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Discours du 15 décembre 2025

Emma Fourreau · Manifestations d’éleveurs à la suite de l’apparition d’un foyer de dermatose nodulaire contagieuse en France: implications de l’approche de l’UE en matière sanitaire et de santé animale (débat)

En octobre dernier, j’ai rencontré Jacques, éleveur à Mutrécy, dans le Calvados. Son petit troupeau avait été abattu pour une vache positive à la tuberculose bovine – un traumatisme sans précédent. Depuis février, nous alertons en Normandie – à Cahagnes, à Saint-Omer, à Cesny. J’avais alerté la Commission en avril dernier. En 2023, c’est Jocelyn qui avait vu ses 305 vaches abattues pour 1 cas positif. Depuis 2013, 45 élevages ont subi un tel abattage en Suisse normande. «Tôt ou tard, ça va mal finir», nous alertait Jacques en juin dernier.

Nous y sommes: après la tuberculose, la dermatose. Mais toujours la même logique sanitaire absurde de l’État: l’abattage, total, systématique. Le gouvernement n’a rien écouté, s’est entêté, et la colère juste et légitime des éleveurs finit par éclater partout en France. L’abattage total d’un cheptel est une absurdité à tous les niveaux: un traumatisme énorme pour les éleveurs, une violence inouïe, un gouffre financier. Depuis des mois, avec La France insoumise, nous alertons. Nos députés sont aux côtés des éleveurs, et nous avons même proposé un plan d’action sanitaire: vaccination globale, abattage ciblé, suivi vétérinaire, quarantaine renforcée.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments – l’EFSA – elle-même, dans son rapport de 2016 sur la DNC, rejetait la stratégie d’abattage total, tant pour ses conséquences psychosociales que pour son efficacité vétérinaire limitée. Elle préconisait au contraire la vaccination.

La question est: pourquoi, face à tant d’évidences, de preuves scientifiques et de détresse des éleveurs l’État s’entête-t-il? La réponse, Monsieur le Commissaire, elle est ici, à l’Union européenne: c’est votre idéologie libre-échangiste et productiviste. La vaccination nuirait aux exportations, et donc, main dans la main avec la FNSEA, l’Union européenne et le gouvernement français font gazer des éleveurs et tirer à la carabine sur des troupeaux, simplement pour ne pas contrarier le libre-échange.

Je veux réitérer ici tout notre soutien aux éleveurs. Nous serons toujours du côté d’une agriculture paysanne, humaine, locale, loin des logiques de marché. Il est grand temps de changer de modèle et de respecter enfin les gens.

Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.