Aller au contenu
vie-politique.fr

Discours du 2 octobre 2026

Émilie Bonnivard · Session ordinaire 2026-2027 · séance n°4

Sans lien avec cet amendement, j’indique que je me suis trompée dans le vote que j’ai indiqué aux membres de mon groupe – pour lequel je suis chargée de suivre les débats – sur l’amendement no 499 : nous aurions dû voter pour. Je tenais à rectifier cela, même si le scrutin n’était pas public.

Je me réjouis du dépôt de cet amendement. En effet, notre objectif est de supprimer la racine de la violence, et par conséquent d’éviter les passages à l’acte ou, lorsque c’est impossible, d’éviter la réitération de tels actes.Je veux saluer ici le travail formidable effectué par la fédération française des centres ressources pour les intervenants auprès des auteurs de violences sexuelles (Criavs), et par des médecins extraordinaires. Je pense au docteur Lacambre, psychiatre à l’origine de toutes les mesures prises pour prendre en charge les auteurs de violences, mais aussi au docteur Cochez, psychiatre au Criavs Sud Nouvelle-Aquitaine.Notre pays dispose déjà de nombreuses structures et toute la matière pour travailler. Ce qui nous manque, c’est le donner à voir. Psychologiquement et socialement, nous devons franchir une étape, comme la collègue Capdevielle le rappelait il y a un instant. Nous devons dire à ceux qui éprouvent des désirs pédophiles qu’ils peuvent être pris en charge pour leur éviter de passer à l’acte. Car lorsqu’ils passent à l’acte, ils détruisent la vie d’un enfant mais aussi leur propre vie. C’est essentiel de le dire et de ne plus le cacher.Et pour le dire, il faut utiliser la télévision et les médias, et il faut briser ce tabou autour de ce qui relève de l’horreur. Sinon, nous n’y arriverons pas. Nous voulons qu’il n’y ait plus d’enfants victimes ; pour ce faire, il faut qu’il n’y ait plus d’auteurs qui passent à l’acte.Le volet pénal est essentiel à nos yeux, mais nous nous réjouissons que le texte intègre quelques dispositions consacrées à la prévention, notamment à la prévention qualifiée de secondaire, qui concerne en particulier les très jeunes. Si nous ne les prenons pas en charge suffisamment tôt, grâce à un accompagnement adapté, nous nous privons de la possibilité d’éviter de futurs passages à l’acte à l’âge adulte. Nous sommes donc très favorables à cet amendement.

Il s’inscrit dans une logique de cohérence avec ce que nous avons adopté hier. Notre objectif à tous étant que les victimes puissent bénéficier d’un jugement de qualité, nous devons tenir compte du principe de réalité, ce qui ne signifie pas réduire nos ambitions. La désorganisation totale des juridictions qu’entraînerait la suppression des cours criminelles desservirait très largement notre objectif, du moins à court ou à moyen termes. Au contraire, la voie que nous avons trouvée permet de répondre à l’ensemble des enjeux. Je demande donc également la suppression de l’article.

J’entends ce que dit M. Ménagé. Le sujet qu’il évoque existe mais il n’a rien à voir avec ce texte. Le problème est que, derrière sa prise de position, même si elle est sincère, on entrevoit la masse de ceux qui disent : « C’est un truc de bonne femme, ce n’est pas sérieux.»Il faut aborder la question des hommes victimes, mêmes s’ils sont minoritaires, mais il est impossible de le faire dans ce texte. Ce serait une gifle donnée aux visages des femmes victimes. Les agresseurs sont à 97 % des hommes et les victimes à 93 % des femmes ! Nous comprenons ce que vous dites, mais cela ne peut figurer dans ce texte ; ce n’est pas possible !

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).