Discours du 27 mai 2026
Émilie Bonnivard · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°248
Bien sûr !
Très bien !
Cet amendement est essentiel. La difficulté aujourd’hui, dans les territoires où la présence de l’espèce est historique, mais aussi dans les autres, c’est de disposer de suffisamment de lieutenants de louveterie à même d’intervenir. Multiplier les brigades de l’OFB mobiliserait beaucoup d’argent public. Face aux fronts de colonisation et à la multiplication des attaques, nous devons permettre aux éleveurs et aux chasseurs de procéder à des tirs opérants. Sinon, nous ne serons pas au rendez-vous de la protection réelle. Nous souhaitons que les tirs se terminent par un prélèvement en cas d’attaque. C’est du pragmatisme pour faire face à l’explosion de la prédation.
Nous rejoignons notre collègue Fesneau dans son opposition à l’amendement.Toutefois, cet amendement est sous-tendu par une réalité que nous vivons dans nos territoires : parfois, l’État appuie fortement sur le frein avant d’autoriser la sortie des lieutenants de louveterie.Il y a dans mon département un ou deux lieutenants de louveterie particulièrement efficaces et l’État refuse leur intervention même en cas d’attaque, en raison des quotas et de la régulation. Les éleveurs demandent l’intervention d’un de ces lieutenants, mais, comme l’État sait qu’il est bon, il refuse l’intervention car il sait qu’il en résultera des prélèvements.
Cette hypocrisie est très difficile à vivre.
Je suis élue dans un territoire où est né le premier parc national de France, le parc de la Vanoise. La volonté de ses fondateurs était de préserver non seulement l’environnement, mais aussi toutes les activités humaines ancestrales de montagne, notamment le pastoralisme. Il faut tenir compte du fait que, dans nos parcs nationaux, la dimension pastorale est aussi importante que la dimension environnementale et de biodiversité.Or, dans les parcs, les éleveurs sont démunis, faute de moyens pour se défendre face aux loups. Certes, des mesures de protection existent, comme les chiens patous, qui posent néanmoins de graves problèmes : les parcs sont aussi les premiers espaces de randonnée, ce qui engendre des conflits d’usage majeurs.En privant des territoires entiers de toute possibilité de se défendre face aux loups, on crée de facto des réserves à loups, avec des conséquences directes sur la biodiversité. Nos territoires le constatent déjà. Ainsi, en Savoie, les mouflons ont quasiment disparu, et nous savons pourquoi.
Je le retire.
Comme ces débats touchent à leur terme, je remercie très sincèrement le gouvernement, à la fois la ministre de l’agriculture et le ministre délégué chargé de la transition écologique pour cette avancée majeure en matière de lutte contre la prédation. Cela fait très longtemps – vingt ou trente ans – que nos éleveurs attendent que nous reconnaissions la réalité de leur vécu en nous dotant de vrais outils pour les accompagner. Je remercie donc du fond du cœur les deux ministres, le collègue Roseren et tous les députés présents pour leur engagement.Il y a quelques années, j’ai rédigé un rapport d’information sur la question de la prédation, dans lequel je consacrais une partie importante aux lieutenants de louveterie – je proposais de leur donner le statut de pompier. Je remercie très chaleureusement notre collègue Pantel et le gouvernement qui a repris ces propositions dans le projet de loi.Merci du fond du cœur au gouvernement pour cette avancée majeure pour la protection de nos éleveurs. Cela s’adresse à la fois à la ministre de l’agriculture et au ministre délégué chargé de la transition écologique. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe DR.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).