil de déclaration à 1 700 participants. L’abaisser à 250 ne vise qu’un seul objectif : élargir la possibilité de sanctionner les manquements par des peines de prison et des amendes forfaitaires délictuelles. Évidemment, chacun ici peut l’imaginer : dans le cadre de ces soirées festives où l’on danse, les gens vont faire la queue les uns après les autres afin de verser bien gentiment leur AFD ! Vous comprenez que cela n’a pas de sens et qu’au contraire, à nouveau et comme toujours, vous allez augmenter la tension entre les forces de police et les participants. À la lumière du texte inscrit à l’ordre du jour hier après-midi, nous savons à quel point les affaires de dérapage potentiel sont dangereuses.J’ai souligné que vous ne connaissiez pas les faits auxquels vous voulez vous attaquer. Ainsi proposez-vous de confisquer le matériel fourni par les loueurs. Mais ce n’est pas ainsi que ça se passe : en réalité, il y a dans le pays quelques sound systems qui sont mis à disposition de ceux qui veulent organiser des free parties.Réfléchissez un tout petit instant, comme sur l’affaire des AFD. Des personnes veulent organiser une free party, malheureusement elles sont 251 ; elles sont coincées du fait des obligations mais décident de les outrepasser. Vous vous représentez qu’elles vont voir au coin de la rue des personnes qui leur louent du matériel et qui – bien sûr – viennent l’installer au milieu d’un champ. Mais ce n’est pas comme ça que ça se passe.Ainsi, non seulement votre texte est liberticide et empêchera l’accompagnement des free parties, y compris par des associations qui accomplissent un travail nécessaire de réduction des risques…
Je poursuivrai dans quelques instants en défendant l’un des sous-amendements suivants.
Me revoilà ! Il s’agit encore d’élever le seuil à partir duquel s’applique le régime de déclaration obligatoire, en le portant ici à 1 200 participants. Vous proposez de le fixer à 250 personnes, mais c’est là le niveau des goûters d’anniversaire pour enfants – c’est une sacrée blague.Quand les dispositifs de sonorisation ont une certaine ampleur, sanctionner le loueur n’a pas de sens parce que ce n’est pas ainsi que sont organisées les free parties. Je vous ai aussi demandé comment, en tant que ministre de l’intérieur, vous pensiez que les policiers allaient vivre une perte de sens supplémentaire pour leur métier, quand ils devront distribuer des AFD qui, bien sûr, seront reçues d’une façon courtoise – tout se passera bien, les gens feront la queue pour recevoir leur AFD !J’abonde dans le sens des orateurs précédents : ce qui vous pose problème, c’est que les jeunes gens – puisque ce sont plutôt les jeunes qui fréquentent ce type d’endroits – puissent s’amuser. Il est vrai que c’est cohérent avec le reste de votre politique : en définitive, vous rendez malheureux les Français, en touchant l’ensemble de leur vie, par exemple à travers l’accès aux services publics ou l’inquiétude majeure qu’ils peuvent avoir pour leurs enfants.C’est un édifice, cela participe d’une société où tous les comportements doivent être réglés de la même manière. Tout ce qui sort un peu de ce que vous considérez comme étant acceptable ou tolérable doit être sanctionné de toutes les manières possibles. Finalement, les Français n’ont qu’une envie, c’est que vous partiez – le plus vite possible. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)
Vous semez le malheur !
D’autant que les organisateurs ne louent pas le matériel ! C’est ridicule !
Un monde rassis !
Bonjour les matelas au sol !
Vous avez une vision très extensive de la qualité d’organisateur. Tactiquement, ce n’est pas idiot : en mettant la pression sur tous ceux qui permettent à ces fêtes de se dérouler, vous pourrez, comme toujours, taper large, faire peur et vous bercer de l’illusion que ces fêtes n’auront plus lieu.Il s’agit donc d’un sous-amendement de repli : il faut au minimum protéger les personnes qui sont présentes sur les sites dans une logique de réduction des risques, qui y organisent des lieux de repos ou de restauration. Cela éviterait un certain nombre de difficultés, voire de catastrophes. Nous vous demandons expressément de les retirer du champ des personnes susceptibles d’être qualifiées d’organisateurs.Le fond de la question est toujours le même : plutôt que d’interdire ce qui ne pourra pas être interdit – pas même dans le monde de Oui-Oui ! –, il convient d’accompagner, de prévenir des difficultés à même de survenir lors de ces free parties. Ce sous-amendement est une manière de vous faire revenir à la raison – nous pouvons, nous aussi, nourrir quelques illusions –, considérant que cela n’a strictement aucun sens, voire poserait encore plus de problèmes, d’interdire froidement comme vous le faites plutôt que d’accompagner des événements qui existeront de toute façon.
C’est vrai, même moi !
Mais ça n’a rien à voir !
Il faut auditionner les organisateurs. Vous entendez toujours les mêmes !
Et le jaja ? Vous n’en parlez jamais, du jaja !
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).