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Discours du 1 juillet 2026

Elsa Faucillon · Première session extraordinaire 2026 · séance n°2

Je suis surprise d’entendre des réprobations à l’annonce des amendements de suppression. L’article 3 représente une bascule inédite : il vise à étendre le recours aux données génétiques dans les enquêtes pénales, notamment en légalisant la généalogie génétique d’investigation et en autorisant des comparaisons avec des bases de données étrangères. Nos collègues ont souvent le mot de souveraineté à la bouche ; peut-être devraient-ils ici se rappeler les conséquences que cet article entraînera.Ces dispositions portent une atteinte disproportionnée au respect de la vie privée. Elles risquent d’impliquer dans le cadre d’une enquête des personnes n’ayant jamais consenti à l’utilisation de leurs données génétiques, uniquement en raison de leurs liens familiaux – un cousin, un oncle, une tante pourraient être concernés par l’utilisation ou la recherche de données, alors même qu’ils ne sont pas impliqués.L’article 3 soulève en outre de sérieuses inquiétudes en matière de protection des données personnelles et de souveraineté numérique. Aucune garantie suffisante n’est apportée quant aux conditions de contrôle, de conservation ou d’effacement des données échangées avec des bases étrangères.Même si on peut se dire que ces données sont essentielles pour la poursuite de l’enquête, il faut viser la proportionnalité et s’interroger sur les implications de ces recherches pour la souveraineté numérique et nos libertés individuelles – ce n’est pas une petite question, à plus forte raison dans la période que nous vivons. Les amendements à l’article 3 ne seront pas de trop pour pouvoir échanger sur ce point.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).