Discours du 22 juin 2026
Élisabeth de Maistre · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°278
Je voudrais en profiter pour vous lire des extraits d’une tribune écrite par un habitant de ma circonscription de Boulogne-Billancourt, parue dans Le Figaro le 27 mai : « Je m’appelle Louis-Benoît Barth. J’ai 60 ans et je suis atteint de la maladie de Charcot. Les médecins savent comment cette histoire se terminera. Moi aussi. Chaque jour, la maladie progresse un peu davantage. Je n’ai plus l’usage de mes jambes ni de mes bras. Mes mains me lâchent, la parole me quitte, et je suis désormais dépendant pour chaque geste du quotidien. Chaque jour, je perds un peu de moi-même […] et pourtant, chaque jour, je continue de vivre. Je continue d’aimer les miens, de goûter la beauté [d’un coucher de soleil], d’espérer encore de belles journées malgré l’épreuve et la fatigue. (Mme Élise Leboucher, rapporteure, s’exclame.) De quoi avons-nous réellement besoin ? Certainement pas qu’on nous présente la mort comme une solution. [Les malades n’ont pas besoin d’une aide à mourir mais qu’on les aide à vivre jusqu’au bout, loin de l’acharnement thérapeutique.] Je suis témoin que la bienveillance des soignants est salvatrice. [Leur simple] regard, [leur écoute], leur simple présence, leur simple volonté de vous aider peuvent redonner la force. […] Le projet de loi actuel, lui, ne m’aidera pas à trouver ce courage. Au contraire, il installerait l’idée qu’il existe une solution simple : renoncer. Comme si la société disait silencieusement aux plus fragiles : « Vous pouvez partir, nous le comprendrions ». Mais moi, je n’ai pas besoin d’une aide à abandonner. J’ai besoin que mon pays m’aide à tenir. J’ai besoin que la société me rappelle que ma vie conserve pleinement sa valeur, même diminuée, même dépendante, même fragile. Je veux croire qu’une civilisation se juge à la manière dont elle protège les plus faibles : les plus pauvres, les plus fragiles, les plus vulnérables, et donc aussi les plus faibles médicalement. Je demande qu’on m’accompagne, que l’on me soulage, que l’on me donne confiance et que l’on m’encourage. Je demande que la nation m’aide à avoir le courage de vivre autant que possible. [Donnez-moi la force] de vivre. » (Applaudissements sur les bancs du groupe DR ainsi que sur quelques bancs des groupes RN et UDR. – Mme Annie Vidal et M. Charles Sitzenstuhl applaudissent également.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).