Aller au contenu
vie-politique.fr

Discours du 25 novembre 2025

Éric Ciotti · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°68

Le lecteur officiel de l'Assemblée peut afficher son propre bandeau de cookies à l'ouverture — c'est le portail de l'Assemblée qui l'affiche, pas ce site ; fermez-le pour voir la vidéo.

Avant de poser ma question, je tiens à exprimer ma reconnaissance envers Olivier Marleix pour ce qu’il a apporté à notre assemblée et surtout à notre pays, avec la force de ses convictions. J’ai eu beaucoup d’honneur et de fierté à travailler avec lui lorsqu’il était président du groupe LR. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR, RN et sur quelques bancs du groupe DR. – M. Thierry Benoit applaudit également.)Monsieur le premier ministre, vendredi soir, un seul député a voté votre budget. (Sourires et exclamations sur quelques bancs du groupe SOC.)

C’est un fait inédit sous la Ve République. Sans doute voulait-il entrer dans votre gouvernement ; peut-être pourrez-vous répondre à son appel. En tout cas, ce vote est le terrible symbole de l’effondrement de votre pouvoir. Dans n’importe démocratie respectueuse des institutions, un premier ministre responsable aurait immédiatement démissionné. Pas vous ! (Applaudissements sur les bancs du groupe UDR et sur quelques bancs du groupe RN.) Comme le président Macron, vous refusez de partir.

Vous refusez de laisser un pouvoir qui ne vous appartient plus, depuis longtemps. (Sourires et exclamations sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem.)

Pour quoi faire ? Uniquement pour durer, et pour durer cyniquement. Vous prétendez rechercher la stabilité mais c’est en fait la vôtre que vous préservez, quoi qu’il en coûte, et ce, malgré un véritable effondrement du pays : une dette historique, un déficit abyssal, une immigration hors de contrôle, une insécurité foudroyante, des services publics en ruine, un record de défaillances d’entreprise. Ce bilan, vous le partagez désormais avec votre copilote gouvernemental : Matignon est dirigé par celui dont vous êtes devenu le passeur de plats. Olivier Faure décide, vous exécutez ; François Hollande pilote, vous obéissez ! (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN. – Sourires sur les bancs du groupe SOC. – M. François Cormier-Bouligeon s’exclame.)Les Français sont inquiets, le pays hagard. Où allez-vous ? Avec qui ? Pour quoi faire ? À quand un sursaut de dignité ? Quand assumerez-vous enfin la responsabilité qui s’impose à vous et que tout un pays attend ? Allez-vous rompre avec la gauche irresponsable ou continuer de mener le pays à la ruine ? (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)

Eh oui !

Vous avez mal lu !

Personne n’a voté le budget !

