Discours du 27 novembre 2024
Emma Rafowicz · L’arrestation de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal et l’appel à sa libération immédiate et inconditionnelle, ainsi que la répression de la liberté d’expression en Algérie (débat)
Monsieur le Président, en 2006, dans une lettre à ses compatriotes algériens, Boualem Sansal dénonçait déjà la violence des censeurs: «Tu n'as pas le droit de penser cela. Tu n'es pas un Algérien, tu ne mérites pas d'exister. Dans une autre vie, ils ont dû être la Sainte Inquisition.»
Cette même violence des censeurs, il en est aujourd'hui la victime. Cela fait maintenant sept jours, sept jours que l'écrivain franco-algérien est détenu après son arrestation par les autorités algériennes. Mais quel crime motive cette arrestation? Quels délits justifient sa détention? Rien de plus que sa liberté de création, son impertinence, sa plume acide, féroce, cinglante.
Nous ne pouvons pas rester sourds face à l'arbitraire. Non, la place de Boualem Sansal n'est pas dans les geôles d'une dictature. C'est l'honneur de la France et de l'Europe de s'être construites en opposition aux lettres de cachet et à l'embastillement. L'esprit français et européen, ce sont les Lumières et la liberté d'expression, c'est Voltaire qui attaque la monarchie absolue, c'est Alexandre Soljenitsyne qui dénonce l'archipel du goulag dans son ouvrage publié à Paris, c'est Charlie Hebdo qui porte la caricature dans la plaie.
L'Union européenne doit affirmer d'une seule et même voix le caractère arbitraire et intolérable d'une telle arrestation. Nous, eurodéputés, devons exiger la libération immédiate de Boualem Sansal.
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.