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Discours du 6 juillet 2026

Eric Liégeon · Première session extraordinaire 2026 · séance n°4

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La gauche écologiste demande aujourd’hui de renverser le gouvernement au motif de son inaction face à la canicule. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Je l’affirme avec force : la canicule est un sujet grave. Elle est grave pour les personnes âgées, en particulier les plus isolées.

Elle est grave pour les enfants dans nos écoles, pour les soignants et les patients dans nos hôpitaux.

Elle est grave pour nos agriculteurs, qui voient leur bétail et leurs cultures souffrir.

Elle est grave pour nos forêts, qui subissent en ce moment des incendies dévastateurs, malgré les efforts remarquables de nos pompiers. Elle est grave pour les élus locaux, qui, partout sur le territoire, doivent adapter leurs communes à des épisodes climatiques de plus en plus intenses.Oui, la France doit se préparer davantage. Nous devons adapter nos écoles, nos hôpitaux et nos Ehpad. Nous devons renforcer nos moyens de sécurité civile, mieux protéger nos forêts et mieux gérer la ressource en eau. Nous devons faire de l’adaptation au changement climatique une priorité.Précisément parce que le sujet est grave, il mérite mieux qu’une posture politique (« Ah ! » sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS) ou qu’une motion de censure.

Depuis juillet 2024, c’est la dix-huitième motion de censure déposée dans cet hémicycle.

Dix-huit motions de censure en deux ans !

Nous voilà revenus aux pires heures de la IVe République. L’intérêt du pays s’efface devant les manœuvres des partis.Mes chers collègues, la France n’a pas besoin d’une crise politique supplémentaire. Alors même que d’autres épisodes de chaleur arrivent, notre pays a précisément besoin d’un État au rendez-vous pour protéger les Français.

Est-ce qu’un gouvernement renversé rafraîchira une salle de classe, protégera mieux notre agriculture et donnera davantage de moyens à nos pompiers pour lutter contre les incendies de forêts ? Évidemment, non. Les Français attendent des solutions, non une nouvelle crise politique.

Et puisqu’il est question d’écologie et d’environnement, parlons-en sérieusement.

En effet, mes chers collègues écologistes, il existe chez vous une contradiction majeure. Depuis des années, vous expliquez que la lutte contre le réchauffement climatique est la priorité absolue.

Très bien. Pourtant, dans le même temps, vous avez passé des décennies à combattre l’un des plus grands atouts de la France pour décarboner son économie :…

…le nucléaire. Vous avez demandé et obtenu la fermeture de centrales. En agissant ainsi, vous avez combattu une énergie pilotable, décarbonée et souveraine ; une énergie qui nous permet précisément de sortir des hydrocarbures, d’électrifier nos transports, notre industrie et nos logements, de produire sans dépendre du gaz russe ou du pétrole du Moyen-Orient.Combien de temps perdu ? Combien d’années perdues dans des débats idéologiques, alors que le reste du monde poursuit sa course à l’énergie ? La vérité est simple : la transition écologique passera par plus d’électricité et d’industrie électrique, plus de production décarbonée, donc plus de nucléaire.

Un réacteur nucléaire sera toujours plus utile au climat qu’une motion de censure.

Votre contradiction ne s’arrête pas là. Quelle est la première cause d’émission de CO2 dans notre pays ? En 2024, la moitié de notre empreinte carbone provenait des seules importations. Parmi ces importations, celles venues d’Asie émettent autant de gaz à effet de serre que les émissions directes de tous les ménages français. Cela signifie que la première mesure à prendre pour préserver le climat est de favoriser la production en France.

Or que faites-vous ? Vous proposez de multiplier les contraintes sur ceux qui produisent dans notre pays, de compliquer la vie de nos agriculteurs, d’empêcher la construction de nouveaux sites industriels,…

…de bloquer tous les grands projets d’infrastructures, d’ajouter toujours davantage de procédures, d’interdictions, de contraintes administratives à ceux qui créent de la richesse dans notre pays.

Quel est le résultat ? Nous produisons moins ici et nous importons davantage. Nous imposons toujours plus de normes à nos agriculteurs tout en remplissant nos rayons de produits qui ne respectent ni nos normes environnementales ni nos exigences sanitaires.Quel est le bilan écologique de cette logique ? Il est catastrophique. La France possède l’une des agricultures les plus exigeantes du monde. Avec son industrie nucléaire, elle dispose d’un atout sans équivalent pour décarboner son économie. Son industrie est alimentée par l’une des électricités les plus décarbonées au monde.Produire en France, c’est moins d’émissions liées au transport, moins d’énergies fossiles consommées ailleurs, moins de dépendance ; c’est plus de souveraineté. Voilà ce que nous appelons le patriotisme environnemental : produire chez nous plutôt que dépendre d’importations polluantes ; relocaliser plutôt qu’importer ; réindustrialiser plutôt que décroître.La véritable écologie ne consiste pas à opposer l’environnement à l’économie, ni à choisir entre l’industrie et le climat, ou entre l’agriculture et la biodiversité ; elle consiste à nous permettre de continuer à produire en France.

Voilà ce qui nous sépare, chers collègues écologistes ! Vous proposez une écologie qui affaiblit la France. Nous défendons une politique environnementale qui s’appuie sur les forces de notre pays.

La France doit se préparer au changement climatique, adapter ses infrastructures, protéger ses citoyens les plus fragiles, investir dans son énergie, renforcer sa sécurité civile et produire davantage chez elle. Mais elle ne le fera ni dans le désordre ni dans l’instabilité. Elle ne le fera pas avec des postures, avec des motions de censure à répétition. Elle le fera avec des choix clairs : le nucléaire, la réindustrialisation, le soutien à notre agriculture.

L’innovation plutôt que la décroissance ; la souveraineté plutôt que la dépendance ; la responsabilité politique plutôt que les postures politiciennes.Pour toutes ces raisons, le groupe Droite républicaine ne votera pas cette motion de censure. (« Ah ! » sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) La France a besoin d’un État qui protège les Français et réponde à la crise.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).