Notre groupe a effectivement souhaité ce débat, qui mériterait d’ailleurs les travaux plus élaborés d’une commission d’enquête, afin de connaître réellement le coût de l’immigration pour notre pays. Ce coût doit être établi de façon objective et alimenter les grands débats qui s’imposent aujourd’hui à notre nation, pour que nous sachions quel modèle migratoire appliquer.Devons-nous, oui ou non, continuer à suivre la même ligne ? Chaque année, 500 000 étrangers entrent en France de façon légale ; les procédures d’asile sont totalement dévoyées ; l’hébergement d’urgence, destiné à nos concitoyens frappés par la précarité sociale, est totalement embolisé – les étrangers en situation irrégulière occupent désormais les deux tiers des places disponibles au sein de ces structures. À la question de la montée de la délinquance, corrélée à celle de l’immigration, s’ajoute le sujet du coût budgétaire, du coût social, du coût économique de cette immigration ; il est au cœur du débat que nous avons souhaité ouvrir ici, en toute transparence.Cela importe d’autant plus que, de manière très affirmée, très déterminée, le même débat est en train de s’ouvrir au sein d’autres grandes nations du continent européen. Sous l’impulsion de la coalition constituée par l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU) et le Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD), le Bundestag a décidé il y a quelques mois de suspendre le regroupement familial pour les bénéficiaires de la protection subsidiaire : notre groupe, en particulier Bartolomé Lenoir, travaille à une proposition de loi à ce sujet, tous les spécialistes indiquant qu’il nous faut contrer une dérive en la matière. Le Royaume-Uni, dirigé par un gouvernement travailliste – disons, socialiste – a pour sa part annoncé un durcissement radical des conditions de l’asile, notamment la fin de l’accès automatique aux aides sociales.La France, elle, depuis l’élection de M. Macron, persiste à refuser tout débat en matière d’immigration ; c’est là l’un des angles morts de ce double quinquennat, durant lequel la population étrangère a fortement augmenté dans notre pays. L’immigration légale a connu une hausse dans toutes ses composantes : immigration liée au droit d’asile – elle atteint des records –, immigration familiale, immigration étudiante, accueil de mineurs étrangers isolés.Le moment est venu de faire des choix – des choix éclairés. Nos concitoyens ont le droit de connaître les chiffres que beaucoup, en tout cas ce gouvernement, souhaitent leur cacher. Nous devons la vérité aux Français : sans un constat lucide et clair, il sera demain impossible d’enrayer cette submersion migratoire, selon les termes employés par l’ancien premier ministre François Bayrou.Les chiffres n’en sont plus à parler, ils crient ! En reprenant certaines statistiques de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie (OID), nous pouvons d’ores et déjà évaluer le coût net de l’immigration à plusieurs dizaines de milliards d’euros, plus précisément à 40 milliards – c’est-à-dire le quart de notre déficit budgétaire –, dont 12 milliards pour la santé, près de 8 milliards pour les prestations sociales, 5 ou 6 milliards pour l’accueil et l’accompagnement, autant pour la sécurité, 3 milliards pour l’hébergement. À ces dépenses, il convient d’ajouter les transferts financiers vers l’étranger.Il y a là un constat froid, inquiétant, sans même que soit abordée la question du lien entre immigration et insécurité. Sur le fondement de ce débat, de ces chiffres, la France, je le répète, doit faire des choix très clairs ; nous appelons à des mesures fortes, réduisant de façon radicale une immigration qui a pris des proportions absolument incompatibles avec notre capacité d’intégration. En effet, le problème ne réside pas dans l’immigration en soi, mais dans la capacité de notre pays à accueillir les étrangers qui souhaitent venir sur notre sol, dans la capacité de notre modèle social à en assumer le coût, dans la capacité de nos concitoyens à accepter que des gens arrivés de façon irrégulière sur le territoire national puissent s’y maintenir grâce à des prestations – je pense en particulier à l’aide médicale de l’État (AME) – très largement supérieures à celles dont peuvent bénéficier des Français ayant travaillé toute leur vie et versé de lourdes cotisations.Dans ma circonscription, comme sans doute aussi dans celle de chacun d’entre vous, des veuves percevant une petite pension de réversion n’ont pas les moyens de souscrire à une complémentaire santé, alors que ceux qui sont arrivés illégalement sur le territoire national, s’y maintiennent et y commettent parfois des délits bénéficient d’une prise en charge intégrale. Dès lors, une colère monte ; cette colère est légitime, nous devons l’entendre.Je rappelle également, comme résumant ces dérapages, un point que j’ai brièvement évoqué tout à l’heure : le coût de la prise en charge des étrangers en situation irrégulière, notamment des déboutés du droit d’asile, au sein de nos structures d’hébergement d’urgence. Chaque nuit, en Île-de-France, 50 000 places sont louées dans des hôtels pour des étrangers en situation irrégulière.Cette situation est devenue insupportable. Il y a des étrangers qui ont des droits, qui sont arrivés légalement sur notre sol, y travaillent, et doivent bénéficier des prestations sociales constituant la contrepartie des cotisations qu’ils versent dans le cadre de ce travail. Ils fournissent un effort pour s’intégrer ; nous leur devons cette intégration. En revanche, encore une fois, l’embolisation de notre hébergement d’urgence est totalement insupportable : ces structures devraient être réservées à ceux qui se trouvent dans une réelle situation de précarité sociale. J’insiste sur ce point ; en matière d’immigration, ce n’est pas forcément celui qui coûte le plus, mais il est d’une importance extrême.Je signale enfin, puisque nous avions travaillé à ce sujet au cours de la précédente législature, le coût des prestations sociales – allocations familiales, aides au logement – ouvertes aux étrangers dès l’instant où ils mettent le pied sur le territoire national. Ce coût est estimé par l’OID à 7 milliards d’euros au moins. Comme c’est déjà le cas pour le RSA, qui ne devient accessible qu’au bout de cinq ans, nous devons établir pour ces prestations un délai de carence de plusieurs années.Œuvrons sereinement, comme le fait au Royaume-Uni le gouvernement travailliste, comme le fait en Allemagne le gouvernement de coalition, en vue de prendre des dispositions bien moins naïves, car notre société ne peut continuer d’accueillir chaque année plus de 500 000 étrangers en situation légale, que nous serons dans l’incapacité d’intégrer à notre modèle républicain.

Non, 30 milliards !

Nous sommes d’accord : 30 milliards !

On renvoie les clandestins !

C’est faux !

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).