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Discours du 7 avril 2026

Emmanuel Fernandes · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°194

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Évidemment, mon groupe s’opposera à l’amendement du gouvernement et aux sous-amendements, puisqu’ils valident le fond du texte auquel nous nous opposons.Je suis stupéfait de la teneur de nos débats ce soir. Bien des personnes qui nous regardent ne doivent pas comprendre ce qui se passe. À l’heure où le prix des carburants explose, où, en raison de l’inflation, il est plus difficile pour beaucoup de remplir le frigo et de nourrir les enfants, nous discutons de l’urgence, pour l’Alsace, de récupérer des compétences régionales comme la gestion des lycées ou des transports.Je rejoins notre collègue Louise Morel, députée du Bas-Rhin, qui s’interroge sur l’étrange coïncidence qui veut que les défenseurs de ce texte siègent à la fois dans notre assemblée et au sein de la collectivité européenne d’Alsace. Prenez garde, collègues, à ne pas donner l’impression que vous formez une ligue de baronnes et de barons locaux, avides de cumuler encore plus de pouvoir. C’est le sentiment que peuvent avoir les collègues de Champagne-Ardenne et de Lorraine, et je les comprends, car la morgue, y compris dans la manière de débattre, est très mal vécue par celles et ceux qui nous écoutent.L’Alsace, ce n’est pas cela. L’Alsace est accueillante, l’Alsace est ouverte, l’Alsace est humaniste. Et pas humaniste « rhénane », madame Buffet : elle est humaniste tout court. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) À celles et ceux qui nous écoutent, je tiens à dire que l’Alsace n’est pas égoïste, elle est républicaine, et ne pensez pas que les Alsaciennes et les Alsaciens soient tous comme les promoteurs de ce texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Et pas nous ?

Je me joins aux deux orateurs précédents. À quoi bon poursuivre cette discussion ?J’en viens néanmoins au texte – car, aussi absurdes certaines interventions soient-elles, nous examinons bien une proposition de loi. Je soutiens l’amendement de ma collègue bas-rhinoise Sandra Regol. Elle propose de renommer « Alsace » la collectivité qui correspond au territoire de l’Alsace. Je tiens à le répéter à l’attention de ceux qui suivent nos débats ce soir : oui, à 22 h55, l’Assemblée nationale est bien en train de discuter de la légitimité d’un amendement qui prévoit de nommer l’Alsace « l’Alsace » ! (M. Pierre Pribetich rit.)

Je sais, Sandra, que tu as déposé cet amendement en toute sincérité et que, toi aussi, comme moi et comme bon nombre d’entre nous, tu subis ce texte.À l’heure où le prix des carburants explose, où il est de plus en plus difficile de se nourrir, l’Assemblée s’occupe donc avec des débats de ce type. Je précise cependant que nous devons ce texte à certaines Alsaciennes et à certains Alsaciens, avides de pouvoirs locaux et qui souhaitent donc les cumuler. Que ceux qui nous regardent le sachent : tous les députés alsaciens ne l’ont pas voulu. Pour ma part, je décline toute responsabilité dans la tenue de ce débat totalement lunaire. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – M. Dominique Potier applaudit également.)

Et le référendum de 2013 ?

Mon intervention sera rapide, puisqu’il est 23 h 37. Nous sommes toujours le 7 avril et, il y a treize ans jour pour jour, le 7 avril 2013, un référendum – pas un sondage – était organisé au sein de la région Alsace au sujet de la fusion des départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin et de l’articulation avec les compétences régionales. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Louise Morel applaudit également.)

Vous connaissez le résultat : près de 56 % des Haut-Rhinois ont répondu non à la fusion.Cessez donc avec vos sondages et vos études dont, comme Thierry Sother, je remets en cause la véracité ! Le seul moment où le peuple haut-rhinois a été consulté – où il s’est rendu aux urnes –, il a dit non à la fusion des départements.Si vous aimez tant les sondages, commandez-en un dans le Haut-Rhin pour demander à ses habitants s’ils souhaitent retrouver leur département du Haut-Rhin avec Colmar pour chef-lieu. Je prends le pari que la réponse sera positive.Cessez de vous présenter comme les seuls porte-parole du « désir d’Alsace » ; vous n’êtes porteurs de rien du tout et vous nous faites passer une bien mauvaise soirée. Vous auriez dû accepter des défenses d’amendements plus courtes pour abréger nos souffrances – et surtout les vôtres – puisque ce texte est désormais caduc. Cessez de vous ridiculiser, et de nous ridiculiser par la même occasion. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Qu’est-ce que vous en savez, vous êtes extralucide ?

Quid de la capitale départementale du Haut-Rhin ?

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).