Discours du 26 mai 2026
Émilie Bonnivard · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°246
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Oh là là !
Oh non, pas de deuxièmement !
Mais là, elle refait toute l’histoire !
On vous a écoutés, vous nous écoutez maintenant !
Ce n’est pas vrai !
Ce n’est pas à elle de s’exprimer !
Ce n’était pas prévu ainsi !
En préparant mon intervention, je me suis dit que j’allais vous parler des 12 495 brebis, moutons et agneaux tués par le loup l’année dernière, quasiment partout en France, à la suite de plus de 4 300 attaques. Finalement, je me suis décidée à vous parler de ce que vivent nos éleveurs.Laissez-moi vous conter une histoire. Vous êtes député, vous travaillez d’arrache-pied, toute l’année, sur une proposition de loi. Puis un individu entre par effraction chez vous, défonce votre porte et brûle tout votre travail. Si cela vous arrivait, vous seriez évidemment traumatisé. Vous porteriez plainte, pour que cela ne se reproduise pas. Imaginez alors que l’État vous réponde qu’on ne peut rien faire, puisque l’individu qui est entré par effraction chez vous et a brûlé votre travail est protégé : que ressentiriez-vous ?
L’État ajouterait qu’il ne faut pas vous inquiéter : vous serez indemnisé avec l’argent du contribuable, et ce, chaque année – car vous subirez certainement la même agression l’année prochaine.Monde de fous, n’est-ce pas ? Voilà pourtant ce que vivent depuis trente ans nos éleveurs dans les Alpes et, aujourd’hui, partout sur le territoire national. Or leur travail à eux, ce n’est pas du papier, comme le nôtre. C’est du vivant, ce sont leurs animaux ! C’est du stress permanent, des animaux découverts éventrés, des agneaux égorgés qui agonisent et qu’il faut achever, des agriculteurs, leurs familles et leurs enfants en grande détresse.
Si nous ne changeons pas de paradigme de prélèvement, alors même que l’Europe le permet, nous nous rendrons coupables de l’abandon volontaire de nos éleveurs et de nos troupeaux.Je souhaite dire à Mme Pochon que, dans les Alpes, tous les troupeaux sont protégés. Or ces territoires subissent le plus d’attaques. Département le plus sujet à la prédation ? Les Alpes-Maritimes, où le loup est présent depuis trente ans et où les troupeaux sont tous protégés : on y a recensé 1 607 animaux tués. Dans les Alpes-de-Haute-Provence, 1 373 victimes sont dénombrées, alors que les troupeaux sont protégés. On en compte 1 664 dans le Var et 1 019 en Savoie. Ces chiffres prouvent que les mesures de protection ne suffisent pas : il faut en venir à la régulation ! (Applaudissements sur les bancs des groupes DR et EPR. – M. Marc Fesneau applaudit également.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).