Discours du 21 juillet 2026
Emmanuel Duplessy · Première session extraordinaire 2026 · séance n°24
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Ce projet de loi est l’aveu que votre politique, monsieur le ministre, ne fonctionne pas. Depuis 2017, votre majorité ne fait qu’empiler les lois sécuritaires : toujours plus d’infractions, toujours plus de peines, toujours plus de pouvoirs de police judiciaire comme administrative. Chaque mois, si ce n’est chaque semaine, vous présentez un nouveau texte d’entêtement pénal. Si cette recette était la bonne, vous n’auriez pas à revenir aussi régulièrement sur ce banc !Avec ce projet de loi Ripost, vous poursuivez cette fuite en avant : quinze nouvelles infractions, des dizaines d’aggravations de peine, de nouvelles peines de prison – alors que les prisons sont pleines à craquer – et toujours plus d’amendes forfaitaires délictuelles, dont on connaît pourtant le caractère arbitraire et le faible taux de recouvrement. Vous légiférez comme d’autres collectionnent les effets d’annonce.Or la sécurité ne se décrète pas à coups de communiqués de presse ; elle se construit dans la durée, avec logique et sens. (Mmes Sophie Taillé-Polian et Mathilde Feld applaudissent.) Elle suppose une justice dotée de moyens, des policiers formés et suffisamment nombreux, des indicateurs, des associations de prévention, des politiques de santé publique contre les addictions. Au lieu de cela, vous préférez, comme toujours, multiplier les sanctions contre les consommateurs, ou même contre les jeunes qui participent à des free parties – comme si l’on pouvait régler tous les problèmes sociaux, dont vous êtes souvent responsables, uniquement en augmentant le volume du code pénal. Vous confondez la surenchère avec la fermeté, la force avec l’autorité, la communication politique avec une politique publique. (Mme Lisa Belluco applaudit.)Pendant que vous créez de nouvelles infractions, les moyens de la justice restent insuffisants, les associations de terrain peinent à survivre à cause de vos budgets austéritaires, les dispositifs de prévention demeurent les grands oubliés, l’école continue de s’affaiblir, l’accès à la culture recule, la pauvreté n’a jamais été aussi grande et la loi du chacun pour soi progresse toujours plus. À force de vouloir donner le sentiment d’agir, vous n’agissez plus que sur les sentiments, et vous n’agissez plus du tout. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.) Vous nous parlez encore d’augmenter les sanctions contre le trafic de drogue, alors qu’on a eu une… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Les députés du groupe EcoS applaudissent ce dernier.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).