Discours du 8 juillet 2026
Élisa Martin · Première session extraordinaire 2026 · séance n°8
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Hystérisé ?
Bien évidemment, le groupe La France insoumise soutient cette motion de rejet d’un projet de loi organique qui consacre une vision de la justice fondée sur la gestion des stocks et des flux, déshumanisant ainsi le service public de la justice. Non, monsieur le ministre de la justice, les dossiers ne sont pas des numéros : ce sont des hommes, des femmes, des enfants, des victimes et des mis en cause. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)La justice est le reflet de la société. Pour nous, elle reflète ce que la République accepte et ce qu’elle condamne. La surenchère pénale chevillée au corps, votre vision de la justice est celle d’une sous-justice qui doit juger toujours plus vite et toujours plus sévèrement, ce qui multiplie le nombre des matelas installés au sol de nos prisons indignes.Le retrait de la disposition relative aux assesseurs citoyens est comme un aveu car, après les nombreuses critiques émises au-delà même de l’Assemblée nationale par les ONG et les organisations d’avocats et de magistrats. Il intervient au moment où vous annoncez avoir obtenu la création de postes de magistrats – on verra ce qu’il en est –, reconnaissant ainsi que nos critiques étaient légitimes.La surenchère pénale dans laquelle vous vous êtes engagés ne concerne pas tout le monde. Elle ne concerne notamment pas la délinquance en col blanc, ce qui pose problème, car elle suscite d’importants troubles à l’ordre public. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
Sur le plan de la réparation, il a été démontré que nous étions déjà juridiquement outillés. Quant à ces amendements qui visent à mettre en cause la responsabilité des participants, ils m’inspirent deux réflexions. La première, c’est que cela fait un peu amendement PMU – « Quand même, Robert, il y a aussi tous ceux qui participent à la rave-party qui devraient aussi être mis en cause. » Et Robert de répondre : « Ah ouais, t’as raison, vas-y, fais un amendement qui met en cause les participants. »
La seconde, c’est qu’en vérité, ce serait absolument impossible à mettre en œuvre. Comment allez-vous pouvoir identifier individuellement les personnes qui auront participé à cette rave-party illégale ? Il est vrai que pour vous, ce ne serait pas compliqué, la réponse est toute trouvée : les participants à la rave-party vont faire la queue bien gentiment, les uns après les autres, pour se voir infliger des AFD, les amendes forfaitaires délictuelles, et on connaîtra ainsi leur identité. C’est de cette façon que vous pourrez identifier les participants. Vous avez compris où je voulais en venir.
Vous n’avez pas compris ? Alors je vous le redis : ces amendements ne tiennent pas parce qu’ils sont impossibles à appliquer, et vous le savez très bien. Si vous les avez déposés, c’est parce que vous êtes des démagogues. (« Oh ! » sur les bancs des groupes EPR, Dem et HOR. – M. Andy Kerbrat applaudit.)
Pas pour les Robert, apparemment…
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).