Discours du 9 novembre 2025
Éric Ciotti · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°44
Conformément à l’accord entre les partis macronistes et le Parti socialiste, cet article vise à taxer une fois de plus les médecins libéraux. C’est l’objet de la folie budgétaire que vous nous proposez ici : 200 millions d’euros net pour boucher un déficit de 23 milliards d’euros.Les chiffres sont pourtant accablants : plus de 50 % des spécialistes se trouvent en secteur 2 et trois quarts des jeunes médecins commencent d’emblée dans ce secteur. Derrière ces chiffres se trouve une réalité brutale : ces médecins ne sont pas des rentiers, mais des praticiens écrasés par des charges démesurées. Et vous voulez les asphyxier davantage !Les effets de cette mesure seront simples : les dépassements augmenteront et des cabinets fermeront. Toutes les études confirment que les taxes que vous avez votées par le passé n’ont jamais réduit les écarts : il manque déjà 20 % de spécialistes dans nos campagnes. La surcotisation les poussera à fermer leurs cabinets secondaires, à se replier sur Paris ou à fuir vers la médecine esthétique.Ce seront des mois d’attente pour un rendez-vous, des renoncements aux soins, des urgences encore plus saturées ! Créé en 1980, le secteur 2 n’est pas un privilège mais le dernier pilier de la liberté médicale, à laquelle nous sommes particulièrement attachés, car sur elle reposent la qualité des soins et notre système même de santé ; détruire cette liberté, c’est détruire ce système, condamner des millions de Français à une médecine au rabais. Nous refusons cette logique confiscatoire : nous rejetterons l’article 26. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)
S’il n’y a plus de médecins, vous les soignez comment ?
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).